‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 125 sur 158 · STATION. — TRÉVOUX · texte numérisé non relu

STATION. — TRÉVOUX

5 kil. d'Anse. — 46 kil. de Mâcon. — 487 kil. de Paris. — 26 kil. de Lyon.

Des omnibus, correspondant avec tous les trains, conduisent de la station à la ville pour 15 cent, avec 30 kilog. de bagages, le péage du pont compris.

Trévoux, chef-lieu d’arrondissement du département de l’Ain, est une ville de 2749 hab., agréablement étagée sur uue colline de la rive gauche de la Saône , que couronnent les débris d’un vieux château féodal. Un pont suspendu la relie à la rive droite. Vue de la Saône, elle offre un aspect pittoresque et riant; mais 119 19

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

le panorama que l'on y découvre est encore plus beau, car on a devant soi le mont d'Or.

Trévoux s’est d’abord appelée Trivulcium ( Tri Volta, trois voultes ou coudes , dit un étymologiste, à cause des coudes de la Saône), d’où Ton a fait Trevosum, puis Trévoz, et enfin Trévoux. En 1120, les sires de Villars y possédaient un château et y avaient établi un péage. Elle n’obtint le titre de ville qu’en 1300 (ce fut Henri de Villars, archevêque de Lyon, qui le lui accorda avec d'importants privilèges), puis elle devint la capitale d’une principauté indépendante qu’on appelait la Dombe ou les Dombes. Après avoir été habitée par les SébusiensoulesAmbarres, et avoir appartenu tour à tour aux Romains, aux Bourguignons, aux rois de France , cette partie de la Bresse , longue de sept à huit lieues, et large de quatre, était tombée, vers 1120, en la possession des sires de Villars, qui descendaient, dit-on, des derniers rois de Bourgogne. Plus d’une fois, au xiv® siècle, la maison de Savoie essaya de s’emparer de la Dombe ; mais le seigneur de Beaujeu et de Dombe, Edouard II, soutenu par Louis II, duc de Bourbon, parvint à repousser ses attaques. Par reconnaissance, il institua son héritier universel (1391), car il n’avait pas d’enfants, le duc de Bourbon, qui, ayant acheté diverses châtellenies, constitua la souveraineté de Dombe telle qu’elle exista postérieurement. Quand le fils de Louis II, Jean I er , eut été fait prisonnier à la bataille d’Azincourt, les ducs de Bourgogne et de Savoie se liguèrent pour conquérir la Dombe. Trévoux, prise par escalade, fut livrée au pillage ; mais le fils de Jean, Charles I", comte de Clermont, envahit la Franche-Comté ; les ducs de Bourgogne et de Savoie se virent contraints de retirer leurs troupes; une trêve s’ensuivit ; un traité fut conclu ; puis la guerre éclata de nouveau, et la principauté menacée conserva ses limites et son indépendance. Les descendants de Louis II la gardèrent jusqu’en 1522. Louise de Savoie selafit alors adjuger sur le connétable Charles II, duc de Bourbon, comme ayant succédé aux droits de Marguerite de Bourbon, sa mère, épouse de Philippe, duc de Savoie. En 1527, après la mort du connétable, François I" la confisqua et la réunit à la couronne, mais il la remit ensuite à Louis de Bourbon, duc de Montpensier, et à sa mère Louise de Bourbon, sœur

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