STATION.— CHALON-SUR-SAONE
10 kil. de Fontaines. — 68 kil. de Dijon. — 383 kil. de Paris. — 58 kil. deM&con.
— 130 kil. de Lyon.
On trouve à la station de Châlon-sur-Saône des voitures de correspondance conduisant à : — Autun par Saint-Léger (51 kil. pour 5 fr. , 4 fr. 50 c. et 4 fr.) ; — Lons-le-Saunier par Saint-Germain-du-Bois et Bletterans (61 kil. en 4 h. 30 m., pour 8 francs).
Chàlon-aur-Saône (hôtels : des Diligences, du Parc, du Chevreuil, des Trois Faisans) est située à 172 mètres au-dessus du niveau de la mer, sur la rive droite de la Saône, à l’embouchure du canal du Centre. De nombreuses routes viennent y aboutir; des services réguliers de bateaux à vapeur la mettent en communication incessante avec toutes les villes bâties sur les bords de la Saône et du Rhône ; elle n’est plus qu’à huit heures de Paris.
ITINÉRAIRE I)E DIJON A LYON
à 1 h. 45 m. de Dijon, à 2 h. 30 m. de Lyon. D’autres chemins de fer la relieront bientôt par Besançon à Mulhouse, par Dijon à Nancy. Elle occupe une position si favorable, qu’elle ne peut tarder à se remettre du coup passager que lui a porté l’établissement du chemin de fer de Paris à Lyon. Sans doute elle ne verra jamais affluer sur son beau quai cette multitude de voyageurs qui s’y embarquaient ou qui y débarquaient autrefois; mais elle retrouvera tôt ou tard, cela n’est pas douteux, son ancienne prospérité commerciale et industrielle un moment menacée.
Cette position admirable , qui lui a été tant de fois , depuis qu’elle existe, si fatale et si avantageuse , avait déjà attiré les Gaulois , longtemps avant l'ère chrétienne. Quand les Romains envahirent la Gaule, Châlon, appelée Coubil-Haun (en latin Cabillonum) dépendait de la république des Ëduens. César y établit un castrum frumentarium ; plus tard les empereurs y entretinrent une flotte (classis Ararica ) , et, du temps d'Ammien Marcellin, Châlon était encore une des villes les plus considérables de la Gaule. Incendiée, en 264, par les Allemands qui massacrèrent presque tous ses habitants, rebâtie par Probus, qui lui permit de replanter de la vigne sur ses coteaux, protégée un moment par Constantin, qui y vint deux fois, elle fut successivement ravagée par tous les peuples barbares qui se répandirent du nord au sud de l’Europe. Les rois bourguignons, s’en étant enfin emparés, y fixèrent leur résidence. Elle appartint ensuite aux rois mérovingiens; ma : s Chramn, fils de Clotaire, révolté contre son père, la saccagea et la brûla en 555, puis, à la mort de Clotaire I", Gontran, son second fils, en fit la capitale de ses États. Les Sarrasins l’incendièrent en 732. Charlemagne, l’ayant rebâtie, y tint un concile en 813. Lothaire, irrité que son comte Guérin ou Warin se fût prononcé pour Louis le Débonnaire, la réduisit en cendres en 834. Les Hongrois la prirent d’assaut en 937. Je passe sous silence les famines, les incendies et les pestes, dont le nombre est effrayant. En 1168, Louis VII vint y assiéger le comte Guillaume I er , qui s’était permis de piller l’abbaye de Cluny et d'en égorger presque tous les moines ; elle fut encore une fois emportée de vive force. Enfin, après la mort de Charles le Téméraire, — elle appartenait aux ducs de Bourgogne de-
CHALON-SUR-SAONE
puis 1237 — comme elle s’était déclarée pour la princesse Marie, Louis XI la fit assiéger par le sire de Craon (Georges de la Trémouille), qui, l'ayant prise, y commit toutes sortes d’exactions et de cruautés.
A dater de sa réunion à la couronne de France, sa situation sur la grande route de l'Italie lui imposa de nouveaux sacrifices, également ruineux. Elle dut fêter, à grands frais, le passage de tous les rois ou princes qui lui firent l’honneur de la traverser : Charles VIII, Louis XII; François I", Charles IX, Louis XIII, la
Chàlon-sur-Saûne.
reine de Suède, etc., etc. La Réforme lui fut aussi funeste, car elle y engendra la guerre civile. Les catholiques et les protestants, tour à tour vainqueurs ou vaincus, s’y livrèrent aux plus déplorables excès. Cependant la Saint-Barthélemy n’y fit pas de victimes.
Pendant la Ligue, Mayenne l’occupa ; elle devint avec Beaune une de ses bases d’opérations, et il en rançonna les habitants, bien qu’ils eussent pris parti pour lui. Le traité de paix de Folembrai la rendit à Henri IV, en la laissant encore à Mayenne comme place ae sûreté pendant six années (1596).
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Le système du blocus continental avait fait, au commencement de ce siècle, la fortune de Chàlon ; aussi se montra-t-elle toujours dévouée à l’Empereur et à l'Empire. En 1814, elle opposa une vive résistance aux troupes alliées qui s'étaient présentées sous ses murs. Le général Scheiter n’v entra que le 2 février, en vertu d’une capitulation honorable. En 1815, Napoléon rendit un décret qui autorisa Châlon à ajouter la croix de la Légion d’honneur à ses armes.
En 1831, Châlon avait envoyé un bataillon de volontaires contre les insurgés lyonnais. En 1834, elle éleva des barricades pour arrêter les troupes dirigées sur Lyon, qui s’était de nouveau révoltée. Six années plus tard (1840) , l'inondation de la Saône lui faisait éprouver des pertes considérables, — les eaux ne s’y étaient jamais élevées à une pareille hauteur, — mais les traces de ce dernier désastre sont effacées maintenant. Toute son histoire le prouve, Châlon a une constitution assez vigoureuse pour pouvoir résister aux plus violentes secousses. Elle est aujourd’hui le chef-lieu judiciaire du département de Saône-et- Loire, et le chef-lieu d’un de ses arrondissements administratifs. Sa population s’élève à 18 433 hab., depuis que la commune de Saint-Cosme a été réunie à son territoire.
Châlon, convertie au christianisme dès la fin du n* siècle, a eu pendant quinze siècles un siège épiscopal occupé par quatrevingt-cinq évêques. Le premier fut Donatien, qui vivait vers l’an 364 ; le dernier, J. B. du Chilleau, sacré le 30 décembre 1781, mort en 1821. Le concordat de 1801 a réuni l’évêché de Châlon à celui d’Autun.
Châlon a vu naître le sculpteur Boichot, l’ingénieur Gauthey, Denon, le membre de l’Institut, le général de ThiardetN. Niépce, l’inventeur véritable de la photographie, appelée à tort, dans l’origine, daguerréotype*.
A part sa situation, Châlon ne peut rien montrer de vraiment intéressant à un étranger. Des quatorze églises qu’elle possédait autrefois, il ne lui en reste que deux : Saint- Vincent et Saint- Pierre. Saint-Vincent, fondée en 532, sur les ruines d’un temple
1. Voir un intéressant article publié à ce sujet dans YAlmaÀich bourguignon pour 1857.