‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 122 sur 158 · VILLEFRANCHE · texte numérisé non relu

VILLEFRANCHE

la négligence d’un plombier et la consuma entièrement. A l'aspect des flammes, le plombier, qui avait eu l’imprudence de laisser un réchaud allumé au haut de la tour pour aller prendre son repas, se sauva à toutes jambes. On se mit à sa poursuite ; il fut rattrapé à Liergues, traîné devant l’église et brûlé vif sans autre forme de procès, aux acclamations de la populace. Pendant ce temps le clocher brûlait aussi et tombait sans endommager les maisons voisines. La tour qui le supportait menace ruine : il est, dit-on, question de la reconstruire en partie et de rétablir la flèche telle qu’elle existait avant l’incendie en 1566. Le conseil municipal a voté à cet effet une somme de 30 000 francs.

Les deux autres parties de la façade, le portail, la fenêtre et la rose qui le surmonte , et le singulier contre-fort sculpté qui le soutient à gauche, sont de la fin du xv e et du milieu du xvi 8 siècle. En 1856, d’importantes restaurations y ont été faites sous la direction de M. Desjardins. Sept statues nouvelles : saint Pierre, saint Paul, saint Laurent, sainte Agathe, sainte Catherine et la sainte Vierge, (je n’ai pu découvrir le nom de la septième), y ont été placées. On n’oubliera pas sans doute de remarquer ses jolies portes de bois sculpté. Derrière la chapelle absidale, où l’on peut voir des sculptures plus qu’indécentes, s’élève une tour carrée qui m’a paru dater du xiv° siècle.

L'intérieur de Notre-Dame des Marais se compose d’une nef et de bas côtés flanqués de chapelles. La nef n’a pas, malheureusement, une largeur proportionnée à sa hauteur. Des débris d’anciens vitraux décorent quelques fenêtres.

La maison située presque en face de l’église, à l’angle de la rue ‘ Nationale, est ornée de sculptures du style flamboyant; mais un peu plus loin, du même côté que l’église, l’attention est attirée par un dais en pierre du même style, très-finement sculpté et destiné, dans l’origine, à servir d’abri à une statue qui a été détruite. En remontant la Grande-Rue, on remarquera encore quelques jolies maisons de la Renaissance. Nous signalerons le n° \k1 et les armoiries du n° 150.

La rue Nationale, qui s’ouvre près de l’église, conduit à la place de la Sous-Préfecture, qui est ornée d’arbres .et d’une

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

foutaine, et dont YHÔtel-Dieu, construit en 1666, forme l’un des côtés. Le Morgon coule à ciel découvert devant la porte de cet hospice. Ne vous fies pas à son apparence paisible ; ses inondations ont souvent causé de grands dégâts dans la ville.

Dans la partie haute de Villefranche, du côté du chemin de fèr, s’ouvre à droite une vaste place plantée d’arbres et ..ornée d’une fontaine. De la terrasse qui termine cette promenade, on découvre un paysage animé, terminé par les montagnes du Beaujolais. En face de soi on a le château de Belle-Boche, qui appartient à M. de Belle-Roche ; sur l'a droite s’élève le séminaire qui a été

Bords de la Saône, près de Villefranche.

construit en 1853 par les jésuites et qui compte 250 élèves. De nombreuses maisons de campagne entourées d’arbres s’étagent sur les deux versants de la vallée du Morgon.

Le premier couvent de Cordeliers établi en France fut fondé à Villefranche par Guichard III, à son retour d’une ambassade à Constantinople. En 1671, on lisait encore le quatrain suivant sur la porte de leur couvent :

Sache, ô passant, qui que tu sois,

Qu’en ce lieu saint et salutaire Tu vois le premier monastère Qu’on fit en France à saint François.

yiLLEFRANCHE . — ANSE.

L’École normale primaire du département du llhône a été établie à Villefranche. Cette école , dans laquelle.l’fitat entretient deux bourses, le département du Rhône vingt-trois, et celui de la Drôme une, a pour destination principale de former de bons institeurs communaux et des secrétaires de mairie. Les cours d’études sont de trois ans.

Quand on s'éloigne de Villefranche par le chemin de fer, on commence à bien voir, sur la gauche, le groupe du mont d’Or, qui, pendant longtemps, terminera si heureusement les plus beaux paysages de la Saône. Au delà d’une tranchée longue de plus d'un kilomètre et haute de près de 5 mètres, on longe sur la droite la route de terre qui avait donné lieu à ce proverbe bien connu, mais certainement exagéré :

De Villefranche à Anse La plus belle lieue de France.

On aperçoit à droite Limas et Pommiers, dont les carrières ont fourni pendant douze siècles des pierres à la ville de Lyon, et f sur la rive gauche de la Saône, Saint-Bernard, qu’un pont relie à la rive droite, puis on entre dans cette tranchée, haute de 5 m ,65 et longue de plus de 800 mètres, à l’extrémité de laquelle se trouve établie la station d’Anse.

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