‹ De Paris à BordeauxChapitre 36 sur 165 · ORLÉANS. — EDIFICES CIVILS · texte numérisé non relu

ORLÉANS. — EDIFICES CIVILS

remis à leur place, et on a bâti par-desssus , sans doute pour ne pas priver nos petits-neveux du plaisir de les découvrir à leur tour, lorsqu'ils auront la bonne pensée de jeter par terre la préfecture actuelle pour en construire une plus digne d'un département aussi important que celui du Loiret. »

Le I^ycée, situé dans la plus belle rue, la rue Jeanne-d'Arc, présente une façade monumentale ; aux deux côtés de la porte principale sont les statues de Charlemagne et de François I er . A la place de cet édifice moderne , il y eut autrefois une abbaye d*hommes fondée par le roi Gontran ; cette abbaye devint, en 930, une collégiale; en 4617, les jésuites y établirent un collège qui fut bientôt très-florissant; puis aux jésuites succédèrent, en 4762, des prêtres séculiers, et la maison prit alors le nom de collège royal.

Le Théâtre, établi dans le local d'une ancienne église, vis-àvis de l'hôtel de la mairie, ne mérite pas une mention.

Vers le milieu de la rue de la Bretonnerie, qui tire son nom d'un hôtel longtemps habité par des Bretons, s'élève le Palais de Justice, construit, de 4824 à 4824, par M. Pagot, architecte. Près du palais sont la gendarmerie et la prison, regardée comme une des plus sûres et des plus saines de France. Ces trois constructions sont situées sur l'emplacement qu'occupaient autrefois la maison de VOratoire, où l'on conservait un chapeau de velours bleu, brodé en or, qui avait appartenu à Jeanne d'Arc, et la maison des Ursulines , fondée en 4624 pour l'éducation gratuite de jeunes filles.

L'Hôpital général, situé à l'extrémité sud-ouest de la ville, réunit aujourd'hui dans la môme enceinte l'hospice des vieillards, l'hospice des orphelins , l'hospice des aliénés, l'hôpital, la maternité , l'école des sages-femmes et l'école préparatoire de médecine et de pharmacie. Cet établissement, dont on admire les préaux, les salles et les galeries, et qui a coûté plusieurs millions, est regardé avec raison comme l'un des plus beaux de ce genre que possède la France.

La Halle an blé a été bâtie en 4826 sur un ancien cimetière, dont il reste un fronton décoré de quelques sculptures intéressantes. Pothier avait été inhumé dans ce cimetière.

Dans la rue des Africains, rue qui s'ouvre derrière Saint-Aignan et qui traverse presque à son angle sud-est la muraille galloromaine, on voit encore une tour appelée la Tour blanche. Cette tour est un intéressant échantillon des tours qu'a illustrées le siège de 4 429.

Les anciennes rues d'Orléans offrent encore aux archéologues un certain nombre de maisons curieuses par leur architecture ou par les souvenirs historiques qu'elles rappellent. Malheureusement la plupart de

ces maisons sont déjà à demi ruinées et menacent de disparaître bientôt tout à fait. Les amateurs devront surtout visiter :

Rue Neuve ( la première à droite dans la rue Jeanne-d'Arc en allant à la cathédrale), au coin de la ruelle des Albanais , la maison de Diane de Poitiers Qu'elle ait été ou non habitée par la maîtresse de François I er et d'Henri II , car la question est controversée , cette maison qui porte son nom passe avec raison pour

Maison de Diane de Poitiers. des plus charman-

tes constructions de la Renaissance. C'est la façade de la cour, la seule qui soit vraiment intéressante , que représente notre dessin ,

Rue du Tabourg, n° 1 5 (la seconde rue à droite dans la rue Royale, en allant au pont), la maison dite d'Agnès Sorel, quoique son architecture, également postérieure au xv siècle, semble démontrer suffisamment qu'elle n'a pu être habitée par la belle maîtresse

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