‹ De Paris à BordeauxChapitre 51 sur 165 · STATION. — MENARS · texte numérisé non relu

STATION. — MENARS

10 kil. de Mer. - 50 kil. d'Orléans. — 17 l kil. de Paris. — C5 kil. de Tours.

Menarp, village de 605 habitants, ne mériterait qu'une simple mention, s'il ne possédait pas un beau château bâti pour Mme de Pompadour sur des plans qu'elle avait corrigés ellemême. Ce château fut construit sur l'emplacement d'un vieux manoir gothique qui , après avoir été érigé en vicomté par Louis XIII, en faveur de Guillaume Charron, en marquisat par Louis XIV au profit d'un autre Charron , neveu du vicomte, avait offert quelque temps un asile à Stanislas , roi de Pologne. La maîtresse de Louis XV ne voulut pas s'en contenter, bien qu'il eût semblé suffisant au beau-père de son royal amant. Après l'avoir fait rebâtir, elle le meubla, dit-on, avec autant d'élégance que de goût. Vendu à la Révolution , il a depuis changé souvent de propriétaire. Sous la Restauration , il appartint au maréchal duc de Bellune. Il a actuellement pour possesseur le prince de Chimay, qui y avait créé un prytanée , établissement d'éducation à peu près universel , car il comprenait un collège , une école de commerce et d'agriculture théorique

I. Voy.dans le tome I tr des Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanaî$ les recherches sur les antiquités gauloises et gallo-romaines de la Tille de Suètres , par A. Duchalais.

et une éoole des arts et métiers. Ce prytanéé a été remplacé e» 4 848 par Y École professionnelle du centre, que M. César Fi chet 'at fondée à Menars , et dont il est le directeur. Cette école est dav venue l'école mère des écoles professionnelles, car M. C. Fiché* a reçu de M. le ministre de l'Instruction publique la miâsitfri d'en organiser quatre autres dans les quatre grandes divisiojââ de la France. Elle a deux divisions : la 4", dite préparatoire/

# garde les élèves jusqu'à l'âge de 42 à 43 ans. Son programmé comprend l'instruction primaire et les éléments de l'instruction professionnelle, application du métrage au dessin linéaire et essais d'atelier. La 2" division , dite spéciale , est formée de trois classes, et embrasse trois années d'études ; les 1 élèves y reçoivent l'enseignement professionnel proprement dit par la théorie, la théorie appliquée et la pratique d'atelier : ils. sont classés par spécialités de vocations , suivant leurs goûts et le vœu de leur famille. L'élève qui a suivi avec succès les études spéciales de première année est généralement admissible aux écoles d'arts et métiers ; après la deuxième année, il peut concourir à ces écoles comme boursier, ou même entrer dans un atelier ou une manufacture, mais-dans une position inférieure ; à la fin de la troisième année, il est en état d'aborder avec avantage la carrière industrielle.

Le nombre des élèves est de 60 ; le prix de la pension varie selon l'âge. On paye, de 8 à 44 ans, 430 fr.; de 44 à 45 ans , 550 fr.; au-dessus de 45 ans , 650 fr. 11 y a deux mois de va-r cances non compris dans ce prix . Les professeurs sont au nombre

. de 9 : 4 0 Le directeur organisateur, professeur théoricien praticien ; 2° le professeur de mathématiques spéciales ; 3 W le répétiteur théoricien praticien ; 4° le professeur de français, d'histoire, de géographie pour la division spéciale ; 5° le professeur de français, d'histoire, de géographie et d'écriture pour la division préparatoire; 6° le professeur d'anglais et de comptabilité; 7° et 8° deux professeurs pour le travail d'application à l'atelier ; 9* un professeur de musique. Il y a de plus un aumônier.

M. le prince deChimay a créé, en outre, diverses fondations pieuses dans les dépendances du château : un hospice pour les vieillards des deux sexes, une école primaire de filles, une salle d'asile.

MENARS. iî7

Les jardins du château de Menars descendaient en terrasse jusqu'au bord de la Loire et offraient de beaux points de vue. Le chemin de fer les a coupés en deux parties.

Au delà de Menars les villages deviennent plus rapprochés , les maisons de campagne plus nombreuses, les routes plus animées ; tout annonce le voisinage d'un centre de population plus considérable. On se rapproche du fleuve que côtoie la route de terre; on laisse à gauche les Mées , Saint- Denis , Macé, la Chaussée, Saint-Victor, villages qui bordent la Loire, et à droite Villeneuve , ViUefollet , Francillon , Villebaron et Villejoint. On a aperçu depuis longtemps déjà les hautes tours de Blois avant

Embarcadère de Blois.

de s'arrêter dans la belle gare de cette ville, construite, au-dessus de sa partie haute, au milieu de la belle promenade des allées.

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