CHOISY-LE-ROL
ces étages de mort l'un après l'autre, - elle escalade les pentes enflammées de Jemmapes, et, debout enfin sur la montagne , éteinte et silencieuse , elle jette à l'Europe son cri de liberté. Et depuis, ces soldats, sûrs d'eux-mêmes, ont toujours marché en avant et à la victoire, aussi longtemps du moins que
1 l'hymne sacré vibrait à leurs oreilles
c Autrefois , à la fin du moyen âge , l'inspiration divine avait pris, pour repousser l'étranger, la figure d'une bergère inconnue de la Lorraine ; plus tard , elle a simplement revêtu la forme de la poésie. »
On a aperçu un instant la Seine , près de Choisy-le-Roi , mais elle disparaît bientôt pour ne se remontrer qu'aux environs d'Ablon. Après avoir laissé sur la droite le hameau de Griynon et le village d'Cr/y, toujours fier de la belle résistance qu'opposèrent, en \ 360 , deux cents de ses habitants à l'armée anglaise, puis içdui de Villeneuve-le-Roi, dont la station a été supprimée et dont jlechâteau (il n'en reste qu'un pavillon) fut bâti en < 697 par le mi- Instre Claude Le Pelletier, on remarque sur la rive opposée de la Seine, le joli bourg de Villeneuve-Saint-Georges, traversé par le chetaiû de fer de Lyon. Le vin de Villeneuve-le-Roi a joui au moyen $ge d'une renommée aussi grande que le vin de Suresne. Le roi parles VIII n'en buvait pas d'autre. C'est une gloire déchue. JÊpttre Orly et Villeneuve-le-Roi, on est sorti du département de la Seine pour entrer dans le département de Seine-et-Oise.
2 e STATION. — ABLON.
S kil. de Choisy-le-Roi. — 15 kil. de Paris.
Àblou n'est qu'un hameau de 305 habitants. 11 possède des caves renommées et de jolies maisons de campagne. L'édit de Nantes lui avait accordé un temple protestant, où Sully et ses coreligionnaires parisiens venaient assister au service divin. Des êboulements de terrain , qui eurent lieu près d'Ablon lors de la construction du chemin de fer, retardèrent de trois mois l'ouverture de la ligne de Gorbeil et nécessitèrent une dépense extraordinaire de plus de 800 000 francs. Il fallut abandonner une tranchée profonde de 8 mètres et longue déjà de plus de 400 mètres, dans laquelle ces êboulements s'étaient manifestés, et
détourner le tracé qui se trouve plus rapproché de la Seine et qui offre de frais et gracieux paysages au voyageur placé de ce côté.
V STATION. - ATHIS-HONS.
2 kil. d'Ablon. - i7 kil. de Paris.
Athla-Mons sont situés près de l'embouchure de l'Orge dans la Seine , sur une colline boisée qui est parsemée de jolies maisons de campagne. Leur population réunie s'élève à 774 habitants. Ils sont très-anciens; car, lorsque les Normands menacèrent Paris , on y transporta la châsse de sainte Geneviève pour l'y mettre en sûreté dans leur modeste église. Louis XI et Philippe le Bel ont habité Athis, le premier en 4230, le second en 4305. Le duc de Roquelaure, auquel on a prêté tant de bons mots et tant de mauvaises plaisanteries dont il n'était pas l'auteur, se retira à Athis. Mlle de Scudéri y composa un grand nombre de ses romans. Athis-Mons dépassés , on laisse à droite le château de Chaige, et bientôt on s'arrête à Juvisy.