‹ De Paris à BordeauxChapitre 84 sur 165 · TOURS. — EDIFICES CIVILS. Ï · texte numérisé non relu

TOURS. — EDIFICES CIVILS. Ï

struisit mie chapelle sur le tombeau qui renfermait la dépouille mortelle de son maître, jusqu'à celui où, vers la fin du xvnr siècle, elle fut ruinée de fond en comble par le temps et par les hommes. Rappelons seulement quelques souvenirs historiques. La châsse de saint Martin, le premier évêque de Tours (346-400), attira pendant des siècles des pèlerins de toutes les contrées du globe, et les plus grands rois de la monarchie française vinrent chacun à son tour incliner humblement leur front devant ces restes vénérés. C'est à Sfaint-Martin que Clovis remercie Dieu de la victoire de Voulon ; Pépin y demande la prolongation d'une vie dont le terme est marqué ; Charlemagne, avant d'aller se faire sacrer à Rouen , partage à Tours ses États entre ses enfants , et il fait enterrer à Saint-Martin sa femme Luitgarde, qu'il a eu le malheur de perdre pendant son séjour. Viennent ensuite Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion, Jean de Brienne qui occupa le trône de Jérusalem, et Louis XI qui, agenouillé au pied de l'autel, ne peut contenir la joie que lui cause la nouvelle de la mort de Charles le Téméraire.

Le chapitre collégial de Saint-Martin possédait d'immenses richesses , pillées en grande partie par les protestants en 4562. La perte du trésor fut évaluée à 4 200 000 livres, sans y comprendre les diamants et les pierres précieuses. Les restes mortels de saint Martin devinrent la proie des flammes. Quelques fragments, sauvés par un prêtre préposé à la garde du tombeau, sont actuellement conservés dans l'église métropolitaine.

Édifices civils et Maisons particulières.

Les édifices civils de Tours sont peu remarquables. Il doit presque suffire de les mentionner.

V hôtel de ini/e, qui fait pendant au musée, sur le quai, à droite de la rue Royale , quand on arrive par le pont, fut bâti de 4777 à 4786. Le bas-relief du premier étage représente la Loire et le Cher. Sur le fronton, à côté des armoiries de la ville, sont sculptées enhaui-refief deuxfigures allégoriques, le Commerceet l'Industrie.

La préfecture , située sur la place de ce nom , occupe l'emplacement de l'ancien couvent des Visitandines , fondé en 4 632 et détruit en 4798. La grille en fer, qui orne son entrée principale, provient du chœur de l'abbaye royale de Beaumont-lez-Tours.

L'archevêché ( place de ce nom , à côté de la cathédrale ) date des premières années du iv* siècle. Ce fut saint Lidoire qui le fonda sur l'ancien rempart gallo-romain. Saint Martin l'habita souvent , saint Grégoire de Tours y rédigeases ouvrages. Les bâtiments actuels furent construits, agrandis, modifiés aux xv*, xvir et xvm' siècles. On y entre, sur la place de l'Archevêché, par un portail à colonnes d'ordre ionique orné de deux statues ( la Religion et 3/oïse tenant les tables de la loi ) et précédant une vaste cour d'honneur. Ce portail a été construit avec les débris d'un arc de triomphe érigé Tan 1 688 en l'honneur de Louis XIV , sur la place de l'Hôtel-de- Ville, et démoli en 1774, lorsqu'on reconstruisit la rue Royale sur un nouveau plan.

Le siège épiscopal de Tours compte 4 26 évêques ou archevêques, depuis saint Gatien jusqu'à Mgr Morlot l'archevêque actuel (1856).

Le paiiis de jmtice, la gendarmerie et le pénitencier occupent, à l'angle de la rue Royale et du boulevard Bérenger, un terrain de 4650 mètres carrés. Construits par MM. Jacquemin en 4841," ils ont coûté 998 000 francs. Le palais de justice est un édflWft 1 dorique plus lourd qu'élégant, composé d'un péristyle qui»*! orné de huit colonnes, et de deux ailes en avant-corps. La salle des Pas-Perdus, qui s'ouvre sur le péristyle, a $9 mètres de longueur* 48 m ,60 de largeur et 46 mètres de hauteur. En face de la pri* d'entrée est la cour d'assises, à gauche, le tribunal civil, 4fjlà droite, la justice de paix. — La gendarmerie communique diwâfc tement avec le palais, et par un souterrain avec le pénitejQ ci*r( entrée par le boulevard Bérenger), qui, construit sons te forme d'un T, renferme 418 cellules dont 6 d'infirmerie; 78 pour les hommes, 22 pour les femmes et les enfants, et 42 dites de punitions.

Le palais du Commerce , situé rue Saint-François de Paule, con-r tient le tribunal de commerce, la salle du conseil de la chambre du commerce et la caisse d'épargne.

Au milieu de la caserne de cavalerie qui se trouve située sur le quai, un peu au-dessus du pont suspendu auquel aboutit la rue Saint-Maurice, s'élève une tour ronde, l'une des tours de l'ancien château de Tours. Cette tour, construite au xiiVou au

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xin - siècle, s'appelle la tour de Guise, parce qu'elle servit de prison au duc de Joinville, fils d'Henri de Guise le Balafré, qui y avait été enfermé après l'assassinat de son père à Blois. Le 15 août 1591 , il parvint à s'en échapper en descendant du second étage, à l'aide d'une corde, par une fenêtre aujourd'hui murée.

. Sur la place du Grand-Marché , s'élève une belle fontaine que Jacques de Beaune, seigneur de Semblançay, fit construire en 1 51 0 pour embellir le carroi de Beaune, placé devant son hôtel. On l'a

Le palais de justice.

attribuée pendant longtemps aux frères Lejuste ; mais les plans et les modèles furent faits par Michel Golumb, artiste de Tours, tailleur d'images du roy, et l'exécution en fut confiée à ses neveux, Bastien et Martin François, qui lui servirent de praticiens. Elle n'a été transportée sur la place du marché actuel qu'en 1820, par les soins de M. Viot, alors maire de Tours. Elle se compose d'une pyramide en beau marbre de Carrare , et d'une vasque en pierre noire de Volvic. La vasque est octogone {

elle mesure 0 m ,80 de hauteur sur un diamètre de 3",90. La pyramide a 5 m ,20 de hauteur. Outre les armoiries de Jacques de Beaune, elle porte celles de Louis XII, d'Anne de Bretagne et de la ville de Tours.

L'hôtel fconin (35, rue du Commerce) fut construit en 4440 par Jean Xaincoings , contrôleur général des finances sous Charles VII. Donné au comte de Dunois, bâtard d'Orléans, après la condamnation à mort et à la perte de ses biens qu'avait encourue gon fondateur (Charles VII lui fit grâce de la vie, et se contenta de

le dépouiller, car c'était, à ce qu'il paraît, dans ce but qu'il l'avait fait juger), cet hôtel a souvent changé de propriétaire. Depuis 4738 il appartient à la famille Gouin. Il a été récemment restauré par M. Meffre.

La maison de Trlstanl'HeraUte (rue des Trois- Pucelles, n° 47) n'a jamais été habitée par le célèbre prévôt de Louis XI dont elle porte le nom, car elle ne fut bâtie que vers la fin du xv siècle. Elle est en fort mauvais état. La tourelle qui s'élève dans la Hôtel de m. Gouin. CO ur a 24 mètres de hau-

teur. Au-dessus des fenêtres se lisent les inscriptions suivantes : Assez aurons et peu vivrons. Priez Dieu pur. Priez Dieu pur.

Les autres maisons anciennes qui méritent une mention particulière sont : rue des Trois-Pucelles, n° 4 0 , maison du xir siècle ; — Place Foire-le-Roi, n- 6, hôtel de Jehan Gallan , argentier de Louis XI ; — rue Saint-François de Paule, n° 4 , restes de l'ancien hôtel de Boucicaul ; — rue Notre-Dame la Riche, n° 24, maison en bois, sculptée ; — rue du Grand-Marché, maisons en bois; — place du Grand-Marché, n° 36, maison en pierre, dans le

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