‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 121 sur 158 · VILLEFRANCHE · texte numérisé non relu

VILLEFRANCHE

pour 3 fr., 2 fr. 50 c. et 2 fr.); — Theizè (14 kil. pour 60 c.); — Thisy (52 kil. pour 4 fr. 50).

Des omnibus mènent à tous les trains de la station dans la ville et vice versa, pour 10 c. avec 10 kilog.de bagages, et 25 c.avec de 11 à 30 kil.

Villefranche (hôtel de Provence), actuellement un chef-lieu d’arrondissement du département du Rhône, a été la capitale du Beaujolais. L’époque de son origine n’est pas parfaitement connue. Dans le principe, il se bâtit un certain nombre de maisons près d’une tour où les seigneurs de Beaujeu faisaient percevoir les droits de péage et traille foraine du grand chemin de Bourgogne à Lyon. Ce village devint un bourg, puis une ville qui prit le nom de Villefranche, quand Guichard I* r , sire de Beaujeu, lui eut accordé, en 1151, des franchises confirmées et étendues par Guichard II et Humbert III. Cependant on disait autrefois par ironie : Villefranche sans franchise , Beaujeu sans gain, Belleville sans beauté. Parmi ces privilèges, nous citerons les suivants ' comme les plus caractéristiques. « Le seigneur doit avoir crédit à Villefranche pour douze jours seulement.... Tout habitant de Villefranche a le droit de battre sa femme pourvu que la mort ne s’ensuive pas.... t

Cette dernière immunité attira sans doute un grand nombre d’habitants dans la ville nouvelle, qui s’entoura de murs et qui, vers le milieu du xm e siècle, possédait déjà, outre une église paroissiale, plusieurs établissements de bienfaisance. Les seigneurs de Beaujeu respectèrent toujours ses privilèges. Sous la domination des ducs de Bourbon, elle devint, de fait, la capitale du Beaujolais, et, quand le Beaujolais eut été réuni à la couronne, elle conserva son titre. Le gouvernement royal y installa en 1532 les administrations judiciaires de la province. Trente ans plus tard (1562), elle était obligée d’ouvrir ses portes à un corps de protestants, commandés par le baron des Adrets, qui la pillèrent et la saccagèrent pendant cinq jours, au mépris des conventions ; aussi se jetta-t-elle plus tard avec empressement dans le parti de la Ligue, auquel elle apporta une grande force morale.

Vers la fin du xvn* siècle (1695), une Académie, qui a joui

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

d’une certaine célébrité, se fonda à Villefranche. Le Régent s'en déclara le protecteur, et ce titre a été porté depuis par les chefs de la famille d’Orléans. Si l’on doit en croire certains écrivains, c’est d’elle que Voltaire aurait dit : Cest une honnête fille qui n’a jamais fait parler cf elle.

Aujourd’hui Villefranche est, comme nous l’avons dit, un cheîlieu d’arrondissement du département du Rhône. Sa population s’élève à 11 686 hab. C’est une ville industrielle et commerçante; elle fabrique des tissus de coton, des toiles estimées, des basins, des nankins, des toiles peintes, etc.; elle possède, en outre, des tanneries, des teintureries, des indienneries, des filatures; elle vend surtout des chanvres, des lins, du coton, de la draperie, de la mercerie et des bestiaux. Ses marchés du lundi sont trèsfréquentés.

La route de terre forme la principale rue de Villefranche. Quand on arrive dans cette rue en venant de l’embarcadère du chemin de fer, on la descend jusqu’au Morgon qui la traverse sous une voûte. A gauche on remarquera, outre l’hôtel de ville, ancienne maison de la Renaissance , plusieurs maisons de la même époque. Nous signalerons surtout aux amateurs l£s cours du café du Grand-Cerf et du n° 202, où l’on voit de curieuses armoiries au-dessus du puits et d’autres sculptures ; mais la principale, nous pouvons dire la seule curiosité de Villefranche, est son église , qui s’élève à droite dans la partie basse de la Grande-Rue.

Cette église, érigée en collégiale le 25 février 1683 et classée récemment parmi les monuments historiques, s’appelle Notre- Dame des Marais. Elle a dû, d’après la légende, son origine à une statue de la Vierge qui, découverte par des bergers dans un marais et transportée dans l’église de Sainte-Madeleine, retourna dans son marais où on lui- éleva une chapelle devenue depuis l’église actuelle. Commencée dans les dernières années du xiv e siècle, elle n’a été terminée qu’au xvi e siècle. Sa façade se compose de trois parties qui ne datent pas de la même époque. A droite, en la regardant, s’élève une tour carrée construite en 1518. Elle était alors surmontée d’une flèche très-haute de forme octogone et couverte en ardoises. Le feu y prit en 1566 par

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