STATION- — SENNECEY-LE-GRAND
8 kil. de Varennes. — 84 kil. de Dijon. — 399 kil. de Paris. — 113 kil. de Lyon.
On trouve à la station de Sennecey-le-Grand des voitures de correspondance conduisant à Saint-Gmgoux-le- Royal (22 kil. pour 1 fr. 25 c.)
Sennecey-le-Grand, chef-lieu de canton de 2504 hab. (Saône-et-Loire, arrondissement de Chalon), est situé à la droite du chemin de fer, à 6 kil. de la Saône. La route de terre le traverse. Son église a été élevée sur l’emplacement d’un ancien château que'la commune racheta à la famille de Noailles et qu’elle fit démolir en 1823. Ce château, fort ancien, avait été fortifié par Jean de Toulongeon, maréchal de Bourgogne, qui avait employé à la construction des tours dont il était flanqué le prix de la rançon du comte de Boucau, connétable d’Écosse, fait prisonnier à la bataille de Cravant , en 1422. Le château voisin de Ruffey existe encore, mais il est en ruine. La chapelle des sires de Lagny, qui dépend de l’église de Saint-Julien, a été classée parmi les monuments historiques, et des réparations y ont été faites en 1854 pour la conservation des peintures qui la décorent. Un * troisième château que l’on remarque dans le voisinage porte le nom de Tour-vieil-enfant.
En 1840 et en 1852, on a trouvé sur le territoire du hameau de Sens deux riches mosaïques qui formaient le pavé de deux salles
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contiguës dont l’une renfermait des squelettes. Une de ces mosaïques n’a pu être conservée, mais elles ont été dessinéës toutes les deux, et les Mémoires de la Société d’hiStoire et d’archéologie de Chalon contiennent ces dessins avec une noticê. Du reste, quand on remue profondément la terre à Sens, on y découvre un grand nombre d’antiquités gallo-romaines.
La culture du mûrier, introduite en 1824 dans la commune de Sennecey, y a pris des développements considérables.
Après avoir, au delà de Sennecey, traversé plusieurs petites tranchées, et laissé à droite, sur un coteau planté de vignes, le village de Jugy (600 hab.), Oh franchit la Natmse qui, 2 kil. plus bas, se jette dans la-Saône. Des hameaux dépendant de Boyer se sont groupés, tout près de la route de terre, sur les bords de cette rivière. A gauche s’étendent de magnifiques prairies bordées de peupliers; le Jura se montre à l’horizon; on revoit la Saône dont on s’est rapproché, et, tandis que la ville de Tournus attire déjà les regards sur la colline qu’elle occupe, on remarque, à droite de la voie, une petite montagne isolée, nue à son sommet (294 mètres), couverte de vignes à sa base, du haut de laquelle (la route de terre la gravissait autrefois pour la redescendre aussitôt), on découvre un admirable panorama.
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. 10 kil. de Sennecey-le-Grand. — 94 kil. de Dijon. — 409 kil. de Palis»— kil. de Mâcon. - 104 kil. de Lyon.
On trouve à la station de Tournus des voitures de correspondance qui conduisent à : Lons-le-Saunier (55 kil. en 5 h. pour 3 fr. 50 c. et 2 fr. 60 c.); et à Louhans (28 kil. en 2 h. 30 m. pour 2 fr. 50 c. et 1 fr. 75 c.). Des omnibus mènent dans la ville pour 10 c. avec 10 kilog. de bagages et pour 25 c. avec 11 à 30 kil.
Tonrnns (hôtel des Trois-Faisam), chef-lieu de canton du département de Saône-et-Loire (arrondissement de Mâcon), ville peuplée aujourd'hui de 5613 hab., a eu une origine ancienne et une existence fort agitée. Elle dépendait, avant la conquête * romaine, de la république des Ëduens. Les Romains y établirent un magasin de grains pour l’approvisionnement de leurs troupes. On retrouve encore des restes de leurs fortifications
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vers l’église Sainte-Madeleine. Toutefois , César , Strabon et Ptolémée ne font aucune mention de cette ville, appelée Pons Teruntium dans la Table de Peutinger et Tinurtium dans l’Itinéraire d’Antonin.
Pendant la domination romaine, Yalérien était venu prêcher le christianisme à Tournus, et il y avait souffert le martyre vers 177. Plus tard, une basilique s'éleva sur son tombeau, puis une abbaye se fonda près de cette basilique. Cette abbaye, saccagée par les Sarrasins en 773, occupée en 875 par les religieux de Saint-Philibert, que les invasions des Normands avaient obligés d’abandonner l’île de Noirmoutiers, appelée dès lors Saint-Philibert 1 au lieu de Saint-Valérien, incendiée en 937 par les Hongrois, restaurée peu de temps après, fut abandonnée cependant par les moines, qui se retirèrent en Auvergne avec leurs reliques. Un concile convoqué en 949 dans leurs bâtiments déserts les exhorta à revenir, et, pour le malheur des habitants de la ville, accablés dèslors de charges et d’impôts, ils obéirent à cette prière qui ressemblait à un ordre. Aussi la g uerrwéclata-t-elle souvent entre les abbés et les bourgeois. Ces derniers ne purent se racheter qu’en 1202 du droit de mainmorte. Pendant les siècles suivants ils s’efforcèrent toujours t de surpasser les bornes de ce qui leur estoit loysible,» comme dit un chroniqueur de l’abbaye. Les deux partis en vinrent quelquefois aux mains. Un jour, vers la fin du xiv* siècle, l’abbé, ayant assemblé cent ou cent vingt gentilshommes, suivis de quatre à cinq cents hommes de pied, fit cerner la ville, forcer les maisons, et t saisir les personnes plus remarquées, auxquelles on mit les mords d’Allemaigne en bouche et des chaperons en teste à rebours ; et en cest esquipage furent de si male heure transportez au comté que jamais depuis ils n’en revmdrent..., Aussi, en 1396, les pennonceaux furent mis sur les portes de la ville de Tournus, en signe que Charles sixième, lors roy de France, prenoit les habitans d’icelle en sa protection et sauvegarde, afin que l'abbé de Tournus cessast de les fouler et opprimer. »
Au xv e siècle, Tournus fut prise par les Armagnacs (1422), reprise par le duc de Bourgogne (1423), assiégée par les sires de Toulongeon et de Marigny (1477). Les catholiques et les pro-
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testants l’occupèrent à tour de rôle pendant les guerres de religion. En 1562, elle repoussa une attaque des calvinistes, qu avaient essayé de la surprendre ; mais après la conversion d’Henri IV, elle se rallia à la cause du roi, tandis que l’abbaye resta fidèle à la Ligue. De nouvelles luttes intestines ensanglantèrent souvent à cette époque les rues de la ville. En 1627, l’abbaye fut sécularisée, et, si les moines perdirent leurs privilèges, ils conservèrent d’immenses richesses.
Tournus avait embrassé avec empressement la cause de la Révolution ; mais elle ne voulut point en partager les excès. En 1814, sa garde nationale aida le général Legrand à chasser les Autrichiens de Mâcon, et la ville, qui avait défié pendant vingt-six jours les sommations réitérées de l’ennemi, ne consentit à capituler qu’après l’occupation de Chàlon par des forces supérieures. Une messe solennelle qui s’y célèbre tous les ans, le 23 janvier, a été fondée à perpétuité en commémoration de cette expédition, dont l’anniversaire est considéré comme un jour de fête. En 1815, l’Empereur y fut reçu avec un tel enthousiasme, qu’il rendit peu de jours après le décret suivant : « L’aigle de la Légion d’honneur fera désormais partie des armes de Tournus. » Depuis lors aucun événement important ne s’y est passé.
L’ancien palais abbatial est actuellement occupé par des manufactures, et l’église de Saint-Valérien, dont la construction remonte au xii° siècle, sert d’écurie. Mais l ’ église abbatiale (Saint-Philibert) existe encore, et c’est l’un des monuments les plus remarquables du diocèse d’Autun. Les parties les plus anciennes de cette église datent de la fin du ix* siècle; la crypte, la coupole, le chœur et peut-être la voûte et la grande nef, ont été reconstruits par l’abbé Bemier, après l’incendie de 1006, et consacrés en 1019; les chapelles latérales de la nef et la disposition de plusieurs fenêtres de cette nef et du transsept sont l’œuvre dejxm«, xiv* et xv* siècles. Enfin, de 1845 à 1850, d’importants travaux de consolidation et de restauration ont été exécutés à Saint-Philibert. Un portail du style de l’édifice a remplacé le portail grec que le cardinal de Fleury avait fait construire en 1720. On a restitué à l’abside et à ses chapelles rayonnantes leur aspect et leur caractère primitifs. La crypte de Saint-Valé-
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rien, qui depuis longtemps servait de cave et dont les piliers étaient enfouis, a été réparée et rendue au culte. Ces restaurations ont été faites sur les plans de M. Questel, aux frais de l'État, car Saint-Philibert est classée parmi les monuments historiques.
L’église de Saint-Philibert, dans son état actuel, a la forme
Intérieur de Saint-Pbilibert.
d’une croix latine, terminée par trois absides. Deux tours carrées s’élèvent aux côtés du portail ; un clocher bas, de même forme, est placé à l’intersection des transsepts et de la nef. « Le transsept gauche, fort allongé, se termine, a dit M. Mérimée, par une grande chapelle avec son abside, dirigée parallèlement à
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l'aie de la nef; le collatéral du même côté a été élargi pour recevoir une rangée de chapelles gothiques. La nef est précédée par une espèce de narthe x ou vestibule bas et divisé comme elJe par deux rangées de piliers très-bas, d'un énorme diamètre et sans ornements. Au-dessus de ce vestibule est une vaste salle, soutenue également par des piliers ronds, et dont la voûte atteint la hauteur de celle de la nef. Dans la nef, huit piliers fort gros, tout d’une venue, mais infiniment plus élevés, soutiennent une voûte cintrée en berceau dans la nef principale, et d’arêtes pour les collatéraux.... Les fenêtres Sont petites, étroites, et cintrées par le haut.... Il est impossible de voir rien de plus massif, de plus lourd et de plus solide en même temps que toute cette partie de l’église ; mais une fois qu’on a dépassé les portes des transsepts, il semble qu’on entre dans un autre édifice bien différent du premier. »
Les autres édifices publics que possède Toumus sont : Yéglise de la Madeleine; — Y Hôtel-Dieu , achevé en 1674 et desservi par les religieuses de l'ordre de Sainte-Marthe (53 lits) : — Yhospice de la Charité, bâti en 171 8 par le cardinal de Fleury, alors abbé de Toumus, et pouvant loger 16 vieillards indigents ; — Yhôtel de ville, construit de 1771 à 1778. — La colonne qui s’élève sur la place de l’Hôtel-de-ville* a été trouvée, dit-on, dans la Saône, près du port de la Colonne , à Gigny. C’est un fût dont la hauteur dépasse 6 mètres. On la regarde comme une des colonnes milliaires de la grande voie romaine qui allait de Lyon à Boulogne.
Tournus est une ville commerçante et industrielle. Elle vend des pierres, des vins, — les principaux produits de son territoire, — des porcs, des bestiaux, etc. On y remarque surtout une fabrique de sucre de betteraves avec raffinerie et fabrique d’alcool; mais elle possède aussi une fabrique de machines à vapeur, une fonderie de seconde fusion, une fabrique de couvertures avec carderie, mue par la vapeur, une filature de soie à la vapeur, des fabriques de tuiles et de tuyaux de drainage, des moulins à blé, des tanneries, des teintureries, etc.
Greuze, mort à Paris en 1805, naquit à Tournus en 1725. Son père exerçait la profession de maçon. Au-dessus de la porte de
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la maison où il vint au monde, on lit cette inscription sur une plaque de marbre :