‹ De Paris à BordeauxChapitre 7 sur 165 · PREMIERE SECTION · texte numérisé non relu

PREMIERE SECTION

L'Embarcadère du chemin de fer d'Orléans est situé à l'entrée du boulevard de l'Hôpital, n°7, au delà du Jardin des Plantes, qui l'a empêché de pénétrer plus avant dans l'intérieur de Paris. Lorsqu'on y arrive par le quai et par ce boulevard, on aperçoit d'abord la partie réservée à l'administration. Pour se rendre à la gare de départ, il faut prendre à gauche la rue de la Gare, sur laquelle , au fond d'une vaste cour fermée par une grille en fer, se développe la façade principale. Ce bâtiment n'a de remarquable que sa simplicité ; mais il est peut-être plus commode que d'autres

I. 121 kil. — Dix convois par jour. Trajet en 2 h. 30 m. et 2 h. 40 m. par les trains express ; en 4 h io m. ou 4 h. 30 m. par les trains mixtes. — V classe, \z fr. BC| — V classe, 10 fr. 15 c; — 3 - classe f 7 fr. 45 c.

U distance totale de Paris à Bordeaux est de 583 kil. On compte de Paris à Naines 43l kil. ; de Paris à Bourges, 233 kil. Voir à la tin du volume le tableau général des distances et du prix des places.

il ITINÉRAIRE DE PARIS A ORLÉANS.

embarcadères admirés pour leur architecture. A gauche de la salle des Pas- Perdus, salle qui est devenue trop petite, sont les bureaux où se déposent, se pèsent, s'enregistrent, s'expédient les bagages, et, à droite, de belles et confortables salles d'attente.

A l'intérieur, Yembarcadère de Paris forme trois nefs. Il a 515 mètres de longueur, 26 mètres 50 centimètres de largeur, et 44 mètres 50 centimètres de hauteur. Les trains arrivent du côté opposé à celui d'où ils partent : les salles qui sont situées en face des salles d'attente, et où se délivrent les bagages, après la visite

Pont en fonte, près du mur d'enceinte.

de la douane , s'ouvrent sur une vaste cour dans laquelle stationnent les omnibus et les voitures de place. s A une faible distance de la gare on passe sous un pont en fonte qui sert au chemin de ronde. Ce pont, dont on remarque la construction , est partagé en deux parties par une cloison en ma T driers qui continue le mur d'octroi et ferme ainsi la brèche que le chemin de fer fait à ce mur; il a coûté 288 607 fr. On est sorti de Paris , mais avant de franchir les fortifications on traverse les

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( magnifiques ateliers d'ivry, qui prennent chaque année de nouveaux développements, et on laisse à gauche le chemin de ceinture, qui va franchir la Seine à peu de distance, sur un admirable pont, pour se relier au chemin de fer de Lyon, situé le long de la rive opposée du fleuve.

Quand on quitte Paris par un chemin de fer , quand on voit disparaître devant soi, avec une effrayante rapidité, les jolies TilJas qui le bordent et sur lesquelles on voudrait arrêter plus longtemps ses regards , on se reporte souvent par la pensée à

Une rouie au xvn* siècle.

ce temps où Mme de Sévigné racontait à sa fille , comme un prodige : c Mon fils est parti cette nuit d'Orléans , par la diligence qui part tous les jours à 3 heures du matin, et arrive le soir à Paris ; cela fait un peu de chagrin à la poste. » A cette époque, il n'y a pas tout à fait deux siècles , l'art de voyager n'avait pas encore été inventé, ainsi que le prouve cette citation. Les routes d'ailleurs étaient rares , mal tracées, mal entretenues, peu sûres, *t elles offraient parfois aux passants de tristes spectacles , qui,

du reste , ne les choquaient guère. Le \ 1 septembre 4675, Mme de Sévigné écrivait d'Orléans à M. de Coulanges: c Nous avons trouvé ce matin deux grands vilains pendus à des arbres sur le grand chemin ; nous n'avons pas compris pourquoi des pendus ; sur le bel air des grands chemins , il me semble que ce sont des roués ; nous avons été occupés à deviner cette nouveauté ; ils faisaient une fort mauvaise mine, et j'ai juré que je vous le manderais. »

Les fortifications dépassées, on aperçoit à droite, dans la plaine et sur la colline, presque en face du château de Bercy et de

Charenton, le village d'/un/, qui compte actuellement près de \ \ 000 habitants. Des fabriques , des filatures, des raffineries y ont remplacé la plupart de ses anciennes villas. Parny y a composé quelques-unes de ses plus agréables poésies à Ëléonore. Mlle Contât aimait à s'y reposer de ses triomphes passés en s'y préparant à ses victoires futures. Mme la duchesse d'Orléans , la mère du roi Louis-Philippe , qui y possédait le petit château actuellement morcelé , s'y est montrée si bienfaisante qu'elle n'y sera jamais oubliée. On découvre encore une belle vue sur la terrasse de son ancien château, qu'avait fait bâtir, au com-

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mencement du xvu* siècle, le prévôt des marchands, Claude Bosc Dubois, et qui fut démoli pendant la Révolution. Le docteur Esquirol y a fondé, il y a quelques années , une maison d'aliénés, dirigée actuellement par son successeur.

Au delà du fort d'Ivry, apparaît bientôt, du même côté, Vitry, village de 3000 habitants, qui compte autant de pépinières que de jardins. Son clocher blanc domine une église du xm* siècle. Sa plus belle maison de plaisance a appartenu sous l'Empire au préfet de police, le comte Dubois.

Près du village de Thiais, qui se montre à droite sur la hauteur, se trouve, au delà de la Belle-Epine, le village de Rungis, dont la belle source fournit aux quartiers élevés de Paris l'eau limpide que leur apporte l'aqueduc d'Arcueil. Bâti en 1648 sur les derniers débris d'une ancienne construction romaine, cet aqueduc, composé de 24 arches, a 400 mètres de longueur et 24 mètres de hauteur.

On commence à apercevoir et à longer la Seine avant de s'arrêter à Ghoisy-le-Roi.

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