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De Paris à Cayenne journal d'un transporté

Lorsqu'à mou retour de Cayenne au loyer de la famille, je confiais au papier les dou- ^ loureuses impressions de mon^ odyssée, ^ j'étais loiii de (penser Qu'elles rèrraîent siï tôt ie jour; je prévoyais moius encore ?. qu'aptès neuf années*, j'èn ^ÛûXétÊûà là.

i publication de Pélagie. - v '.

Assul'ément, il ue m'a pas été parfaitement agréable de recommencer là vie dè pribonnier, C2uc ia prison, c'est totyours la défaite, et je n'avais plus besoin d'apprendre ie mètiQjp.j|}<e^^;^^ 1 avoue . donc humblement, il lâ^i^. eaùte de. p^ser sous les verrous un temps «iuu.je pourrais si Lien employer pouriai^oÉÉifcèiaciuelle j'ai consacré ma vie^ 4 e sulû^iai^priisip^^^

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supporte la maladie, et, sans faire à mes

\ juges rhouneur de les maudire, je n'ai pas Tart de me draper à respagiiole dans les arrêts qui îae condamnent ; c'est boa pour les tard-venus de se faire de la prison un piédestal, de prendre Pélagie pour Taiitichambre du palais Bourbon. Nous autres de la vieille et sévère école du devoir, nous n'aimons pas à jouer au mart} r. ^

Est-ce à dire que je regrette la sécurité que me valurent les loisirs forcés qui m'accueillireni; en 1860? Pas le moins du monde.

Si la justice impériale m*a frappé de nouveau, c'est qu'il qu'avait été donné de reprendre la plume et de me remettre, après vingt années de silence, à combattre comme aux meilleurs temps de ma jeunesse, pour 1^ droit et la liberté.

L'homme est fait pour agir, pour lutter.

Mieux va.ut donc cent fois la défaite que rinactiott, la souflFrance même que le jplat bien-être d'une vie inutile.

D'ailleurs, je pouvais mesurer non sans quelque satisfaction le chemin que j'avaiç

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parcouru depuis ma rentrée dans lâ presse politiqmô. La création du Béveil ètfsAi été prf»sque un événement, à coup sûr un succès, et j'attrais îtiatLTaisd grtce i me plaimdre que ia polieè correctioimellc se soit chargée de son baptême.

Me plaindrai-jo davantage qu'aux trois

mois de prison que me rapporta le i)remier article de mon premier numéro, la sous* cription Baudin en ait ajouté six autres ? Je ne puis oublier que la France et que TEuropè avec ia France palpitent encore au souvenir de ce procès mémorable, où, sans que je Taie désiré ou clierclxé, une si grande place fut faite au Béveil qiie ma modestie seule a pu souttrir de la ^condamnation dont j'étais»

frappé par privilège.

On le voit, j'ai été payé au centuple du peu que j'ai fait, et, sans même pai'ler des

précieuses ^^ympathies qui me sont venues de toutes parts, je puis me dire que je n'ai pas tout à fait purdu ma peine, que le vent n'a pas emporté toutes mes paroles. Quoi

^u'il advienne, il restera cfueique ciiose 4q

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l'œuvre que j*ai inaugurée et qui compte aiqoiird*liui tant de Taillants ouvriers, et bientôt ce queltiue cliose, giaudi par les bonnes volontés et par les dévouements de la (iéiuocratie militante, deviendra puissance, puissance irrésistible.,*

PB vakis a CAYIQINB

L'ouvrage dont je livre aiijourd'hui la première partie oxb public a paru en feuil-

letou dans le Béveil^ et» si je me suis décidé à le donner en volume, ce n*est que pour

céder aux pressantes sollicitatious d'un grand nombre de mes amis politiques*

J'hésitai longtemps» car j'ai été si peu habitué au succds que, pleinement satisfait

d'un accueil qui dépassait mes espérances, je reculais devant une seconde et ])lus redoutable épreuve. Une l'ois réunis, ces morceaux qui, détachés et livrés par petites doses aux lecteurs du Réveil, avaient rencontré tant d'indulgence, n'iraient-ils pas se heurter contre des jugements moins favorables? J'ai cédé néanmoins. Etranger, et pour cause, à toute prétention littéraire, je n'avais à écouter ni craintes ni détiances d'amour-propre. Quel avait été inon but ? de raconter ce que j'ai vu aussi simplement qu'il iua été possible, de dire sans amertume, sans passion, mais non sans dédain, ce ijue j'ai ressenti dans ce long voyaxie

de plus de six années, qui commença à Mazas pour finir à la Guyane. Ce qui m*6St arrivé , des centaines et des milliers de républicains Tout Bouit'ert, et souvent dans des conditions mille fois plus pénibles ; ce n'est> en réalité, qu'un des mille épisodes dont Tensemble constitue Tépouvantable exode de décembre; à ce titre, j'en devais compte à l'histoire contemporàine*

Que ce récit aille donc s'ajouter aux tristes révélations qui se succèdent chaque jour, mais qux ne seront jamais que l'image affaiblie des odieuses persécutions dont les républicains ont été l'objet depuis vingt années ! Et dussent ces pages, toutes écrites avec ce que j'ai de. conscience comme homme et comme citoyen, ne gagner qu'une voix à la cause de la démocratie, je me croirai récompensé. *

J'aurais voulu publier â la fois les deux parties de cet ouvrage; le temps m'a manqué et aussi la liberté. Il est bien difficile, on le conçoit, de se procurer en prison les documents indispensables à l'écrivain, qui

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peut enfin sortir des questions personnelles et des souvenirs intimes.

Le lecteur voudra donc bien excuser un retard qui me pèse plus que je ne saurais le dire. J'attachais en effet une importance extrême à cette seconde partie, où je dois retracer le résumé fidèle de tout ce qui s'est passé à la Guyane avant mon arrivée aux lies du Salut, mettre en lumière des situatiens et des douleurs que je n'ai jamais entendu raconter sans frémir. Ce devait être pour moi l'acquit de la dette de solidarité que j'avais contractée envers mes infortunés compagnons, et ce sont de ces dettes qui ne se renvoient pas sans regret au iend^^main.

A bientôt donc la fin de cet opuscule.

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