‹ De Paris à BordeauxChapitre 6 sur 165 · RECETTE · texte numérisé non relu

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Dès Tannée 1845, la Compagnie d'Orléans avait associé ses employés à ses bénéfices. Aprè3 l'acquittement des charges et la distribution de 8 pour 100 aux actionnaires, il devait être fait, sur l'excédant des produits nets, un prélèvement de 15 pour 100 en faveur des employés. Sur l'exercice 1853, ce prélèvement avait produit 1966 430 fr. 10 c. Les actionnaires se sont repentis de leur générosité et le conseil d'administration a eu la faiblesse de céder à leurs réclamations trop intéressées. Actuellement, les actionnaires doivent prélever 40 fr. par action, soit 12 millions sur les produits nets, amortissements déduits; au delà de 40 fr. et jusqu'à 70 fr, , la part des employés est comme autrefois de 15 pour 100; mais, lorsque chaque action a touché 70 fr. , le prélèvement en faveur des employés est réduit à 10 ; et, si les revenus des actionnaires dépassent 80 fr,» la part des employés n'est plus que de 5 pour 100. En 1854, le prélèvement en faveur des employés a été de 1 541 635 fr. 19 c.

Chaque année, sur la somme attribuée aux employés de la Compagnie d'Orléans pour leur part ainsi réduite dans les bénéfices, avant toute répartition, il est opéré, pour le fonds de secours et d'encouragement, un prélèvement qui n'excède, dans aucun cas, ni le dixième de la somme à répartir, ni la somme nécessaire pour, avec le solde resté disponible de l'exercice précédent, compléter un chiffre maximum de 250 000 francs.

Des décisions spéciales du conseil d'administration, rendues sur la proposition du directeur, déterminent les sommes qui doivent être prises sur le fonds de secours et d'encouragement ainsi constitué, soit en cours d'année, soit en fin d'exercice, pour être attribuées :

1° Aux employés qui, dans l'exercice de leurs fonctions, ont reçu des blessures , contracté des maladies ou des infirmités qui les mettent dans l'impossibilité de continuer leur service ;

2° Aux familles de ceux qui ont succombé par suite des mêmes circonstances ou d'événements extraordinaires;

3° Enfin , aux employés qui se sont distingués dans leur service.

Ce prélèvement opéré, le surplus de la somme à distribuer est réparti entre tous les employés dans la proportion du traitement dont chacun d'eux a joui dans le cours de Tannée.

Un tiers de la somme attribuée à chaque employé lui est remis en espèces ;

Un tiers est versé à son compte à la Caisse d'épargne de Paris;

Un tiers est versé à son compte à la Caisse de retraite pour la vieillesse, à l'effet de lui faire constituer une pension viagère à l'âge de cinquante ans , soit à fonds perdus , soit avec capital réservé suivant qu'il le préfère , le tout conformément aux lois et règlements qui régissent cette Caisse , et sauf les exceptions y contenues.

Si la somme totale attribuée à chaque employé n'atteint pas 30 fr. par 1000 fr. de traitement , cette somme lui est remise en espèces.

Un de ces partisans intéressés de l'ignorance humaine, qui attaque toutes les sciences, même l'agriculture, bien plus par amour du paradoxe que par conviction, demandait, il y a quelque temps, à. quoi pouvait servir la statistique. On a dû le lui apprendre comme s'il ne le savait pas, comme s'il était possible de lui faire voir le soleil en plein midi dans un ciel sans nuages. Je ne suis point chargé de cette tâche; mais je le demande sincèrement, moi, à tous les hommes de bonne foi , n'est-ce point une science intéressante , utile , propre à dissiper bien des préjugés, que celle qui, pour ne citer qu'un seul exemple, nous fournit les enseignements contenus dans les pages précédentes? Quelle réponse plus convaincante peut-on faire aux ennemis, aux détracteurs de l'industrie humaine en général et de celle des chemins de fer en particulier, que ces chiffres extraits du rapport du conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans? Ainsi non-seulement cette Compagnie a depuis sa fondation, c'est-à-dire en moins de vingt années , dépensé plus de 25G millions , mais chaque année elle fournit à la classe ouvrière pour plus de 15 millions de travail direct, sans tenir compte de toutes les industries qu'elle alimente, sur toute la surface du territoire, par sa consommation de combustible, de bois, de fer, de pierres, de sable, d'huile, de denrées de toute espèce, et plus encore par le transport de 3326 105 voyageurs et de 1 130745 tonnes de marchandises. En présence de pareils résultats, que la statistique seule peut nous faire connaître , ne faut-il pas être privé de raison pour regretter, dans je ne sais quels intérêts égoïstes, le temps où l'espèce humaine, dépourvue de tout moyen de communication, de toute initiative, de toute industrie, de tout commerce, végétait misérablement dans une honteuse et stérile ignorance, comme si Dieu n'avait donné l'intelligence à l'homme que sous la condition de ne pas s'en servir; comme si le travail n'était pas un devoir, que dis-je, une nécessité pour tous les peuples de la terre !

Conseil d'administration de la Compagnie d'Orléans'.

MM. François Bartholony , ijfc , président; De Gascq, G. 0. ijfc, président de chambre à la Cour des comptes . vice-président ; Comte de Mornt , G. C. ijfc, président du Corps législatif, vice-président; J. D. Barry: Benat, ijfc, administrateur délégué; Vicomte Denis Benoist d'Azy, ancien représentant, administrateur délégué; Bourlon, ijfc, membre du Corps législatif, administrateur des Messageries générales, administrateur délégué; De Bousquet, ijfc, ancien chef de division à l'administration des postes; Ed. Caillard, administrateur des Messageries générales; Augustin Cochin. docteur en droit, maire du 10* arrondissement; Gustave Dufeu, administrateur délégué; Louis Dufour, banquier; Adolphe Durand, banquier, régent de la Banque de France; Foucher père,^, président honoraire de la Chambre des notaires de Paris; - G. de Fougères , , ancien conseiller référendaire à la Cour des comptes, administrateur délégué ; Gladstone, représentant de la Compagnie à Londres; Albert Lacroix, administrateur des Messageries impériales; Lavallée , , directeur de l'École centrale des arts et manufactures; A. Marc, ancien directeur de la Compagnie, administrateur délégué; De Monicault, ancien préfet; Monternault. ancien magistrat; Alph. de Rainneville,^, ancien conseiller d'État ; Baron Paul de Richemont, 0. efe, membre du Corps législatif, administrateur délégué; Comte Philippe de Ségur, G. C. lieutenant général; A. de Waru , banquier ; Pérodeaud, secrétaire du conseil, du comité et des commissions.

Comité de MM. les admlnltftrateur» délégués.

MM. Brnoist d'Azy, président; Benat; Bourlon; Dufeu ; De Fougères; Marc; De Richemont.

Direction.

MM. C. Didion, 0. ijfc, inspecteur général des ponts et chaussées, directeur; Herman, ingénieur en chef de la Compagnie; Solacroup, ingénieur des ponts et chaussées, chef de l'exploitation; Lauras, secrétaire général; Beaussier, chef de la comptabilité générale et des finances; de Partouneaux, ift, chef du service central (service du secrétariat du conseil et des titres}.

Direction et exploitation : boulevard de l'Hôpital, 7. Service central : rue de la C haussée -d'Antin , il.

1. Le conseil d'administration se subdivise en commissions ordinaires ou spéciales. Le président du conseil assiste de droit à toutes les réunions des commissions et les préside quand il le juge convenable.

CHEMIN DE ril BHI

linerairr de lu Franr* par A. JOA.NN'K.

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