AMBOISE
portantes manufactures de laines et de limes, manque complètement d'animation. Rien de plus triste que ses rues désertes. h'église Saint-Denis, beau monument du xu* siècle, a donné son nom à une commune voisine; elle n'appartient plus à la ville. Son cimetière renferme le tombeau du duc de Choiseul. La chapelle Saint-Florentin a été bâtie près du quai, sous Louis XI et Charles VIII. C'est une construction presque barbare , nue et humide, appelée ainsi en 4792, à la suppression du chapitre et à la fermeture de l'église du château, et qui n'aurait pas été conservée, si, par sa situation dans la partie de la ville la plus éloignée de l'église paroissiale, elle ne permettait pas aux personnes âgées on infirmes d'y entendre la messe. Elle contient un curieux monument en terre cuite exécuté au xvi* siècle , et qui , du prieuré de Bon-Désir où il avait été élevé , fut transféré, d'abord dans l'église du chapitre détruite par Roger Ducos, puis en 4802 dans l'église Saint-Florentin. Ce monument , qui paraît être l'œuvre du célèbre sculpteur tourangeau, Michel Columb , se compose de sept personnages, trois hommes et quatre femmes en costume oriental, groupés autour du Christ au tombeau; il a été malheureusement détérioré par des déplacements et par l'humidité. On l'a regardé à tort comme le tombeau de Philibert Babou de La Bourdaisière (le Christ). tCet époux de la belle Marie Gaudin, dame de La Bourdaisière, mourut en 4 557, dit M. Cartier. François!" était mort en 4 547 ; on ne l'aurait pas fait figurer en Joseph d'Àrimathie, comme le rapporte la tradition, dans cet ensevelissement. Jacques Babou, qu'on prétendait figurer Nicodème, était mort dès 4532, à l'âge de vingt-deux ans. (Voy. Chalmel, Hist. de Touraine, t. IV, p. 46.) Il est donc probable que cette explication peu édifiante du groupe religieux de Saint-Florentin est fausse, et n'a pour fondement que les relations que l'histoire scandaleuse du temps dit avoir existé entre François I er et Marie Gaudin et ses trois filles. Cette famille, à la vérité, a été comblée de bienfaits par ce roi et par Louise de Savoie, sa mère, qui donna à Marie Gaudin la propriété du Clos, peu de temps après la mort de Léonard de Vinci. François I er érigea, en faveur de Babou, la terre de la Bourdaisière en châtellenie, et fit bâtir le château qui fut démoli par M. de Choiseul. U est vraisemblable
que le saint sépulcre fut également donné par Louise de Savoie pour être placé dans la chapelle de Bon-Désir, où l'on avait formé un chapitre de chapelains ou un prieuré pour le service religieux du château de la Bourdaisière. »
Dans son testament, daté du château de Clous, attenant à Amboise, le 48 avril 4548 , avant Pâques , Léonard de Vinci manifesta le désir d'être enterré dans l'église Saint-Florentin. Il mourut le 2 mai 4549. En 4854, sur la proposition de M. de Chennevières, le congrès des Sociétés savantes avait voté l'érection d'un monument à Léonard de Vinci dans l'église Saint-Florentin. Mais M. Cartier, répondant le 40 novembre de la même année dans YAthenxum français à M. de Chennevières, a demandé que ce monument fût élevé dans l'église Saint-Denis. A l'en croire, si Léonard de Vinci a été inhumé, ainsi qu'il en exprimait le désir par son testament, dans l'église de Saint- Florentin de 4548, il ne faut pas chercher sa tombe dans l'édifice qu'on nomme aujourd'hui la chapelle de Saint-Florentin. Au xvi* siècle, V église de Saint-Florentin était celle du château. Primitivement dédiée à la sainte Vierge, elle avait été, au commencement du xi* siècle, mise sous le vocable de saint Florentin, dont le corps y avait été apporté parle comte d'Anjou, alors seigneur d' Amboise. Or, cette église a été démolie en 4802. Le sol sur lequel elle était bâtie est maintenant compris dans les jardins. Il y a quelques années, en pratiquant des tranchées pour poser des canons , on a trouvé des restes humains. Les archives d' Amboise n'ont pas de registre de sépultures de cette époque , et la tradition n'a conservé aucun souvenir qui puisse se rattacher à Léonard de Vinci. Il est probable qu'il faut renoncer à l'espérance de trouver la preuve authentique de sa mort et de sa sépulture à Amboise. c En admettant donc, dit M. Cartier, ce qui paraît presque certain, que Léonard de Vinci est mort à Amboise le 2 mai 4519, et qu'il a été enterré dans une église de cette ville, il faut renoncer à placer, près de sa tombe, un monument funéraire ; mais il ne serait pas moins convenable de fixer ce souvenir historique dans la seule église d' Amboise qui puisse le recevoir, celle de Saint- Denis, édifice du xii* au xnr siècle bien conservé et d'une décoration intérieure remarquable. »