‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 110 sur 158 · JEAN-BAPTISTE GREÜZE LE 21 AOUT · texte numérisé non relu

JEAN-BAPTISTE GREÜZE LE 21 AOUT

Tournus, ne possède de Greuze qu’un seul tableau placé dans l’église de la Madeleine. C’est une œuvre assez médiocre, peinte à l’époque où Greuze n’était encore qu’un élève, — son élève, car il n’eut pas de professeur. — La famille Bessard a conservé , dit-on , plusieurs portraits remarquables de ce grand artiste. »

Tournus, étagée en amphithéâtre sur la rive droite de la Saône, communique avec la rive gauche par un pont de cinq arches, dont les piles sont en pierre de taille, et dont les tabliers sont actuellement des ponts suspendus. Ce pont aboutit à une belle chaussée qui traverse une prairie de l’extrémité de laquelle part la route de Lons-le-Saunier et de Bourg, qui se bifurque au delà de Guisery. C’est du pont et de la five gauche de la Saône qu’il faut voir Tournus, ville mal bâtie, aux rues étroites, tortueuses, malpropres, mais d’un aspect pittoresque, de couleurs variées, de tons chauds. On vient de quitter les régions septentrionales, on entre dans les contrées du Midi. Tout change, tout va changer, la nature et l’homme. Le ciel est généralement plus bleu; la terre, ici, plus sèche et pftis aride, là, plus fertile; la race moins blanche, plus vive, plus bruyante, et surtout plus malpropre. Les maisons ont déjà ane autre physionomie. Aux toits pointus succèdent les toits plats, recouverts de tuiles rouges et creuses. Les murs sont badigeonnés de couleurs éclatantes, quelquefois décorés de peintures ou de fresques grossières. Des përsiennes garnissent les croisées, des fleurs ornent le devant des portes. On pénètre en un mot dans le monde de la lumière et de la couleur. A la vérité on vient seulement d’en franchir le seuil, mais le changement qui s’est opéré frappera les yeux les moins exercés.

La gare de Tournus a été établie en face de l’église Saint- Philibert. En en sortant on croise la route de Bourben-Lancy, et, après avoir franchi la Dolive au delà de la ville, on laisse à

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

gauche une promenade et des usines, à droite des coteaux couverts de vignobles et de maisons; puis, traversant la route de terre, on se rapproche de la Saône, qu’on doit longer pendant longtemps. Sur la rive gauche du fleuve apparaissent la Cr6 et Préty. A droite de la voie, la vue est souvent interceptée par dés talvis. On aperçoit à peine sur une terrasse le petit château neuf du Villars (577 hab.), dont l’église est du xn* siècle; un peu

au delà la Seille se jette dans la Saône , près du village de la Truchère (462 hab.), quia été en partie détruit par l’inondation de 1848. Presque en face , entre le chemin de fer et la Saône , qui s’éloigne et disparaît, est le port de Farge$. Le chemin de fer, un moment dominé à droite par le petit bois de Bouley, au-dessus duquel se trouve le village de Farges (390 hab.), traverse de nouveau la route de terre. A gauche s’étendent de belles prairies. A droite se montre, à 2 kil. environ, le château d ’Uchi-y (1522 hab.), village dont les habitants, — qu’ils descendissent des Sarrasins ou des IIly riens, — pouvaient encore, il y a 60 ans, être considérés comme un peuple à part. On franchit ensuite le ruisseau des Grands-Prés avant de traverser Saint-Oyen, qui dépend du village voisin d eMontbellet (1479 hab.), A gauche on aperçoit le pont suspendu de Fieurville.

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