‹ De Paris à BordeauxChapitre 38 sur 165 · ORLÉANS. — MAISONS DE LA RENAISSANCE · texte numérisé non relu

ORLÉANS. — MAISONS DE LA RENAISSANCE

au n» 45 de la rue Sainte- Anne, bâtie par l'architecte Orléanais, Jacques Androuet-Ducerceau , qui commença le pont Neuf, à Paris , et travailla à la galerie du Louvre ;

Deux maisons de la rue Pierre-Percée, citées pour l'élégance de leurs façades et pour leurs ornements à l'intérieur ; — le n° 34 de la rue de Y Aiguillerie , qui reçut saint François de Paule quand il alla visiter Louis XI à Tours ; — le n° 4 de la rue de YOrmerie ; — les n M 43 et 49 de la rue de YHuis de-Fer; — les n" 43 et 46 de la rue de Y Empereur; — les maisons de la place du Vieux-Marché, presque toutes remarquables par l'ancienneté de leur architecture et par la beauté de leurs ornements; — Y hôtel de la Vieille - Intendance y grande construction en briques, avec deux pavillons à haute toiture , qui fut une maison royale avant de servir d'habitation aux intendants de la province ; — plusieurs maisons de la rue de la Bretonnerie; — le bel hôtel de la rue de Gourville; — et le n° 7 de la rue de la Vieille-Poterie , maison qui appartint à Marie Touchet , la maîtresse de Charles IX.

La maison royale, bâtie par Louis XI , près de Saint- Aignan, et la maison de Coligny, qui n'en est pas éloignée , ont tout à fait perdu leur caractère ancien. Elles ne méritent plus qu'une simple mention. La maison de Pothier t rue Pothier, reconstruite à diverses époques, ne se distingue que par le buste en marbre de ce célèbre jurisconsulte, placé à l'extérieur.

Vers la fin de l'année 4 855 , on a établi à Orléans , place du Martroy, dans deux maisons qui seront démolies un jour pour rectifier la place, une société alimentaire constituée sur le modèle de celle de Grenoble Le restaurant de cette société a été ouvert pour la première fois le 49 novembre 4855. Voici quelle était la carte du jour, affichée à la porte dans un cadre :

Consommation dans rétablissement. — Potage au pain, 10 c. ; aU riz, 10 c— Pain et bœuf aux choux, 25 c; pain et lapin sauté, 25 c. ; pain et rôti de veau, 25 c; haricots blancs, 5 c; purée de pois, 5 c; salade, 5 c. ; marmelade de pommes, 5 c. ; fromage, 5c — Vin, le demilitre, 30 c. ; quart de litre, 15 c.

Consommation du dehors. — Bouillon et viande, 20 c; potage et

i. Voy. Savoie et Dauphiné, par Adolphe Joanoe. i vol. in-18. Paris, Hachette, issfi.

bœuf aux choux, 20 c; lapin sauté, 20 c; haricots blancs, 5 c; purée île pois, 5 c; salade, 5 c.

A partir du 20 novembre , la société alimentaire a fourni du café au lait à un prix très-modéré : café , lait , sucre et pain ne coûtent que 45 centimes.

M. Vergnaud Romagnési, auteur de nombreux ouvrages justement estimés sur la ville d'Orléans et sur ses environs, possède un cabinet de curiosités qu'il montre fort complaisamment aux étrangers. On remarque dans cette curieuse collection la bannière que François I #r donna vers 4 54 9 à la ville d'Orléans ; elle représente d'un côté, sur le premier plan , les échevins et l'université d'Orléans à genoux devant le fort des Tourelles, témoin des exploits de Jeanne d'Arc, et, dans le lointain, la ville telle qu'elle était au xvr siècle ; de l'autre côté, Charles "VU et la Pucelle agenouillés devant la Vierge; l'Enfant Jésus, placé sur les genoux de sa mère, se penche vers le roi et lui met au doigt un anneau en signe d'alliance; derrière la Vierge sont saint Denis, patron de la France, et saint Aignan, patron d'Orléans. M. Vergnaud Romagnési possède en outre: un beau choix de verrières; le siège de justice de la célèbre abbaye de Saint-Mesmin ; un cabinet remarquablement sculpté , ayant appartenu au cardinal Briçonnet; de belles armes; un bas-relief venant de Sully et représentant la bataille de Saint-Aubin du Cormier ; des cheveux d'Agnès Sorel; des vêtements de Philippe I er ; le manuscrit du moine Jando ; des monuments gallo-romains découverts dans les environs d'Orléans; une belle collection de médailles grecques , romaines et gauloises , etc.

La fête et les monuments de Jeanne d'Arc.

( Quand Jeanne d'Arc eut forcé les Anglais à lever le siège d'Orléans., l'enthousiasme populaire improvisa une cérémonie en l'honneur de saint Aignan et de saint Euverte. Les soldats, les capitaines, les -dignitaires de la ville , le peuple, le clergé et la Pucelle se réunirent, par un mouvement spontané, à la cathédrale, et de là se rendirent à Saint-Paul en procession et en chantant des hymnes sacrées. Ainsi prit naissance la fête du 8 mai, qui reçut plus tard l'approbation de divers légats apostoliques , et

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