VIVONNE. — BATAILLE DE VOULON
père Théoderic. Alaric fut forcé de quitter ses retranchements et d'offrir la bataille aux Franks. On en vint aux mains dans les plaines de Voulon (en latin Vogladensis, Vocladensis campus *). L'armée gothique était formidable par le nombre ; la loi des Wisigoths ordonnait , en cas de guerre nationale , la levée en masse de tous les hommes libres , barbares ou romains, et du dixième des esclaves ; mais il n'y avait point , dans cette multitude incohérente , l'unité de sentiments qui associait , pour un moment, les hommes de races et de croyances diverses, rassemblés sous les bannières de Glovis; la plupart des Gallo-Romains de l'armée d'Alaric ne souhaitaient que d'être vaincus. La fortune des armes ne fut pas longtemps en balance : les Franks, sans répondre à la grêle de traits que les Wisigoths faisaient pleuvoir sur eux, abordèrent brusquement l'ennemi , la hache et le glaive au poing ; les lignes d'Alaric furent enfoncées du choc; les Wisigoths ne se rallièrent plus, et Alaric, tandis qu'il cherchait à arrêter la fuite de ses guerriers , fut terrassé et blessé mortellement de la propre main de Clovis , qui faillit payer sa victoire de sa vie. Deux soldats goths, se dévouant pour venger leur roi et leur nation , fondirent tout à coup avec rage sur Clovis , et le frappèrent à la fois de leurs lances dans les deux flancs , mais la bonne trempe de sa cuirasse et la légèreté de son cheval le sauvèrent de ces périls. Avant la troisième heure du jour (9 heures du matin ) , le sort de cette grande journée était décidé ; le carnage continua jusqu'au soir ; les vainqueurs furieux massacraient indistinctement Goths et Romains.... Les cadavres étaient amoncelés en un tel nombre qu'on eût dit des montagnes de morts. »
Au delà de Voulon on traverse la Dive, puis la Bouleur, dont on remonte la vallée.
1. Hinkraar appelle le champ de bataille campus Mogolensit, du nom du monastère de Mougon qui était au nord de Voulon Les historiens moderm s ont cru à toit que Vocladenût campus désignait Vouillé (en latin Villiacum), situé sur l'Auzance, près d'un camp évacué par Alaric à l'approche des Frai.ks. Tous ces points déjà touchés en partie par l'abbé Lebeuf, eu 1739, ont été très- bien éclairci* dans un mémoire de M. de Beauregard, évèque d'Orléans, analysé par M. Ménard Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 1837, p. 109). — On peut consulter aussi dans ces Mémoire* ( 1844) un curieux article de M. Saint- Hippolyie.
54 e STATION. — COUHÉ-VÉRAC.
15 kil. de Vivonne- 371 kil. de Paris. - 2i2kil. de Bordeaux.
Couhé-Vérac, chef-lieu de canton de 2000 habitants, est situé à droite de sa station, sur la Dive. Tout ce qu'on peut en dire , c'est qu'il fabrique des étoffes de laine et des meules , qu'il élève des mulets et qu'il récolte des châtaignes. La Dive, qui l'arrose, nourrit d'excellentes écrevisses. La route de terre le traverse.
Le chemin de fer , laissant sur sa droite la route de terre et la Bouleur, affluent du Clain , monte sur le plateau qui sépare le bassin de la Vienne de celui de la Charente. Il se creuse pour y arriver des tranchées profondes. Ce plateau n'a de remarquable que sa fertilité. Il est couvert d'arbres à fruits, surtout de marronniers et de noyers. La vigne y est déjà cultivée en berceau. Le climat devient plus méridional.