‹ De Paris à BordeauxChapitre 142 sur 165 · STATION. - WONTWOREAU · texte numérisé non relu

STATION. - WONTWOREAU

10 kil. de Charmant. — 481 Ml. de Paris. — 102 kil. de Bordeaux.

Montmoreao, chef-lieu de canton de 640 habitants, est agréablement situé sur les pentes et le sommet d'une colline au pied de laquelle coule la Tude. Ce fut autrefois une châtellenie considérable qui relevait directement des évêques d'Angoulême. Son ancien château couronnait la colline. Il n'en reste aujouro\hui que des bâtiments sans caractère servant à la gendarmerie, et une belle plate-forme d'où Ton découvre une vue étendue. Non loin du château existait une église au-dessous de laquelle s'ouvrait une crypte dont on fait remonter l'origine au x e siècle.

L'église actuelle ne date que du xir siècle. Elle appartient au style roman fleuri et vient d'être restaurée, avec autant de goût que de savoir, par M. Paul Abbadie, architecte d'Angoulême. Elle a été classée parmi les monuments historiques.

La vallée de la Tude offre presque partout le même aspect. A droite et à gauche les prairies ou les champs qui en forment le fond ont pour limites de petits coteaux un peu trop nus.

65 e STATION. — CHALAIS.

19 kil. de Montmoreau. — 500 kil. de Paris. — 83 kil. de Bordeaux.

On trouve à la station de Chalais des voitures de correspon • dance conduisant à Barbezieux par Brossac et Gondéon ; 29 kilomètres en 3 heures pour 2 fr. 80 et 2 fr. 35 cent. Les voyageurs de Bordeaux et d'Angoulême allant à Barbezieux et vice

vena sont transportés gratuitement, dans l'intérieur, de Barbezieux à la station de Chalais. Ils payent 40 cent, dans le coupé.

Chalai» — (hôtel des Trois-Colonnes) — est, comme Montmoreau, un chef-lieu de canton d'une assez faible population (654 habitants). Comme Montmoreau il a été jadis le chef-lieu d'une seigneurie : mais cette seigneurie, qui avait le titre de principauté, relevait de l'archevêché de Bordeaux; comme Montmoreau enfin, il n'a conservé de son ancien château que d'insignifiants débris.

Ce château était autrefois, en effet, une sorte de citadelle, flanquée de tours élevées, entourée de fossés profonds, et communiquant avec la plaine par des souterrains qui facilitaient les sorties et les approvisionnements de la place. De ces constructions, il ne reste rien ou presque rien. Les bâtiments actuels sont de date plus ou moins récente. Quelques-uns d'entre eux remontent pourtant au xiv siècle. On y remarque la tour de l'ouest, dont la porte était surmontée de l'écusson des comtes de Périgord, avec sa fière devise : Rè qué Diou (Rien que Dieu), stupidement effacée en 4848, et un pont-levis dont les chaînes, toujours solides, permettent encore de le lever ou de l'abaisser, suivant les besoins. Il appartient à la maison de . Talleyrand-Périgord, à laquelle l'apporta en dot, au xiir siècle, la fille d'un de ses anciens seigneurs. Parmi les comtes auxquels il a donné son nom, le plus connu est le favori de Louis XIII et l'amant de la duchesse de Chevreuse, celui que Richelieu fit décapiter en 1628 pour le punir d'avoir osé conspirer contre lui. Outre son château, Chalais peut montrer aux étrangers le portail roman de son église paroissiale, rebâtie à diverses époques, un hôpital fondé en 4690, et un pensionnat de jeunes filles, tenu, ainsi que l'hôpital, par des dames de l'ordre de Saint-Dominique. Ses marchés sont très-fréquentés.

La ville de Chalais est restée longtemps sous la dépendance de l'Angleterre. Charles VII l'assiégea en personne, le 47 juin 4452. Un de ses lieutenants la prit d'assaut et fit tuer tous les habitants qui s'étaient déclarés pour les Anglais. Le duc de Joyeuse y campa la veille du jour où il devait être battu et tué à Coutras. Dans un conseil tenu par les principaux chefs de son armée, on décida que le lendemain il ne serait fait de quartier à personne , pas

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