BORDEAUX. — LE PALAIS GALLIEN
fragments des enceintes. Pour voir ces derniers vestiges, il faut aller dans la rue du Colisée, qui s'ouvre dans la rue du Palais- Gallien, à peu de distance du Jardin public.
Bordeaux possédait encore au xvn* siècle un monument plus précieux que le palais Gallien. Ce monument, bâti, dit-on, sous le règne d'Auguste, s'élevait à l'angle nord-ouest du grand théâtre. On l'appelait les Piliers de Tutelle. C'était un rectangle de 30 mètres de long sur 22 mètres de large. Vingt et une marches montaient à l'aire sur laquelle il avait été construit. Il était entouré de vingt-quatre colonnes d'ordre corinthien qui étaient hautes de 42 mètres; ces colonnes soutenaient une architrave audessus de laquelle se voyait un second ordre en arcades, dont le couronnement s'appuyait sur quarante-quatre cariatides de grandeur naturelle, adossées intérieurement et extérieurement contre les pilastres. Sa hauteur totale (il n'avait pas de toit) était de 20 mètres. Au milieu était l'autel, qui portait la célèbre inscription : Augusto sacrum et genio civilatis Bitur. Vise, déposée au- ; jourd'hui au musée des Antiques. Cl. Perrault en a fait une pompeuse description dans le Vitruve français. En 1647, dix-huit colonnes étaient encore debout. Placées sous le feu du château Trompette, ces colonnes furent endommagées dans la guerre que se firent en 4649 le duc d'Épernon et le parlement. En 4677 on les démolit , avec les autres débris de l'édifice, pour construire le fort Louis.
Edifices religieux.
La cathédrale (Saint-André a été consacrée le 3 mai 4096 par le pape Urbain ;II, rebâtie à diverses époques et restaurée en partie il y a peu d'années. On attribue à Henri II d'Angleterre et à Aliénor l'ancienne porte royale et quelques parties attenantes. Un grand nombre de piliers et d'arêtes de voûte dans la grande nef datent de la seconde moitié du xnr* siècle. Le cloître est du xiv e siècle', le3 voûtes de la nef sont du xvi* siècle ; le chœur, la rose du nord, les flèches appartiennent au gothique fleuri. Dans son état actuel cette église a 426 mètres de longueur hors œuvre. Sa nef, large de 48 mètres, longue de 60 mètres, a 25 mètres de hauteur; son transsept, long de
43 mètres, a 40 mètres de largeur et 34 mètres de hauteur ; sod chœur, large de 4 S-, 50 et long de 32 mètres, est entouré d'un bas côté large de 7",65.
Saint - André n'a pas d'entrée principale ; des maisons ,
dont la démolition est depuis longtemps désirée, entourent et dérobent à la vue la façade proprement dite. On y pénètre par deux portes latérales. De ces deux portes une seule , celle du nord, qui fait face à la rue de l'Hôpital, mérite une mention. On admire ses sculptures, la rosace qui la surmonte (restaurée en 4 846) et ses deux clochers, hauts de 50 mètres (restaurés en 4 810).
Le portail du sud, au-dessus duquel on a placé un affreux auvent en ardoise , n'a guère à montrer que des sculptures mutilées. Ses deux tours, bâties sur un terrain mobile, n'ont
La cathédrale Saint-André. jamais été achevées.
La nef de Saint-André n'a pas de bas côtés, et les piliers qui la soutiennent ne sont pas pareils, mais son élévation lui donne un aspect imposant. On y remarque : sous la tribune de l'orgue, deux bas-reliefs de la Renaissance, qui ornaient autrefois un jubé
de la même époque, entièrement détruit, et qui représentent : l'un, la Résurrection du Christ ; l'autre„la Descente aux limbes. A gauche, avant le transsept, s'élève le tombeau du cardinal de Cheverus, né en 4768, mort en 4836. Ce tombeau, en marbre blanc, est signé D. Maggesi, 4850. — Le transsept est orné de deux beaux .vitraux coloriés , les seuls vitraux de l'église qui ne soient pas modernes. Le chœur, un peu trop sombre, renferme : dans la chapelle du Sacré - Cœur , de jolies sculptures et un reliquaire du xiv* siècle ; dans le bas côté gauche, une petite statue représentant l'évêque Pey-Berland, fondateur de l'Université de Bordeaux ; dans la chapelle Sainte-Marguerite , un affreux tombeau de dom Antoine de Noailles (4662). V autel , qui appartenait autrefois au couvent des Bénédictins de la Réole, fait un contraste choquant avec le style de l'édifice.
Parmi les tableaux, on cite un Christ portant sa croix, attribué à Augustin Carrache, une Résurrection, par Alexandre Véronèse, un Crucifiement, par Jordaens. Enfin , on recommande les sculptures de Vaurienne porte Royale.
A 30 mètres environ du Le clocher Pcy-Berland.
chevet sud-est de la cathédrale s'élève le clocher Pey-Berland, ainsi nommé de l'archevêque de Bordeaux qui le fit construire en 1440 sur l'emplacement d'une fontaine chantée par Ausone (Divona). Ce clocher n'est plus qu'une tour quadrangulaire , percée de fenêtres ogivales, haute de 47 mètres 50 cent, et surmontée jadis d'une flèche octogone de 4 4 mètres, que la foudre
détruisit en 16*7. Vendue pendant la Révolution à des entrepreneurs qui ne parvinrent pas à la démolir , elle avait servi à fabriquer du plomb de chasse. En 1850 elle a été rachetée par l'État, et, en 1853 , on y a placé un bourdon pesant 11 000 kilogrammes. On y a fait en outre les réparations les plus urgentes.
L'tfflite Saint-Michel (près du quai de la Grave, un peu audessus du pont) a été fondée en 1160, mais reconstruite et décorée aux xv e et xvi e siècles; aussi appartient - elle presque exclusivement à l'architecture ogivale. Dans l'opinion de M. Lamothe, la base du chœur serait du xm e ou du xiv c siècle.
Quant aux chapelles, elles ont été ajoutées après l'achèvement de l'église. Saint-Michel a 74 mètres de longueur et 30 mètres 60 c. de largeur dans le transsept. On reconstruit (déc. 1855) les piliers du chœur qui s'affaissaient; on y a i/égiisc saint-Michel. établi récemment une
sacristie au-dessous des trois absides, et on doit y faire, dit-on, d'importants travaux de restauration. Les sculptures de ses trois portails méritent d'attirer l'attention. Elles représentent : celles du portail de l'ouest, la Naissance de l'Enfant Jésus et l'Adoration des Bergers ; celles du nord , Isaac préparant le Sacrifice d'Abraham ; celles du sud, l'Apparition de saint Michel à l'évêque de Siponto. A l'intérieur, on remarquera surtout : dans la qua-
trième chapelle à gauche, en entrant par le portail que représente notre gravure, une Descente de croix sculptée, du xvi # siècle. Des statues de la Renaissance ornent Yautel de Saint-Joseph. Parmi les vitraux , quelques-uns seulement sont anciens. Ceux des fenêtres inférieures du chœur et des chapelles voisines sont de M. Maréchal ; ceux de la belle chapelle de Notre-Dame-des- Montuzets, de M. Villiet (de Bordeaux).
Saint-Michel a, comme la ca- ^
thédrale, un clocher isolé, situé à l'ouest, à 30 mètres environ, bâti de 4472 à 4492, et jadis surmonté dune flèche qui fut détruite en 4768 par un ouragan. A la porte de ce clocher se tient un sacristain toujours prêt à conduire les étrangers , moyennant 50 centimes par personne, dans un caveau souterrain, autour duquel on a rangé des cadavres retirés d'un cimetière voisin, dont le terrain avait la propriété de conserver les corps. On s'étonne que l'administration municipale tolère cette honteuse exhibition , qui a inspiré à M. Théophile Gautier la description que l'on va lire :
c Les morts, au nombre de 40 environ , sont rangés debout Le clocher de Saint-Michel tout autour du caveau et adossés contre la muraille ; cette attitude perpendiculaire , qui contraste avec l'horizontalité habituelle des cadavres , leur donne une apparence de vie fantastique très-effrayante, surtout à la lumière jaune et tremblante de la lanterne qui oscille dans la main du guide et déplace les ombres d'un instant à l'autre.
a L'imagination des poètes et des peintres n'a jamais produit de
cauchemar plus terrible; les caprices les plus monstrueux de Goya, les délires de Louis Boulanger, les diableries de Callot et de Teniers ne sont rien à côté de cela ; tous les faiseurs de ballades sont dépassés ; il n'est jamais sorti de la nuit allemande de plus abominables spectres ; ils sont dignes de figurer au sabbat du Brocken avec les sorcières de Faust.
a Ce sont des figures contournées, grimaçantes, des crânes à demi pelés, des flancs entr'ouverts qui laissent voir, à travers ie grillage des côtes, des poumons desséchés et flétris comme des éponges ; ici la chair s'est réduite en poudre, et l'os perce ; là, n'étant plus soutenue par les fibres du tissu cellulaire, la peau parcheminée flotte autour du squelette comme un second suaire ; aucune de ces têtes n'a le calme impassible que la mort imprime comme un cachet suprême à tous ceux qu elle touche ; les bouches bâillent affreusement, comme si elles étaient contractées par l'incommensurable ennui de l'éternité , ou ricanent d'un rire sardonique du néant qui se moque de la vie ; les mâchoires sont disloquées; les muscles du col gonflés; les poings se crispent furieusement ; les épines dorsales se cambrent avec des torsions désespérées : on dirait qu'ils sont irrités d'avoir été tirés de leurs tombes, et troublés dans leur sommeil par la curiosité profane.
« Le gardien nous montra un général tué en duel : la blessure, large bouche aux lèvres bleues qui rit à son côté, se distingue parfaitement ; un portefaix qui expira subitement en levant un poids énorme; une négresse qui n'est pas beaucoup plus noire que les blanches placées près d'elle; une femme qui a encore toutes ses dents et la bouéhe presque fraîche ; puis une famille empoisonnée par les champignons, et, pour suprême horreur, un petit garçon qui, selon toute apparence, doit avoir été enterré vivant. Cette figure est sublime de douleur et de désespoir ; jamais l'expression de la souffrance humaine n'a été portée plus loin ; les ongles s'enfoncent dans la paume des mains, les nerfs sont tendus comme des cordes de violon sur le chevalet, les çenoux font des angles convulsifs, la tête se rejette convulsivement en arrière ; le pauvre petit, par un effort inouï, s'est retourné dans son cercueil. »
L'églUe Sainte-Croix (la rue Sainte-Croix y conduit depuis
Téglise Saint-Michel; si l'on suit la ligne des quais, il faut prendre • la rue du Port, sur le quai Sainte-Croix) a été fondée, dit-on, avant le yii # siècle , puisque de 650 à 660 saint Mommolin , abbé de Fleury-sur-Loire, y fut enterré. Détruite par les Sarrasins en 729, restaurée par Charlemagne en 778, détruite de nouveau en 828 par les Normands, elle fut rebâtie par Guillaume le Bon , duc d'Aquitaine, dans la première moitié du x* siècle, mais souvent réédifiée ou restaurée depuis cette époque , car l'ogive y domine dans certaines parties. La façade, que représente notre dessin, est, dit
L'église Sainte-Croix.
M. Lamothe, a le plus riche fragment que l'époque du plein-cintre ait laissé à Bordeaux. Sa décoration, fort curieuse, a exercé l'érudition des archéologues, qui, à part un zodiaque assez nettement dessiné et facile à distinguer, n'ont pas assigné un sens très-clair à d'autres sculptures, et notamment à cette série de personnages qui semblent tirer sur une corde, i A droite, en regardant cette façade, et au pied de son clocher roman, à quatre pans égaux, du x» siècle, on remarque Y Hospice des vieillards, établi depuis 1792
dans les bâtiments de l'ancienne abbaye de Sainte-Croix (Bénédictins), qui ont été reconstruits au xvm 6 siècle. L'intérieur de l'église est beaucoup moins curieux que l'extérieur, t Composée d'une nef et de deux bas côtés, elle a, dit M. Jules de Peyssonnel, la forme d'une croix latine; les voûtes en ogive sont supportées par douze piliers que séparent autant d'arcades à plein-cintre, et le style de la nef, malgré ses altérations, rappelle l'époque romane, tandis que celui des bas côtés dénote celle de la transition. Les imperfections résultant du désaccord de certaines formes entre elles ne doivent pas faire méconnaître la valeur réelle de l'édifice, et, lorsqu'on ne considère que son ensemble, on y reconnaît, ainsi que dans les églises de Poitiers et d'Angoulême, un certain rapport mystérieux entre le temple et la religion dont l'artiste s'est inspiré : mêmes distributions de jours, mêmes artifices de construction, qui rendent les aspects plus doux et plus imposants à la fois. Avant de quitter la nef, demandez à voir un tombeau qui renferme les dépouilles mortelles d'un abbé de Sainte- Croix. Ce monument se trouve sous le bras septentrional de la croix latine que dessine le plan de l'édifice ; il appartient par sa forme au gothique fleuri. Vis-à-vis on aperçoit un autre tombeau, d'un style moins ancien, surmonté d une statue de la Madeleine. Visitez aussi les fonts baptismaux, remarquables par une boiserie sur les panneaux de laquelle on a sculpté l'histoire de la Vierge et des saints de l'Ancien Testament, et surtout par la cuve baptismale dont les bas-reliefs représentent la Cène. La chapelle de la Vierge mérite encore qu'on y fasse une station pour admirer ses fresques, dues à Jean Vasetti. Enfin, jetez un coup d'oeil sur les chapiteaux des arcades et du sanctuaire (les peintures murales qui s'y voient sont d'Anoni père), dont les ornements rappellent, par leur richesse, par leur variété et par la nature des compositions, le travail du portique de la façade. »
J'ajouterai que malheureusement la chaire, le chemin de la croix, les confessionnaux, les peintures du chœur et les décorations modernes de la plupart des chapelles, témoignent d'un manque de goût qui, au point de vue de l'art, ne saurait être trop sévèrement qualifié. Il est difficile d'obtenir, même au prix des plus grands efforts, des résultats aussi regrettables.
La nef de Sainte-Croix a 56 mètres 50 cent, de longueur jusqu'au fond du sanctuaire , 26 mètres de largeur y compris les latéraux, et 4 8 mètres de hauteur.
Salnt-Seurln (sur la place du Prado et sur les allées Damour, à peu de distance de la place Dauphine) date des premiers temps du christianisme. Sa crypte est de cette époque reculée. Au xi e siècle, on bâtit, au-dessus de cette crypte, sur le cimetière voisin, une église dont il reste encore le porche occidental, l'abside principale et les clochers. Ses bas côtés, ses voûtes et la chapelle Saint-Jean sont en effet du xm* siècle ; son portail méridional , orné de belles et curieuses sculptures , est de 4267 ; la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, du xiV siècle; la sacristie, du xv* siècle, ainsi que la chapelle de Notre- Dame des Roses; enfin la façade ouest est moderne, et d'importants travaux de restauration ont été exécutés récemment dans le chœur. Saint-Seurin a 64 mètres de longueur et 48 mètres de largeur. On doit y visiter surtout la crypte dite de Saint-Fort. Cette crypte se compose d'une nef voûtée à plein-cintre et de deux bas côtés. Il y règne une triste obscurité. Elle se partage en deux parties égales : l'une de ces parties, celle du fond, renferme le tombeau de saint Fort ; un mur la sépare des latéraux où se trouvent aussi des tombeaux (à droite, ceux de sainte Véronique et de sainte Bénédicte, nées dans le Médoc ; à gauche, ceux de saint Amand et de son prédécesseur dans l'épiscopat, saint Seurin) ; l'autre partie, qui est destinée aux fidèles, communique librement avec les bas côtés au moyen de quatre petites arcades, formées par des colonnes qui ont pris la place de piliers carrés. La principale curiosité de cette crypte est le cénotaphe élevé en l'honneur de saint Fort, œuvre délicate de la Renaissance, dont les sculptures sont traitées avec une grande finesse et beaucoup de goût. Il est placé au fond de la nef, sur une caisse de pierre brute qu'on dit avoir été le sépulcre primitif. Le cloître de Saint-Seurin existe encore en partie au nord de la nef. On y voit des tombes sépulcrales du vu* au vin* siècle.
Salnte-Eulalle fut dans l'origine l'église d'une abbaye de filles qui existait au vu* siècle. En 81 4 Charlemagne lui donna les reliques de sept martyrs, égorgés à Lectoure pour avoir
refusé d'offrir un sacrifice à Diane. Consacrée en H 74, elle a été souvent restaurée et même réédifiée depuis Y surtout aux xrv* et xv* siècles. On remarque à l'intérieur un joli lutrin moderne Il doit nous suffire d'énumérer les autres églises de Bordeaux, qui ne méritent pas la visite des étrangers. — Saint-Ébi (xm*, xiy« et xV siècles, façade de 4823); — Saint-Pierre (xni a , xiv* siècles et siècles suivants, chaire et autels modernes) ; — Saint-Bruno, ancienne église des Chartreux, consacrée en 4 620, bâtie dans le style italien et ornée, par Berinzago et Gonzalès, de peintures à fresque qui datent de 4774 (chœur décoré de marbres précieux ; statues attribuées au Bernin ; tableau du maître autel, par Philippe de Champaigne; mausolée du marquis de Sourdis, dans une chapelle à gauche du chœur, et, dans la nef, tableau de saint Bruno, attribué au Dominiquin) ; — Notre-Dame (place du Chapelet), fondée au xin* siècle, rebâtie en 4704 par un frère dominicain du nom de Jean, qui en fut, dit-on, l'architecte, le peintre et le sculpteur. Sa façade est de deux ordres : l'un corinthien, l'autre composite; à l'intérieur, peint en 4835 par M. Cicéri, on remarque l'autel, la chaire, les orgues, etc. ; mais, comme Ta fait observer avec raison M. Jules de Peyssonnel, ses décorations sont d'un goût trop recherché ; — Saint-Louis (rue Notre-Dame aux Chartrons), ancienne église du couvent des Petits Carmes, construite en 4746, consacrée en 4817; —Saint-Paul (rue des Ayres). Sa fondation remonte à 4676 ; elle fut bâtie par les jésuites pour desservir une maison où les vieux frères profès de l'ordre de Saint-Ignace venaient prendre leur retraite. On y admire une statue de saint François -Xavier, attribuée à Guillaume Coustou; — Saint-Nicolas de Graves (rue Saint-Nicolas), église neuve, de 4824 à 4838; — Saint-Martial (rue Denise), bâtie en 4844.
Outre les églises qui viennent d'être décrites ou mentionnées, Bordeaux possède de nombreuses chapelles, quatre temples protestants, une belle synagogue (rue Causserouge), un grand séminaire (ancien couvent de CapucinsJ, qui depuis 4840 ne renferme que des étudiants en philosophie et en théologie, un petit séminaire, l'ancien dépôt de mendicité, bâti de 4808 à 4812, et concédé en 4828 à l'autorité diocésaine.
L'archevêché actuel, situé rue de Cheverus, est l'ancien hôtel Gary. Avant la Révolution, les archevêques de Bordeaux habitaient la mairie (voir ci-dessous) que le prince de Rohan avait fait construire.
Édifices oivils.
La Préfecture, que la rue de la Comédie sépare du grand théâtre, a été bâtie en 1775 par l'architecte Louis, pour M. Saige, avocat général au Parlement. Ce bel hôtel n'est devenu ce qu'il est aujourd'hui qu'en vertu d'un décret de 4808. Sa façade donne sur les fossés du Chapeau Rouge. Depuis 4847, il est exclusivement réservé à l'habitation du préfet et aux réceptions , les bureaux ayant été établis dans les maisons voisines qui forment l'angle de la rue de la Comédie et de la rue Esprit-des-Lois. On l'a restauré en 1855.
La Mairie de Bordeaux a été installée en 4 835 dans l'ancien archevêché bâti par les architectes Bonfin et Êtienne, de 1770 à 4781 , sous l'archiépiscopat du prince de Rohan. Ce beau bâtiment se compose , du côté de la rue , d'un vaste corps de logis flanqué de deux ailes réunies l'une à l'autre par deux péristyles , au milieu desquels se trouve la porte d'entrée. Il a une belle façade sur le jardin. Il fut tour à tour hôtel du département, en 1790; palais impérial, en 4808; palais royal, en 1815; il renferme actuellement, outre les bureaux de l'administration municipale, les archives départementales au second étage, et, au rez-de-chaussée, la galerie des tableaux, les statues, la collection d'armes (voy. ci-dessous, Collections).
Le Palais dejuntlce (sur la place d'Armes, entre la rue des Minimes et le cours d'Albret) a été construit, de 4839 à 4846, en face de l'hôpital Saint- André. Il a coûté 4 747 458 francs 30 cent. Il occupe une surface de 7985 mètres; sa façade, longue de 445 m ,67, présente au centre un péristyle de 46 mètres de longueur sur 6 m ,60 de largeur, d'ordre dorique grec , en retraite sur deux motifs saillants et suivis de deux ailes. Elle se fait remarquer surtout par sa lourdeur. Les quatre statues colossales qui décorent les motifs saillants sont de M. Maggesi. Elles représentent : à droite, Malesherbes et d'Aguesseau; à gauche, Montes» quieu et L'Hôpital. La salle des Pas-Perdus a 46 mètres de Ion-
gueur sur 48 mètres de largeur et 46 mètres de hauteur. Dans le vestibule de la cour on a place* une statue de Montesquieu, exécutée en 4821 par M. Raggi.
Derrière le palais de justice sont les prisons départementales construites, de 4835 à 4847, sur l'emplacement de l'ancien fort du Hâ, qui était devenu une prison d'État en 4794, et dont on a conservé deux anciennes tours. Ce sont des prisons cellulaires. Elles peuvent contenir 240 hommes et 40 femmes. On j renferme les prévenus , les condamnés à moins d'un an de détention et les prisonniers pour dettes envers l'État. Les condamnés à plus d'un an d'emprisonnement sont évacués : les hommes, sur la maison centrale d'Eysses ; les femmes, sur celle de Cadillac. Le pénitencier Saint-Jean (rue Lalande, 45) est , à proprement parler, une maison d'éducation correctionnelle pour les jeunes gens (de 4 9 départements) condamnés par les tribunaux en vertu de l'article 66 du Code pénal; il contient environ 440 enfants. Le pénitencier Sainte- Philomène, rue Mercière, 44, établi dans le même but et sur les mêmes bases , renferme 75 jeunes filles.
L'hôtel de la Bourse a été bâti, ainsi que la place de ce nom. en 4749, par Jacques Gabriel. Ses trois faces offrent une décoration analogue. Les sculptures placées dans les tympans de ses frontons sont de Claude Francin. Elles représentent : à l'est sur le quai, Neptune favorisant le commerce ; au nord sur la place de Richelieu , l'Union de la Garonne et de la Dordogne ; au sud sur la place de la Bourse , la Victoire tenant un médaillon de Louis XV. La cour intérieure, longue de 34 mètres et large de 24 mètres, a été couverte en 4803. La bibliothèque de la chambre de commerce, située au premier étage et ouverte tous les jours au public de midi à 4 heures, compte environ 6000 volumes, parmi lesquels se trouve une importante collection de relations de voyages.
L'hôtel de la Douane , qui fait face à celui de la Bourse, a été bâti par le même architecte, à la même époque. Il servait, dans l'origine, d'hôtel des Fermes. Les sculptures de ses tympans sont de Wanderwoort; eUes représentent : sur la place, Minerve protégeant les arts ; sur le quai , Mercure protégeant la navigation de la Garonne.
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L hôtel des Monnaies (rue du palais Gallien) est établi depuis Tan vin dans l'ancien séminaire de la Mission. L'ancien hôtel, bâti par Portier, de 4756 à 4757, à l'extrémité de la rue de la Monnaie, est occupé par une congrégation d'Ursulines.
L'Entrepôt réel des marchandises se compose de deux bâtiments construits, l'un, de 1822 à 4826, l'autre, en 4847, et différant entièrement par le style de leur architecture.
L'hôtel de la Banque occupait un hôtel de la rue Espritdes-Lois, n° 4, bâti en 4775 par l'architecte L'Hôte. Cet hôtel a été cédé à la Caisse d'épargne , et la Banque vient de se faire
construire (4855) dans la même rue , mais du côté opposé, près de l'hôtel Marin, un nouvel hôtel qui lui sera spécialement destiné.
Indépendamment de la porte Bourgogne dont nous avons déjà parlé, Bordeaux possède deux autres portes dignes d'une mention :
celles du Palais et de l'Hôtel- de- Ville.
La porte du Palais, connue aussi sous les noms de porte Royale et de porte du Cailhau, a été construite La porte du Palais , dite du Cailhau . en 4 495. Destinée dans l'origine à former une entrée au palais de l'Ombrière, qui servit tour à tour de résidence aux ducs d'Aquitaine , aux commandants français , aux sénéchaux d'Angleterre , et où Louis XI établit le Parlement , elle a survécu à ce palais démoli en 4800. Elle avait été du reste transformée en arc de triomphe pour Charles VIII , après la bataille de Fornoue. Notre dessin nous dispense de toute description. On la voit à gauche sur le quai de Bourgogne , quand on va du pont à la place de la Bourse. Sa hauteur totale est de 34 mètres.
>, dont nous offrons aussi l'image exacte, est l'une des quatre tours qui étaient placées aux angles de l'ancien hôtel de ville; elle est coiffée de trois tourelles dont l'une, celle du milieu, a pour ornement une lanterne que surmonte un lion. Sa base seule date du xn* siècle. Découronnée et détruite en partie par le connétable de Montmorency, elle fut réparée en 4556 et en 1757. Sa hauteur totale est de 41 mètres. Sa cloche, fondue en 1775, porte l'inscription suivante :
CONVOCO ARMA