ORLÉANS. — L'HOTEL DE VILLE
perron rebâti à neuf, et souvent critiqué déjà comme trop orné de délicates arabesques, entre ses deux rampes, on a placé une statue en bronze de Jeanne d'Arc. Cette statue, reproduction exacte du chef-d'œuvre en marbre de la princesse Marie, que l'on admire au musée de Versailles, avait été donnée à la ville d'Orléans par le roi Louis-Philippe, en 1 841 . Elle est restée exposée jusqu'en 1851 dans une des salles du musée. Les balcons qui surmontent les deux portes latérales sont supportés par des cariatides que la tradition orléanaise attribue à Jean Goujon , et qui ont sou-
Lliôtel do ville d Orléans. |
vent été peintes et vernies. Les statuettes placées dans les iiiches représentent, au milieu du tympan du fond , l'architecte Ducerceau, mort en 1532; la première, dans l'aile nord, le savant Petau (1583- 1 652) ; la seconde, Jousse, l'élève et l'imitateur de Po thier ( 1 704-1 781); la première de l'aile sud, Bongars ( 1 55 S- 1 6 1 2); la seconde, le médecin Petit, mort en 1793. Dans l'aile gauche de l'hôtel, on a placé la statue de saint À ignan, et dans l'aile droite, celle de Pothitr (1699-1772).
L'intérieur de l'hôtel de la Mairie est plus curieux que l'exté- •ieur. Pour le visiter, il suffit de s'adresser au concierge, qui en
fait les honneurs avec beaucoup de complaisance, moyennant un pourboire. Le rez-de-chaussée étant consacré tout entier aui bureaux, c'est au premier étage que les étrangers sont conduits. On le leur montre généralement dans Tordre suivant : 4° Antichambre; 2° Petit cabinet , dans lequel on voit un portrait de Jeanne d'Arc qui date de 4581 , mais qui a été restauré, et une vue d'Orléans; 3° Y escalier d'honneur; 4 p la chambre de Commerce; 5» la salle des mariages, dont la belle cheminée, surmontée d'une fresque qui personnifie la ville, est l'imitation de celle qui se trpuve dans la maison d'Agnès Sorel, et dont le beau plafond représente les produits du Loiret : c'est dans cette salle que siège le conseil municipal ; 6' une salle inoccupée dans laquelle on a placé provisoirement une statuette en bronze de Jeanne d'Arc, par la princesse Marie. La reine Amélie avait déjà donné à la société archéologique de l'Orléanais, le 4 3 avril 4 853 , un modèle en plâtre de cette statuette trop peu connue. Le bronze a été envoyé à la ville d'Orléans, quelques jours avant la fête du 8 mai 4 855. Il doit orner un des salons de réception de la mairie. Du vivant de la princesse Marie , cette statuette n'était pas sortie de son atelier, où quelques privilégiés avaient seuls été admis à la voir. Après sa mort, elle n'a été exposée nulle part; elle n'a pas été exécutée en marbre ; il n'en existe qu'un trèspetit nombre d'épreuves en plâtre et en bronze. Jeanne d'Arc, montée sur un cheval caparaçonné , porte le costume des chevaliers au xv e siècle. De la main droite, elle tient son épée abaissée ; son regard s'arrête sur un Anglais blessé mortellement et renversé sous les pieds de son cheval. A cet aspect, Jeanne éprouve une émotion qui se trahit sur son visage et dans son attitude ; elle s'effraye, elle s'attriste, et cependant, à la voir, on sent qu'elle ne renoncera pas à sa mission , qu'elle est prête à l'accomplir ; 7* la salle où Marie Stuart a reçu le dernier soupir de son époux, François II ; 8° enfin, le grand salon de réception, qui donne, d'un côté, sur la cour, de l'autre, sur le jardin. Dans ce grand salon, richement décoré dans le style du temps, comme toutes le3 autres pièces qui viennent d'être mentionnées, on remarque : les quatre portes surmontées d'une corniche en bois, à plusieurs étages, qui s'appuie sur des colonnettes à