Higimm d'jiUmn^ par Tabbé GanUiier (unt date
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^amp de foire, de 20 000 mètres de superficie, ombragé
sur ses trois côtés d'avenues de marronniers. Un beau chemin macadamisé, oh 8*éLèvent déjà de superbes maisons , vous conduit en ligne légèrement oblique au chef-lieu du département de TOrne.
▲Icnçon est situé sur Textréme limite de son départe m«it, dans une plaine vaste et fertile , entourée de forêts.
La préreelnro d'Alençon.
au confluent de la Sarthe et de la Briante, qui , avant de se réunir, Tenveloppent presque tout entier dans leurs contours. La ville est flanquée de cinq faubourgs qui s'étagent sur les diverses routes qui la traversent, ou sont séparés d'elle par Tune ou l'autre de ces deux rivières. Ses rues principales, ses rues les plus nouvellement percées, sont généralement larges et bien bâties. Les anciens quartiers, plus irrégulièrement percés, n'offrent point, pour ainsi dire, de ces ruelles tortueuses, aux maisons déchois surplombant les unes sur les autres , si fréquentes dans les villes de
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Normandie : Tensemble général en est triste, froid et silencieux.
Nous entrons dans la ville par le fanboorg de Saint-Biaise,
qui lui e^îl incorporé aujourd'hui. La rue de ce nom, large el biea bàlie, e^ peut-être la plus animée de loutes; elle sert de tète anx roules de Bretagne» du Maine, de Paris et de Rouen ; elle est le centre des voyageurs, qui y trouvent leurs hôtels et de nombreux catés. Le premier monument que nous y rencontrons , à droite, est l*hôtel de la préfecture , Taocienne Intendance, triste bâtiment en briques, construit au xvit* siècle par Froment de La Renaudière, augmenté el habité par Mme de Guise, lorsqu'elle venait résider dans sa ville ducale. Au sommet des deux piliers de la grille s'éploient deux ailles durées : ce sont les armoiries du nouvel empire, qui rappellent celles de la ville portant tïCLZur à l'aigle à deux iéles éployée <f or.
La rue Saint*Blaise finit au carrefour où commencent, à gauche, la rue de Casault, et à droite celle du Cours. Ces deux rues sont modernes et suivent la ligne des anciens rem* parts, dont les débris, flanqués de bastions semi*circulaires, se cachent derrière les murs de la rue du Cours, qui, bordée de larges trottoirs, conduit k la grande place sur laquelle s'élève la Halle aux toiles.
Au point d'intersection de ces rues, reliant entre eux les anciens remparts, s^élevait autrefois la porte de Séez, derrière laquelle s'ouvrait , comme elle s'ouvre encore aujourd'hui, la Grande^Ruêt la rue principale du vieil Âlençon. Elle est toujours la grande rue marchande, Tarière principale de la ville moderne , à laquelle viennent aboutir latéralement d'autres rues qui se bifurquent et se ramifient dans les différents quartiers. Laissons à droite la rue du Jeudis conduisant à la place du Palais^ sur laquelle se tient un marché le jour de la semaine auquel cette rue a emprunté son nom. Nous anivous à la rue du Bercail , qui devrait
bien s'élargir un peu pour nous laisser contempler à Taise le délicieux portail de Téglise iSotre-Dame.
Cette église n'est p{us, hélas! que la moitié d'un monu<> ment. En 1774, le feu du ciel déirora son chœur et sa flèche 'élancée, qui élevait à 145 pieds de hauteur son gracieux profil. Par surcroît de malheur» on les remplaça par le chœur actuel, auquel on imposa cet affreux clocher, du style le plus lourd et le plus mesquin qu'on puisse imaginer. Il n*y a donc plus que la nef et le portail qui doivent attirer . Yotre attention.
Mais comment vous décrire cet élégant portail, ses trois grandes entrées en ogive, que précède une façade aussi légère que hardie? ces clochetons octogones, hérissés d'aiguilles à crochets s'élevant au-dessus des massifs de la nef, et dont la structure délicate s'harmonise si bien avec les aiguilles des contre-forts et les balustrades du comble î Gomment TOUS dire cette grande entrée du milieu, accompagnée de deux autres plus petites, obli([uant à droite et à gauche, précédées d'un porche non moins élégant, surmonté comme elles de pinacles aigus, d'arcades légères, d'aiguilles hérissées de feuilles et de fleurs, de fines découpures et de dentelles de pierre, à travers lesquelles se joue si merveilleusement la lumière du ciel? Nous laissons ce soin à l'habilè crayon de M. Thérond , notre plus puissant auxiliaire.
Sur la grande arcade du milieu s'élèvent six statues de moyenne grandeur , disposées sur deux lignes et repréeentant la Transfiguration. « L*une de ces statues, celle de saint Jean, dit M. de La Sicotière, tourne assez irrévérencieusement le dos au spectateur. Une vieille tradition populaire veut que, lors du pillage de cette église par les protes-*
tants, en 1.jG2, la statue se soit ainsi retournée tout à coup, au moment oti ils portaient sur elle une main sacrilège. Elle ajoute que » frappés de crainte à cét aspect , ils n'osèrent
pousser plus loin leur dévastation. La statue a toujours, et
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de toute nécessité, tourné le dos à la rue, et même il est probable qu'elle n'était pas encore placée en 1562. m
L'inlérieur de l'église Nolre-Darae d'Alcnçon.
A rintérieur, la nef a 31 mètres de longueur, 9 de
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largeur el i9 de hauteur. Les eollatéraux ont 4%80 de
largeur, sur une hauteur de T^jOS. Leurs piliers massifs, en pentagone irréguUer, supportent des arcades trop basses, peu en harmonie avec Félégance de la partie principale de rédiCce.DanslecoUaiéral de droite, on lit la date de 1477, qui donne à peu près celle de tout le monument, dont l'architecture paraît appartenir à la seconde moitié du xy* siècle. De chaque côté de la nef, cinq grandes arcades ogivales, appuyées sur sept piliers, supportent une galerie fort étroite, composée de six arcades trilobées, à Tangle extérieur desquelles s'épanouissent de gros bouquets de feuillage déchiqueté. Au-dessous de ces arcades règne une balustrade dont les compartiments sont découpés en quatre feuilles à pointes aiguës* A Tétage supérieur s'ouvrent également de chaque côté cinq grandes fenêtres ogivales, dans le style flamboyant, encore garnies de magnifiques verrières, k travers lesquelles pénètre un jour mystérieux, inondant de seb reHelâ chaloyantâ lamagi(^ue oruementatioo de la voûte*
Cette voûte est d*une extrême légèreté ; son épaisseur ne
dépasse pas 1 2 ou 4 3 centimètres. Elle offre une grande complication d'arceaux prismatiques s'ëiançant du haut de chacun des sept piliers , se croisant et se recroisant dans tous les sens , de manière à former un vaste réseau , un inextricable filet, entre les mailles duquel, au milieu des ornements délicatement variés, rampent, grimpent et courent une multitude d*animaux fantastiques, que le sculpteur a prodigués au gré de son capricieux ciseau.
Les Vitraux des dix grandes fenêtres de la nef datent tous de la première moitié du xvP siècle. Ils représentent
d'abord Tarbre de Jessé , puis des scènes de rAncien et du Nouveau Testament, depuis la création du premier homme jusqu'aux miracles du Sauveur* L'église possède un assez joli buffet d'orgues et un bel
ftutel k la romaine. Od y remarque aartout la chaire h prêcher, qui porte la date de 1536, et à laquelle on arrive par un escalier pratiqué dans le pilier contre lequel elle est adossée. Si Ton en croit la tradition, elle fut faite par un coridamiié à mort qui obtint sa grâce pour prix de ce travail. Au milieu de divers ornements de la Renaissance, de masca* rons, de guirlandes et de sentences sacrées, se dressent les figures des quatre Évangëlistes, appliquées sur ses différentes laces. Après la cathédrale de Séez, que nous irons bientôt visiter, Notre-Dame d'Alençon est, sans contredit, le plus remarquable édifice religieux du département de rOrne.
£n quittant Péglise, faites quelques pas dans la rue du Bercail^ vous trouverez, à droite, au fond d'une, petite cour précédée d'une grille, un petit hôtel à l'angle duquel s'élève une tourelle à toit conique. C'est là que siège le Tribunal de commerce , dans une salle revêtue de fort belles boiseries du temps de Louis XIII.
Reprenez la Grande-Rue, suivez-la jusqu'à la rue aux CieuXf qu'on nommait autrefois la rue a^^x Sieurs t parce que les échevins y demeuraient. Cette rue vous conduira h la Halle aux blés, vaste rotonde, lourde et massive, dans laquelle on a plus sacniié k la commodité qu'à l'élégance» A FuQ des angles de la place, est un jardin où l'on entend murmurer les eaux de la Briante, et dont l'épais ombrage cache la maison où mourut Tévêque de Narbonne, le frère du malheureux Fouquet, surintendant des finances de Louis XIV. La rae des FilleS'Notre^Ikme vous conduira de là à la grande place Bonaparte , qui fut ensuite la place Bourbon t à laquelle nos révolutions successives ont fait donner le nom neutre de place Armes. Vous êtes en face du plus beau quartier d'Alençon. C'est la rue de Bretagne^ bordée d'élégantes maisons et coupée à angle droit par des rues régulièrement percées. Vous trouves sur cette place
VMtei éê vUlêf assez bel édifice, constniit en 17S3 ; le
palais de justice, avec son fronton triangulaire, support^sur quatre colonnes, construit dans le courant de ce siècle; enfin , le vieux château des comtes et dés ducs d' Alençon ,
dont la plus grande et la plus ancienne partie fut démolie en i78i : ce qui en reste eacore sert actueilemenl de prison. €*est une magnifique taur du xiv* siècle , qu*on appelle la Tour eovronnée^ dont la base imposante s'ëiève à 20 mètres environ de hauteur, jusqu'à une galerie d'immenses créneaux à mâchicoulis, du centre de laquelle part une autre tour moins large que termine vu toit conique ; puis un grand pavillon, précédé d'une porte flan(|uée de deux énormes tours également couronnées de créneaux, spécimen très-bien conservé de Tarcbitecture militaire du zv* siècle. Cette porte, dont la Briante remplit les profonds fossés, fut, en effet, commencée par le duc Jean II, et était à peine «cfaevée à la fin du xv* siècle.
Une sombre l<?gende , conservée par une complainte dont il existe plusieurs variantes, se rattache à la Tour couronnée. Elle servait, dit-on, de demeure aux gouverneurs du château. L*un de ses plus anciens châtelains , au retour d'une absence prolongée, trouva un chevalier qui se vanta d'avoir triomphé de la fidélité de sa jeune épouse, et lui montra, pour preuve der son succès , l'anneau nuptial et les bijoux que la femme coupable avait reçus de son mari comme premiers gages d'amour. Le châtelain irrité monta à la chambre conjugale , saisit par les pieds l'enfant que la châtelaine venait de mettre au jour et lui fracassa la téte contre la muraille. "Quant à la mère, il la fit attacher à la queue d'un cheval fougueux, qu'on lança au galop à travers la campagne. La malheureuse fut ainsi emportée^ laissant un lambeau de sa rhair à chacun des buissons, à chacun des cailloux. Quand le coursier .s'arrêta haletant et épuisé , Marie Anson respirait encore. Le châtelain, revêtu de l'habit
d'un prêtre, s'approcha d'elle pour recueillir sa confession, pour obtenir un aveu qui pût justifiçr cette horrible vengeance. Marie Anson put lui montrer son anneau nuptial et les bijoux qu'elle tenait de lui ; le fëlon chevalier les avait fait habilement contrefaire et s'en était servi pour accuser une femme trop vertueuse au ' gré de ses désirs criminels.
L'épouse pardonna sa mort à son mari , mais non celle de son enfant , qui n'avait pas reçu le baptême.
Le palais de justice cl le cbâleau des ducsd'Alençon.
Depuis ce temps le spectre de Marie Anson , vêtu d'un blanc suaire, tenant entre ses bras un enfant tout sanglant, revient chaque nuit dans la tour, pousse un cri lamentable et disparaît.
Derrière l'hôtel de ville est une rue qui traverse la Briante et conduit h une grande promenade publique. A la suite de la Grande-Rue est celle de Saint-Léonard^
dans laquelle se trouve TégUsedu même nom, grand édifice de la fin du xv* siècle » d*une arehitectora triste et froide ,
sans aucun de ces brillants ornements qui surabondent dans Téglise Notre-Dame.
Dans la vieille ville , nous devons encore signaler le Lycée impérial et la Bibliothèque publique , riche de i% 000 volumes , qui occupe Fétage supérieur de la chapelle . de cet établissement.
Le plus considérable des faubourgs d'Alençon est celui ; de Montsort, Il en est séparé par la Sarthe, que l'on traverse sur deux ponts auxquels aboutissent deux rues, partant toutes deux de la Grande-Rue. La première traverse le Pont-Neuf^ la place des Poulies, et va rejoindre la route du Mans ; la seconde, qui se prolonge jusque devant la porte du château, traverse un pont beaucoup plus ancien, nommé le pont de Sarlhe. N'importe où nnus la rencontrions, cette rivière est toujours belle. Âu pont de Sarthe, elle reparaît accompagnée de ses fidèles peupliers ; elle s'élargît , fait tourner des moulins et égayé tout le quartier du doux murmure de ses eaux écumantes.
Montsort appartenait jadis au diocèse du Mans et à une .juridiction qui n'était point celle de la ville dont il était si proche voisin. Pour éviter les inconvénients d*un tel état de choses, on Ta réuni administrativement à Alençon et incorporé comme lui au département de TOme et au diocèse de Séez.
Pendant le xiv siècle, Âlençou ayant eu beaucoup k souffrir des ravages des Grandes etmpagtUeê , on fut obligé de raser ses faubourgs, le prieuré de Saint-Yves et rHfttel- Dieu de Munsort, afin d'empêcher l'ennemi de s'y lorlifier. " là église Saini-Pierre de Monsort, quoique de fort ancienne fondation , n*offre rien de remarquable. Tout récemment , M. de La Sicotière a remarqué, dans le plein de ses murs kiéraux, des pierres disposées en arêtes de poisson (opiu
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sp(eaium)j radiées irrécusables d*uiie construction qui ne
peut être postérieure au commencement du xr siècle.
ALençon, actuellement chef-lieu du département de TOrne, était avant la Révolution le siège d*une intendance , d'un
gouvernement général, d'un bailliage, d'une prévôté et d'une généralité.
Nous reléguerons k Findex qui suit ce volume quelques détails sur l'administration et sur le commerce de cette
viHe ; mais nous devons ici à nos lectrices quelques détails sur ce célèbre point d'Alençm^ cette vaporeuse dentelle qui les pare si bien, tout en ruinant leurs maris, en enrichissant les lingères qui la vendent et en nourrissant à peine les mains industrieuses qui la fabriquent. Nous les emprunterons à Odolant Desnos, Tun des historiens du pays.
«... Primitivement cette dentelle se fabriquait à Venise ; mais Colbert, voulant enlever cette industrie à l'étranger, dont le luxe français se trouvait tributaire pour cet objet , fit venir de cette ville une dame nommée Gilbert , native d'Alençon et habile à fabriquer cette dentelle ; il lui fit une avance de 150 000 francs. Dès lors cette dame forma des cuvrières, monta la manufacture de Points de France à Alençon, la fit constituer par lettres patentes du 5 aoûti67t>, et obtint un privilège exclusif jusqu'en 1685.
a Malgré ces mesures, Louis XIY, pour assurer une garantie de durée et de propriété à cette fabrique , prohiba en outre rentrée des dentelles de Venise , de Gènes, de Flandre et d'Angleterre, par une ordonnance de 1684. Depuis cette époque jusqu'en 1812, la fabrication du point d'Alençon ne fit que prospérer, et la plupart des familles riches de cette ville doivent leur fortune à cette industrie. La fabrication du point d'Alençon est fort longue; elle employait autrefois environ 2000 ouvrières, qui gagnaient jusqu'à 2 francs par jour. Ces ouvrières se servaient de fils qui valaient de 100 à 1800 francs la livre, qu*on tirait de Flandre, et leurs
produits étaient dirigés sur Paris ou exportés dans toote
rAliemagne. Maintenant , cette industrie , qui 8*ëtendait jusqu'aux environs d'Argentan, est totalement tombée. »
Alençon vit naître le Girondin Velazé, auteur d'un traité estimé sur les lois pénales ; proscrit le 31 mai , il refusa de s'évader; condamné à mort, il se perça le cœur avec un poignard qu'il tenait caché, et tomba ainsi devant ses juges. Il fut aussi la patrie du naturaliste La Biliardière ; du folii-^ culaire Hébert, rédacteur du sirjistre journal intitulé le PèrA Duckesne; des lieutenants généraux J)jnnet et Ernouf ; du 1 célèbre Des Genettes, médecin en chef de l'armée française; \ de J. Odolant Desnos, écrivain fécond, auteur de Mémoires hisiorigues sur Alençon , etc. Dans cet Itinéraire , qui doit son seul mérite aux jolies vignettes dont il est illustré, nous ne pouvons oublier de mettre au nombre des hommes cë* lèbres d' Alençon celui qui fut le doyen de la gravure sur bois française, qu'il avait retrouvée ou plutôt conservée et perfectionnée dans ce pays. Pierre-François Godard naquit à Alençon le :21 janvier 17G8, et mourut à Saint-Denis-sur- Sarlhe, le juillet 1838. Chez cet éminent artiste, le talent était rehaussé par la modestie la plus vraie. Malgré ses nombreuses occupations industrielles , il a trouvé le tennips de graver une prodigieuse quantité de sujets de tous genres, dont le nombre ne s'élève pas à moins de huit mille , tous dessinés et presque tous composés par lui.
Il a laissé un iils qui est déjà l'une des gloires de la gravure française, et dont le burin savant, la manière large et sévère, promettent encore beaucoup de chefs-d'œuvre.
« Les environs d' Alençon fournissent en abondance ce beau granit qui, sous le nom de granit d'Alençon, s'exporte jusqu'à Paris et au delà* La teinte en est grise, et non bleuâtre ou rou^eâtie, comme sur certains autres points de la Normandie. Le feldspath y domine, blanc, un peu grenu ou laminaire ; le quartz s'y rencontra en grains assez gro$
et de couleur grise ; le mica , peu abondant , est noir ou gris. Ce sont les parcelles de mica, mêlées au sable, qui brillent au soleil d*un assez vif éclat, et dans lesquelles le vulgaire croit voir la poussière des fameux diamants d'Alençon. Ces prétendus diamants ne sont autre chose que des cristaux de quartz enfumés, que Ton rencontre en géodes dans de petites cavités ou fissures de granit, aux environs d'Alençon, et particulièrement dans les carncres du Punt-Percé. Ils sont d'une belle eau, transparents, d'un brun plus ou moins foncé , et se taillent parfaitement ; on en a trouvé , autrefois surtout, d'une grosseur remarquable. Ils forment plutôt un objet de curiosité que de commerce.
« On trouve parfois, dans le même granit, des aiguilles réunies en forme de rose, de la variété d*émeraude , jaunfttre, connues sous le nom de béryl. On n'en tire aucun parti.
« Le kaolin , qui provient de la décomposition du feldspath, se trouve également aux environs d'Alençon , notamment à Wontpertuîs et à Ghevigny. C'est une pâte blanchâtre, onctueuse au toucher, malheureusement salie par la présence de certains corps étrangers, et qu'au lieu d'employer à la fabrication de la porcelaine, comme on le fait en Chine et sur les autres points de la France où elle se rencontre , on mêle à Targile , dans les ateliers du voisinage , pour fabriquer des poteries ou des faïences grossières.
« Les environs d'Alençon sont d'une grande richesse au point de vue géologique, et présentent, dans une étroite étendue, la réunion des terrains les plus variés. » (£. de La Sicoiière.)