‹ De Paris à la Manche et à l'OcéanChapitre 122 sur 246 · ST JE A · texte numérisé non relu

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voit, à l’entrée de la promenade dite Butle des Charbonniers, le monument des Enfants d’Eure-et-Loir morts pour la patrie, par Allouard. Si l’on va directement à lacathédrale, on prendra au fond de la place Châtelet la rue Sainte-Même et la rue du Cheval-Blanc à g. Si l’on va à la place des Epars, on suivra à dr. le boulevard Sainte-Foy. A g. s’ouvre la rue Collind’Harleville où sont la chapelle Sainte-Foy, xF-xvi«' s., et la préfecture.

La place des Epars est décorée de la statue de Marceau (1768-1796) par Préault. Entourée par les principaux hôtels et cafés, cette place est le centre du mouvement pour les étrangers.

En face de la statue de Marceau s’ouvre la rue Delacroi.x qui se bifurque aussitôt. On suit à g. la rue Nocl-Balla)" où l’on remarque, au n“ 8, la maison de Claude Hiivé, du xvR s. On débouche à l’extrémité de la place du Marché-au.x-Fleurs, contiguë à la place Marceau, ornée d’une pyra.mide en l’honneur du général. Puis par la rue du Soleil-d’Or et â g. la rue .des Changes, à l’angle extrême de laquelle la poste occupe une maison du xiin' s., on arrive au cloître Notre-Dame, en face du portail S. de la cathédrale.

La **cathédrale Notre-Dame, située sur le point le plus élevé de la ville, fut fondée au 111“* s. sur l’emplacement d’un sanctuaire oîi les Druides auraient honoré « la Vierge qui devait enfanter >>. Reconstruite plusieurs fois, elle n’était pas terminée lorsque la foudre la détruisit en 1 194, ne laissant subsister (pie les cryptes et la façade avec ses 2 clochers. Les travaux recommencèrent aussitôt et la consécration eut lieu en 1260. D’autres travaux d'adjonctions et de remaniements furent exécutés pendant les xiv<^, xv-’ et xvp- s.

La longueur- totale (dans (uuvre) de Notre-Dame est de 140 m. 86 ; les grandes voûtes ont 36 m. 33 de haut et la nef centrale 16 m. 40 d’a.xc en a.xe des piliers ; c’est la nef la plus large de toutes les églises de h'rance. L’église a la forme d’une croix : la nef, le transcjit et le clnciir .sont entourés de bascôtés et un double déambulatoire contourne l’abside oii il lonne accès à des chapelles.

La *facade principale présente une partie centrale et deux :ours. La partie centrale se compose d’un triple portail, lit portail royal, du milieu du xiP s., orné de 119 .statues ou ùatuettes dont l’ensemble représente la vie du Christ, et siirnonté de trois fenêtres. Au-dessus des trois fenêtres, une nagnifiqiie rose du xiii<^ s. est surmontée d’une galerie abritant 6 statues des rois de Jiida. Une Vierge ôlère entre deux Vnges occupe le centre du gable, et au sommet se dresse une tatuette du Christ bé-nissant.

Les deu.x tours sont du milieu du xiD s., celle de g. jusqu’à a naissance du comble de la nef, celle de dr. tout entière, lette dernière, dite le *clocher vieux (1140-1165 env.), l’em-

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porte sur l'autre par sa pureté de ligues bien que moins élevée (105 m. 66) ; la majesté et riiarmonie de ses proportions, son inébranlable solidité, l’ampleur de ses détails et l’art avec lequel sa flèche octogonale, la plus grande qui existe, se marie avec la tour carrée qui la supporte, en fontuiie mer\^eille architecturale. Le *clocher neuf (115 m.), dont toutes les parties supérieures furent refaites de 1507 à 1513 par Jean Texier, dit Jean de Beauce, est une merveille d’élégance et de légèreté (pour y monter, s’adresser au concierge de la maison des Clercs, à dr. de la cathédrale, 50 c.).

Les *portails latéraux, en grande partie du xiii® s., étonnent par la grandeur de leurs proportions, par le luxe, la variété et la perfection de leurs sculptures. Le porche de la façade du Nord compte, à lui seul, plus de 700 statues ; celui de la façade du Sud est consacré au Jugement dernier et au trumeau de la porte principale est adossée une remarquable statue du Christ bénissant. Au-dessus de chaque porche est une grande rose, surmontée ou accompagnée de statues. Chaque façade latérale est flanquée de deux tours inachevées ; à la naissance de l’abside se dressent deux autres tours également inachevées.

Les murs latéraux de la nef et du chœur participent de l’originalité générale de la cathédrale. Les hautes fenêtres, d’un dessin particulier, ont chacune une belle rosace ; elles sont séparées par dés arcs-boutants uniques dans leur genre : ce sont deux énormes quarts de cercle superposés et reliés par des arcatures à jour, dont les colonnettes tendent vers le centre commun.

L’intérieur offre moins d’originalité que l’extérieur, mais on y retrouve la même majesté de proportions unie ici à une extrême sobriété de sculpture. Sa principale richesse est l’ensemble de *vitraux du xiii® s., le plus remarquable et le plus complet qui existe avec ceux de Bourges. Les verrières qui remplissent les trois fenêtres de la façade sont les plus anciennes (fin du XII® s.). Le chœur est entouré d’une ^clôture en pierre, commencée vers 1514, sur les dessins de Jean Texier, et terminée seulement sous Louis XIV. Quarante groupes, composés de 200 statues aussi grandes que nature, surmontés de dais et encadrés de rinceaux et d’arabesques, représentent la vie du Christ et de la Vierge. Au-dessus de l’autel est une Assomption en marbre, -p&TBridan (xviii® s.), qui est aussi l’auteur de six bas-rehefs placés autour du sanctuaire. A g. du chœur est la Vierge du Pilier, vénérée par de nombreux pèlerins. Le dallage, de la nef présente dans sa partie moyenne un labyrinthe de’ 294 m. de développement. Le buffet d’orgues date du xvi® s. — Le trésor possède le voile de la Vierge, donné par Charles le Chauve (s’adresser au chapelain, près de la Vierge du Piher). — De l’abside, un escalier et un couloir conduisent à la ■chapelle Saint-Piat (1349), corps de bâtiment distinct de l’église, au-dessous duquel s’étend l’ancienne salle capitulaire.

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La crypte (ouverte de 5 ou 6 h. à 9 h. du matin ; plus tard, s’adresser au I concierge de la maison des Clercs, à l’extrémité S. -K. du cloître Notre-Dame, 25 c.)» du xi« s., est la plus vaste de France (no m. de longueur totale, 220 m. de circuit, sur une largeur moyenne de 5 à 6 m.). Un escalier conduit dans la galerie du S. A g., bas-relief gallo-romain. Dans la chapelle Saint-Martin débris du jubé de la cathédrale (xiii® s.) et cénotaphe de l’évêque St Calétric (557). Dans la chapelle Sa nt-Clément et Saint-Denis, restes d’une fresque.

I Près de la chapelle Saint-Nicolas, piscine surmontée d’une fresque du xiii® s. ; I plus loin, fonts baptismaux du xii® s. En revenant sur scs pas jusqu’à la porte

Ipar laquelle on est entré, on trouve à dr. sept chapelles (restes de peintures du xm® s.). En face de la chapelle de Ste Véronique, entrée du martyrium. Dans la galerie du N., la chapelle de Notre-Dame-sous-Terre occupe, dit-on, remplacement de la grotte des Druides : Vierge vénérée, moderne ; fresques de 1644 ; décoration de Paul Durand, de Chartres. A dr., chapelle des Saints- Forts, avec triptyque du xiii® s.

En face du portail royal, au n° ii du Cloître-Notre-Dame une maison a conservé 6 fenêtres ogivales du xiii® s. — Près du portail N. on voit l’ancien évêché, du xvii® s.

Revenant sur ses pas par la rue des Changes, on prend à g. la rue de la Poissonnerie où se voit, au n“ lo, la curieuse maison du Saumon, en bois, du xv® s., A quelques pas à g. se trouve le tertre du Petit-Cerf d’où un double escalier descend à la rue Saint-Eman ; au n® 35 dans la cour, escalier de la Reine-Berthe, du xvi® s., dans une tourelle. La rue Saint-Eman est suivie de la rue du Bourg qui descend vers la pittoresque ■ *porte Guillaume, formée de 2 tours accouplées, couronnées de j créneaux et de mâchicoulis ; beau spécimen de l’architecture ! militaire du xiv® s., c’est la seule des 7 portes de l’ancienne I «enceinte qui soit restée debout.

On suit à dr. le boulevard jusqu’à la place Morard, on j traverse l’Eure, on continue par la rue Porte-Morard (n° 20,

I vieille maison), puis, après avoir franchi un second bras de l’Eure (vue charmante), on arrive à l’*église Saint-Pierre, commencée vers 1150 et achevée vers 1225. Elle possède un triforium remarquable et une admirable série de *viiraux, en majeure partie de la fin du xiii® et du xiv® s. Sur les murs de la chapelle absidale sont appliqués de magnifiques *émaux de la Renaissance, exécutés de 1545 à 1547 par Léonard Limosin et provenant de la chapelle du château d’Anet qui appartint à Diane de Poitiers : ils ont 41 cm. de haut, 27 de ' large et figurent les douze apôtres avec leurs emblèmes.

Sortant de l’église, on prend la rue Saint-Pierre où se trouve, au n° 16, le musée archéologique, visible 1. 1. j. de 13 à 16 h., 1 fr. : intéressant pour les archéologues et les artistes, il renferme quelques tableaux, de nombreuses sculptures, des moulages, des antiquités romaines et du moyen âge recueillies dans la région et une riche collectiqn préhistorique, surtout locale.

A l’extrémité de la rue Saint-Pierre, la rue de la Porte- Cendreuse mène à la rue des Grenets (n® 12, maison du XV® s.) qu’on suit à g. Avant d’arriver à la place de l’Etape-

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au-\'in (n° 5, maison du xvi® s.) on trouve l'église Saivt- Aigiiaii, édifice dos xyit^-xv!!® s., décoré de peintures polychromets, et couvert en charpente.

La rue de la Poêle-Percée, à dr., amène à l’hôtel de ville, ancien hôtel Montescot, bâti en 1614 : la salle des mariages contient 3 tapisseries de Beauvais (xviiio s.) et la salle du conseil, 4 tapisseries des Flandres. Le musée, installé au étage, est public les jeudi et dim. de midi à 16 h., et t. 1. j. pour les étrangers de 13 à 16 h.

Grande salle : — Alberthielli, triptyque (école florentine) ; Inconnu, Siège de Chartres par Henri IV ; R. Nanteuil, portrait ; /. Vernet, Marine ; Zurbaran, Ste Lucie ; Le Cortège, Danaë ; Fr. Boucher, tête de jeune fille ; J.~B. Franck (école de), Noces de Cana, Multiplication des pains ; *Ph. de Chainpaigne, Tu^cnne ; P. Mignard, portrait ; Hubert Robert, Aqueducs de Maintenon ; Zurbaran, St François d’ Assise ; *Fr. Bouchot, Funérailles de Marceau (œuvre capitale du maître, 4 m. 90 d • haut sur 6 m. 70 de large) ; ^Puvia de Chavannes, Eté ; Claude Lorrain, Fuite en Egypte ; Lesueur, l’Archange Raphaël; Drouais, Philoctète dans l’île de Lemnos ; Largillièrc, portrait de Gobinet. — Sur les portants : Greuze (et non Callet), portrait d’enfant ; Chardin, Van Goyen, Fragonard, paysages ; P. Mignard, Molière ; H. Rigaud,

La Quintinie et sa femme; Troyon, paysage; Watieau, Fête dans un parc; Trayon, moutons; Bouchot, Bfutus condamnant ses fils à mort; Hubert Robert, ruines romaines ; Van Goyçn, Dordrecht.

On entre à g. dans une galerie divisée en 3 petites salles. Galerie de g. : dans la i*"® salle, quelques tableaux ; dans la 2®, gouaches et dessins âe l’école de Boucher, bronzes et statuettes (de cette salle un escalier monte à deux salles d’histoire naturelle) ; dans la 3®, collection Mangin d’ivoires, statuettes orientales, armure persane, *défenses d’éléphants ajourées. — On revient à la ' grande salle pour entrer dans la galerie de dr. : ir®^al le, 2 dessins de Natoirc et de Mnie Vigée-Lebrun, une *statue de St Paul, de Jehan Le Marchand (un escalier monte à une salle d’antiquités préhistoriques et gallo-romaines^ ' avec armes anciennes et modernes) ; 2® salle, *tapisseries flamandes du xvi® s., armes anciennes, souvenirs de Marceau dans la vitrine du milieu. Dans la 30 salle à la suite, belle '^’coupe de Venise, dite verre de Charlemagne, armure de Philippe le Bel et pourpoint de son fils le dauphin Charles, bas-reliefs, statuettes et curiosités, *triptyque en broderie du xiv® s.

Au fond de la galerie un escalier descend au rez-de-chaussée, où sont 2 petites salles de peinture. Dans la salle de g. : quelques tableaux et bustes de Chartrains célèbres ; dans celle de dr., meubles et bronzes. Au-dessous,

2 autres petites salles sont consacrées l’une à des moulages de sculpture de la cathédrale, l’autre à la céramique.

La bibliothèque contient 127,000 vol. et 1,500 manuscrits.

En sortant, la rue de la Mairie ramène à dr. à la rue Saint- Michel qui laisse à g. le vaste lycée Marceau et une tour, pas- . | tiche moderne du moyen âge, servant de réservoir. On débou- i che sur le Tour-de-Ville, à la place Saint-Michel, où un monu- . , ment a été érigé à Pasteur, par P. Richcr. A g. dans un square, monument de Noël Baîîay, explorateur (1847-1902), par ! Allouard.

Sur la place Pasteur, la -rue Saint-Brice conduit en 10 min. à la chapelle Saint-M artin-au-Val , curieux édifice du xii® s. conservant encore des restes d’une basilique antérieure au x® s. ; la crypte très curieuse a des chapiteaux gallo-romains et des sarcophages.

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