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TOURS. — LES ÉGLISES

chapelles absidales ont été construites au xvr siècle. Ce fut dans cette église que, le 48 avril 4539, Henri III ouvrit le parlement qui fut convoqué à Tours pendant les troubles de la Ligue, et qui siégea dans l'abbaye de Saint-Julien. Cette abbaye, si riche et si puissante au xv* siècle, avait été déjà dévastée en 4 562 par les huguenots. Elle ne put jamais recouvrer sa splendeur passée, ni môme réparer ses ruines. Quand la Révolution la supprima, elle ne comptait plus qu'un* petit nombre de moines. Dans son enceinte fortifiée, qui lui donnait l'apparence d'une petite ville, s'élèvent aujourd'hui l'hôtel de ville, le musée et une grande partie des rues Royale, Colbert et du Commerce.

Notre-Dame la Riche, située dans la rue de ce nom, et appelée autrefois Notre-Dame la Pauvre y a été bâtie sur l'emplacement de l'ancien cimetière des chrétiens, pillée et détruite en partie par les protestants en 4562, et restaurée ou reconstruite de 4562 à 1570. L'extérieur est à demi ruiné. L'intérieur, très-incomplet, offre un singulier mélange de styles et de constructions du xii' au xvi* siècle; les architectes admirent ses voûtes. Les belles verrières des premières fenêtres du bas côto méridional — saint Martin et saint Sulpice-Sévère — datent du xvi e siècle; elles sont attribuées à Robert Vinaigrier.

A peu de distance de Notre-Dame la Riche s'ouvre une crypte dans laquelle on descend par une rampe très-douce, et qui passe pour le lieu de la sépulture de saint Gatien.

Saint-Clément (à l'extrémité de la rue Saint-Martin, près du grand marché) fut rebâtie au xv # siècle (style ogival tertiaire ou flamboyant). C'est aujourd'hui la halle au blé. Les amateurs ne devront pas manquer de visiter les sculptures de son portail septentrional, malheureusement mutilées. On remarque aussi celles des clefs de ses voûtes.

Saint-Symphorien (sur la rive droite de la Loire, dans le faubourg de ce nom, à l'extrémité du pont suspendu) a aussi un joli portail, de 4567, moins mutilé que celui de Saint-Clément. Cette église a beaucoup souffert en 4589, lorsqu'elle servit de forteresse aux troupes d'Henri III, qui tentèrent de s'y maintenir contre l'armée du duc de Mayenne. L'abside et le chœur datent du xii* siècle; la nef est, ainsi que le portail , de la Renaissance.

222 ITINÉRAIRE D'ORLEANS A TOUKS.

Les autres églises de Tours , sont : Saint -François de Paule, bâtie par les jésuites en 4 675 , et indigne d'une visite ; — Saint-Saturnin , bâtie en 4 473 ( maître autel moderne, par M. Guérin, dans le style du xr siècle, statues de M. Toussaint; verrierede MM. Thé-

venot et Lobin ) ; — Saint-Etienne , église provisoire ; — Saint - Pierre des Corps , dont le nom embarrasse les étymologistes qui n'ont pas encore pu se mettre d'accord.

Parmi les chapelles , une seule mérite une mention : c'est celle du petit séminaire, achevée en 4848 par M. Guérin (vitraux de

M. Lobin). Elle a 34 mètres 7 centimètres de long, 43 mètres 60 centimètres de large, 20 mètres 50 centimètres de haut ; la façade a 4 2 mètres de haut (les voûtes sous clef). Ce pastiche est , dit-on , fort remarquable.

La nomenclature des églises supprimées ou ruinées de Tours (on comptait autrefois dans la ville 54 églises paroissiales, collégiales, abbatiales, conventuelles ou hospitalières) n'intéresserait pas les touristes. Mais, bien • qu'elle n'existe plus au- La tour de charlemagne. jourd'hui , Saint - Martin

a droit à quelques lignes. Ce fut l'une des basiliques les plus célèbres de l'univers entier, et il en reste deux tours des JXT et xin* siècles : la tour Charlemagne ( la première en venant de la rue Royale) et la tour de l'Horloge, séparées par la rue Saint- Martin, qui s'étend à présent dans le sens de la longueur de l'église. A quoi bon raconter ici les nombreuses vicissitudes qu'eut à subir Saint-Martin depuis le jour où, dans les premières années du v siècle, saint Brice , disciple et successeur de saint Martin, con-

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