EXCURSION A CHENONCEAUX ET A MONTRICHARD
17 kîl. d'Amboise à Chenonceaux. — 26 kil. d'Amboise à Moutriehard. V. page 171 le prix des voilures. — Avec une voilure parliculière on va d'Amboise à Chenonceaux en i heure 30 m, ou î heure 45 m.
Au sortir d'Amboise on monte d'abord la rue* de Bléré, rue étroite sur laquelle, le long de son extrémité supérieure, s'ouvrent de nombreuses caves creusées dans les rochers, puis une avenue de peupliers, de chaque côté de laquelle s'étendent des vignobles. Bientôt on aperçoit sur la droite la Pagode de Chanteloup, dernier débris du château de ce nom, construit par la princesse des Ursins, et démoli par le comte de Chaptal sous la Restauration. Lorsque, en 4770, Mme Dubarry se fut emparée du pouvoir avec le duc d'Aiguillon, le chancelier Maupeou et l'abbé Terray , le duc de Choiseul, qui s'était permis de mépriser cette prostituée qu'un caprice de Louis XV avait rendue toute-puissante , reçut l'ordre de quitter Paris. Il se retira dans sa terre de Ghanteloup. Cette disgrâce devint un triomphe pour le ministre exilé : c'était un pèlerinage de Paris à Chanteloup, si bien, dit le chevalier de Boufflers, que
Se fallut qu'on le rappelât Pour que Paris se repeuplât.
Afin de rappeler à la postérité des hommages si flatteurs, le duc de Choiseul fit construire la Pagode avec les débris du château de la Bourdaisière (4775-4778); une inscription, composée par l'abbé Barthélémy, contenait les noms des illustres visiteurs. • Aille à Chanteloup qui voudra, » disait Louis XV impatienté
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de cette manifestation de l'opinion publique qu'il n'avait pas le courage de punir.
LaPagode de Chanteloup se compose de sept étages. Elle a une hauteur totale de 39 mètres. On peut monter jusqu'à l'étage le plus élevé. La boule dorée qui en couronne le sommet est à \ 85 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Au delà de la Pagode de Chanteloup, on traverse la forêt d'Amboise, et, quand on sort de cette forêt, on descend dans la vallée du Cher, à la Croix de Bléré. Presque à l'entrée de ce village on quitte la route de Bléré et de Loches pour prendre à gauche celle qui remonte la rive droite du Cher. La vue est bornée, le paysage insignifiant; c'est seulement après avoir dépassé le village de Civray, qui possède un petit château, que l'on découvre sur la droite, au-dessus d'un massif d'arbres, le château de Chenonceaux, où conduit une avenue d'ormes et de platanes. — Il y a deux auberges à Chenonceaux , celle du Bon Laboureur et celle du Château.
Chenonceaux n'était qu'un castel féodal sans importance, appartenant à un gentilhomme auvergnat appelé Marques, lorsque, vers la fin du xv* siècle, en 4 496, Thomas Bohier, baron de Saint-Cyergue et général des finances de Normandie, l'acheta pour le faire rebâtir (on n'a jamais su par quel architecte) , ou plutôt pour en faire construire un autre à la place d'un moulin , dans le lit même du Cher sur la rive droite . Un versificateur de l'ancien temps décrivait ainsi ce nouveau château :
Basti si magnifiquement Il est debout comme un géant Dedans le lit de la rivière, C'est-à-dire dessus un pont Qui porte cent toises de long.
Ce pont ne fut pas toutefois construit par Bohier, qui mourut dans le Milanais en 1 524 sans avoir pu achever le corps de logis principal. Il avait fait graver dans les ornements de la tour et du château cette devise prophétique :
S'il vient à point, me souviendra.
Son fils aîné, héritier de Chenonceaux. se vit obligé de l'abandon-