STATION. — CHATELLERAULT
7 kil. d'Ingrandes. — 68 kil. de Tours. — 183 kil. d'Orléans. — 304 kil.
de Paris. - 279 kil. de Bordeaux.
Un Buffet a été établi à la gare de Châtellerault.
Le meilleur Hôtel est celui de la Tête noire. Il a été récemment agrandi et restauré. La Robe de loup a cessé d'exister, mais on a conservé Y Espérance.
Les Voitures de correspondance établies par le chemin de fer conduisent : au Blanc par la .Roche - Pozay et Yseures 56 kil. en 5 h. pour 5 fr. et i fr. ; — à Montmorillon par Pieumartin, Vicq , Angles et Saint-Savin, 61 kil. en 5 h. 30 m. pour 5 fr. et 4 fr. ; — à Mirebeau par Clairvaux et Lancloitre , M kil. en 3 h. pour \ fr. 25 c.
Châtellerault, chef-lieu d'arrondissement du département de la Vienne, est située sur la rive droite de la Vienne. Un pont en pierre, flanqué de tourelles et bâti par Sully, la met en communication avec son faubourg de Châteauneuf, situé sur la rive gauche. C'est à partir de ce pont, ou plutôt à partir du déversoir de la manufacture d'armes, que la Vienne , qui nourrit d'excellentes carpes vantées par La Fontaine, commence à devenir navigable. Vue du chemin de fer, la ville n'offre pas un aspect agréable, et l'on comprend que Rabelais ait pu dire : « Quand le diable offrit au fils de Dieu tous les royaumes de la terre, il se réserva, comme son domaine, Châtellerault, Dom- 16' a
front, etc. » Toutefois, si elle n'a, pour charmer les yeux des touristes, ni de remarquables monuments , ni des œuvres d'art, ni des environs pittoresques, elle vaut la peine d'être visitée, car elle a su conquérir, grâce à son industrie, un rang distingué parmi les villes manufacturières de la France. Sa population s'élève à M 4 584 habitants.
La principale curiosité de Ghâtellerault est la manufacture d'armes, créée après la paix de 4815 pour remplacer celles de Charleville et de Mézières , qui , étant trop près de la frontière, pouvaient être détruites au début d'une guerre d'invasion.
Le pont de Chàtellerault.
Cette manufacture a été établie dans le faubourg de Châteauneuf, sur les bords de la Vienne ; elle dispose d'une chute d'eau, de la force de 200 chevaux , qui , au moyen de turbines et de roues hydrauliques , fait marcher cinq usines. On y fabrique toutes les armes à feu et toutes les armes blanches en usage dans nos armées de terre et de mer, pour les officiers et pour la troupe. Elle peut fournir par an 20 000 armes à feu et 3500 sabres
CHÀTELLERAULT. 259
ou baïonnettes, sans tenir compte ni des pièces d'armes de rechange qu'elle expédie aux corps de troupe, ni des armes qu'elle répare ou qu'elle transforme. Les travaux se font à l'entreprise, sous la surveillance d'un lieutenant - colonel d'artillerie portant le titre de directeur. Ce directeur a sous ses ordres un capitaine en premier d'artillerie, faisant les fonctions de sous-directeur, et plusieurs capitaines en second d'artillerie, chargés de la surveillance spéciale de chaque partie de la fabrication. L'entrepreneur commande à un personnel d'employés qu'il nomme ou révoque à volonté , et qui ne sont pas soldés par l'État. Mais la
La manufacture d'armes.
plupart des ouvriers, au nombre de 700 environ, sont engages envers l'État qui, de son côté, leur doit une retraite après 25 années de service.
Les usines sont appropriées aux travaux les plus difficiles, qui exigent l'emploi d'une grande force ou l'intervention de machines puissantes. Les autres détails de la fabrication se font dans de petits ateliers, appelés boutiques, établis dans les autres parties de la manufacture. Les principales opérations qui ont lieu dans les usines consistent : 4° à forger les lames des
canons ; 2 n à fabriquer les lames et les fourreaux ; 3° à laminer les tôles pour cuirasses ; 1° à forer, polir et dresser les canons ; 5° et enfin à aiguiser les armes blanches.
V usine des aiguiseurs présente une particularité remarquable. Pendant l'aiguisage , qui se fait au moyen de meules de grès tournant avec une grande rapidité , il se détache et il se répand dans l'air une poussière de grès d'une ténuité extrême, qui,
lorsqu'elle est aspirée par les ouvriers, engorge peu à peu leurs poumons, et finit par engendrer une maladie mortelle, connue sous le nom de maladie des aiguiseurs. Pour la prévenir, on a établi un système de ventilation, au moyen duquel la poussière des meules est entraînée hors du bâtiment.
Depuis que cette machine fonctionne , la mortalité causée par la maladie des aiguiseurs a décru rapidement, et tout fait espérer qu'elle aura entièrement disparu dans un avenir prochain.
A la suite des boutiques est un bâtiment réservé à l'épreuve des canons. Ceux-ci sont disposés sur un banc, au nombre 1/cgiisc saim- Jacques à chàieiierauit. d e 4 00 environ, après avoir
reçu la charge d'épreuve ; le bâtiment est ensuite fermé , et le feu mis au moyen d'une traînée de poudre. Toutes les précautions sont prises pour éviter les accidents qui pourraient résulter de la rupture des canons défectueux.
Dans les salles des bâtiments de recette on a exposé, sur de grands tableaux, tous les états successifs par lesquels passe chacune des pièces, depuis l'état de matière première jusqu'à ^'entjer : achèvement. On y a aussi réuni les modèles de toutes