‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 126 sur 158 · TRÉVOUX · texte numérisé non relu

TRÉVOUX

de Charles II (1560 ou 1561). Elle ne fut définitivement réunie à la couronne que le 31 août 1762. Louis-Charles de Bourbon, comte d’un second fils du duc du Maine , l’échangea contre le duché de Gisors, en Normandie.

Trévoux eut un •parlement quiy fut établi, en 1696, par le duc du Maine, et supprimé en 1771. L'hôtel où il siégeait est aujourd'hui le palais de justice. Louis XIV y créa une imprimerie qui publia, en 1704, la première édition du dictionnaire universel connu sous le nom de Dictionnaire de Trévoux. En 1701, les jésuites y avaient fondé un journal qu’ils y dirigèrent pendant trente a^, et qui parut ensuite à Paris en conservant son ancien nom de Journal de Trévoux.

Un atelier monétaire avait été établi à Trévoux, en 1304, par les sires de Villars, si l’on doit en croire M. Jolibois. Les princes de Dombes continuèrent à battre monnaie jusqu’en 1674. Aujourd’hui Trévoux possède une des trois argues qui existent en France. Les argues sont destinées au tirage des lingots d’or et d’argent ; elles dépendent de la commission des monnaies pour la partie d’art, et de l’administration des contributions indirectes pour la comptabilité; des contrôleurs et des receveurs y sont attachés. L’argue de Trévoux ne reçoit que des lingots d’argent ; ces lin> gots, coulés par les affineurs, l’argue les forge, les argue en fils de la grosseur d’un demi-centimètre, les frappe d’un poinçon et les rend aux affineurs qui, après les avoir fait tirer dans leurs ateliers cinq ou six fois plus fin qu’un cheveu, au moyen de fers ou diamants percés, les vendent aux passementiers et fabricants de galons. Avant la Révolution, le tirage d’or et d’argent occupait à Trévoux plus de 600 personnes. Cette industrie a beaucoup perdu de son importance, surtout depuis 1815. Elle ne fait guère vivre aujourd’hui plus de 60 individus.

De la station de Trévoux, on voit à peine la ville, qui offre de . charmants tableaux aux voyageurs des bateaux à vapeur. On laisse à gauche Quincieux (1015 hab.), village situé à 1 kil. de la Saône, puis on se rapproche de cette rivière dont les bords offrent de beaux paysages. Au delà de l'île Benne se montre, près de la rive gauche, le village de Par deux. A droite de la voie, le mont d’Or attire et retient les regards charmés. On franchit le

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

ruisseau de la Grande-Gorge, et on laisse à gauche le Port-Mâcon, hameau en face duquel le Grand-Ruisseau se jette dans la Saône ; mais de nombreuses et hautes tranchées se succèdent presque sans interruption.

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