‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 106 sur 158 · A NAPOLÉON LE GRAND · texte numérisé non relu

A NAPOLÉON LE GRAND

Chalon possède, en outre, un collège communal, une bibliothèque lit) . 17

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

publique de 15 000 volumes, un palais de justice bâti de 1838 à 1842, une prison cellulaire construite de 1839 à 1844, une salle de spectacle % fort convenable à l’intérieur, une école de dessin, une chambre consultative d’agriculture, un comice agricole, etc. Sa Société d'histoire et d’archéologie, fondée en 1844, publie d’intéressants mémoires. Sa Société dis amis des arts fait tous les deux ans une exposition.

Il se tenait jadis à Chalon un grand nombre de foires; les deux principales étaient celles de la Saint-Jean et des Brandons, désignées aussi sous les noms de chaude et de froide. Elles attiraient un grand concours de marchands, non-seulement de tous les points de la France, mais encore des principales villes de l’Europe. Pendant toute leur durée, personne, soit étranger, soit Chalonnais, ne pouvait être arrêté pour dettes. Ces foires ont beaucoup perdu de leur importance, surtout depuis quelques années. Chalon vend des vins, des spiritueux, des vinaigres, des grains, des farines, du fer, du bois, du charbon, des cuirs. Elle possède : une verrerie , une fonderie de fonte , des ateliers dépendant des établissements du Creuzot pour la construction des bateaux en fer , des moulins à vapeur , des féculeries , une distillerie de betteraves, etc. Malheureusement pour sa réputation future, elle fabrique un trop grand nombre de pièces de vin.

Le faubourg Saint-Laurent, qui se trouve sur la rive gauche de la Saône, doit son origine à un monastère que saint Gratus, un des évêques de Chalon, y fit bâtir, et qui, ruiné en 937 par les Hongrois, fut donné en 1070 par Achard, évêque de Chalon, à l’abb^ye de l’ile-Barbe. Lors du partage de la France, en 843, Saint-Laurent fit partie de l’empire et devint une ville de la Bresse chalonnaise, ayant une existence distincte avec le titré de châtellenie royale pour les causes de première instance. Le roi Jean y établit, en 1362, un parlement qui siégeait aussi à Beaune, et qui fut réuni en 1480 à celui de Dijon. Saint-Laurent, qui députait aux états généraux, a possédé pendant plusieurs siècles un hôtel des monnaies. Il fut détruit presque entièrement en 1787 par un incendie.

A 3 kilomètres de Chalon , sur la route de Lons-le-Saunier, est le village de Saint-Marcel (1407 hab.), près duquel se

CHALON-SUR-SAONE.

remarque un petit lac. Ce village a possédé une abbaye fameuse, fendée, dit-on, sur l'emplacement où saint Marcel subit le martyre, vers l’an 177 (on montre encore la fosse dans laquelle il fut enterré vivant jusqu’à la ceinture), par Gontran, qui avait échappé dans ce lieu même aux coups d’un assassin ; richement dotée par le roi de Bourgogne; détruite par les Sarrazins en 732; dotée par plusieurs souverains, au nombre desquels il faut citer Charlemagne ; visitée en 879 par le pape Jean VIII ; détruite de nouveau par les Hongrois en 937 ou 963; spoliée par les ducs et les seigneurs bourguignons; cédée enfin par le comte de Chalon, son abbé, à Mayeul, abbé de Cluny; reconstruite, mais transformée alors en prieuré.

Gontran avait fait élever une grande et belle basilique à la place du modeste oratoire consacré dans l’origine à saint Marcel. L’église actuelle, rebâtie à la fin du xi e siècle, souvent remaniée depuis et classée parmi les monuments historiques, renferme deux tableaux de Devosges, peintre dijonnais, une châsse gothique contenant les reliques de saint Marcel et de saint Agricole (les anges ont été sculptés au xviii' siècle par Boichot, artiste chalonnais), et un ridicule cénotaphe élevé, près de la «chapelle de Saint-Marcel, à Abeilard, qui mourut le 2 avril 1142, à l’âge de 63 ans, dans le prieuré de Saint-Marcel, où Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, l’avait envoyé rétablir sa santé altérée par les jeûnes et le travail. Abeilard mort, Pierre le Vénérable avait envoyé son corps au Paraclet, et les religieux de Saint- Marcel s’étaient empressés de lui ériger, dans la chapelle de Notre-Dame, bâtie à côté de l’église et détruite avec le monastère, un cénotaphe en pierre, sous lequel il était représenté couché, revêtu de son habit monacal. C’est ce cénotaphe que le gouvernement a fait transporter à Paris, en 1806 ou 1807, et qu’on voit aujourd’hui au Père-Lachaise.

Après avoir quitté la gare de Saint Cosme, on traverse la route de terre (de Chalon à Lyon), et, s’approchant de la Saône qu’on aperçoit pour la première fois, on découvre sur la gauche le pont de Chalon. 1 kil. plus loin on traverse la Thalie, puis la routede terre prèsde laquellese trouve Sàint-liemy (1017hab.). A droite, sur une éminence s’élevait le château de Taizé, où

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

fut conclu entre Henri IV et Mayenne, en 1595, ce fameux traité qui mit fin àja guerre civile. Au delà d’une tranchée haute de 9 mètres et longue d’environ 800 mètres, on franchit la Corne, sur la rivé droite de laquelle, à l’embouchure de la Thalie, on voit le hameau de Droux. On s’éloigne de plus en plus de la Saône. On traverse une tranchée peu profonde, puis on laisse à droite Sevrey (1154 hab.). Le hameau de Lux, situé entre le chemin de fer et la Saône, dépend de Sevrey; c’est là que, selon certains, écrivains, Constantin aurait vu dans les airs cette croix lumineuse qui, lui promettant la victoire sur ses ennemis (in hoc signo vinces), le détermina à embrasser le christianisme. On se rapproche de la route de terre; sur la gauche se montre Saint- Loup-de-Yarennes (655 hab.), où les reliques de saint Loup, conservées dans l’église, et une fontaine miraculeuse que ce saint fit. dit-on, jaillir en faveur des moissonneurs altérés, attirent chaque année un grand nombre de pèlerins (les lundis de Pâques et de Pentecôte). Au centre du village, il existe quelques débris d’un château fort dont une partie est encore habitée ; le cimetière renferme une belle croix de pierre, sculpture du moyen âge. Saint-Loup-de-Varennes se confond avec Varennes.

Page 1