EXCURSION A CORBEIL
Si kil. de Paris. — Six convois par jour. Trajet en i h. 2 min , pour 3 fr. 25 c, 2 fr.
25 c, et i fr. 70 c.
En s'éloignant de la gare de Juvisy, on laisse, sur la rive droite de la Seine, le village de Draveil, et, sur la rive gauche, entre le chemin de fer et le fleuve, le hameau de Châtillon. Un peu plus loin apparaît sur la droite le village de Viry. Son beau château
PontGodot, à Viry-Chàlillon.
attire les regards. Ce fut dans une de ses maisons de- campagne que Perrault, le célèbre architecte de la colonnade du Louvre et de l'Observatoire, composa quelques-uns de ses contes les plus célèbres. Cette maison, l'auteur de Peau d : Aneet de Cendrillon l'avait fait bâtir pour son père.
Dans le temps où il y avait un royaume d'Orléans , ce royaume finissait à Viry ; il avait pour frontière le pont Godot, que représente notre gravure, et qui se trouve à peu de distance du pont construit tout exprès pour le chemin de fer.
BU (4 kilomètres de Juvisy, 24 kilomètres de Paris), où Ton s'arrête, est un village de 364 habitants, qu'un pont suspendu, jeté sur la Seine , relie à Champrosay et à la forêt de Sénart, qui s'étend le long de la rive droite du fleuve. Ce pont a été construit par M. Aguado. Il en porte le nom. M. Léon Gozlan raconte l'anecdote suivante dans ses Tourelles : c On payait autrefois un sou pour passer sur ce pont , qui avait coûté 700 000 francs ; on assure que Mme Aguado se plaignait un jour d'être obligée de faire arrêter sa voiture pour acquitter comme les autres son droit de péage. « Il n'y a'qu'un remède à cet inconvénient, » ré-
Chàteau de Formont.
pondit M. Aguado , c personne ne payera plus rien pour passer « sur le pont. » Et le droit de péage fut aboli. »
A l'extrémité de Ris s'élève, au milieu de magnifiques jardins , le château de Formont. Ce château a eu d'illustres propriétaires : les Templiers d'abord , le roi de France ensuite , puis Jacques-Auguste de Thou, l'intègre président, l'historien sévère, le poète qui chantait en vers latins la fauconnerie, le chou, la violette et le lis. Il y médita aussi plus d'un chapitre de Y Histoire de mon temps. « Peut-être, dit M. Moléri, était-il sous quelque riant bosquet de cette retraite favorite, lorsque sa main, traçant l'arrêt de mort du fils qui allait lui naître , écrivit cette