‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 15 sur 158 · STATION. - MELUN · texte numérisé non relu

STATION. - MELUN

7 kil. de Cessera. — 45 kil. de Paris. — 270 kil. de Dijon. — 468 kil. de Lyon.

On trouve à la station de Melun des voitures de correspondance pour Milly , le Châtelet , Mormant, Barbison (75 c.), Chaumes et Héricy.

La ville étant à 1000 mètres environ de la station, des omnibus y conduisent les voyageurs. On paye : 15 cent, de 6 h. du matin à minuit, dans les bureaux ou dans les hôtels (le Grand Monarque , de France, du Commerce ); 30 cent, à domicile, avec 10 kil. de bagage ; 30 et 50 cent, avec 30 kil. de bagage, et le double de minuit à 6 h. du matin.

Melun , l’ancienne capitale du Gâtinais français, aujourd’hui le chef-lieu du département de Seine-et-Marne, est située au pied d’une colline et traversée par la Seine qui la divise en trois parties. Le quartier de la rive gauche (Saint-Ambroise) est le moins considérable ; celui de l’tle est le plus ancien ; celui de la rive droite, le plus important, est la ville proprement dite. Leur population réunie s’élève à 10 395 habitants.

Mehdunum.:.. oppidum Senonum, in insula Sequanæ positum.... Cette phrase de Jules César, au septième livre des Commentaires , est le premier monument historique constatant l’existence de la ville de Melun. Nous y voyons en même temps ce qu’elle pouvait être. L’île dont il est ici question n’égale pas, à beaucoup près, celle où la Cité des Parisiens fut longtemps enfermée.

Labiénus , le plus habile des lieutenants de César , avait reçu l’ordre de marcher de Sens sur Lutèce. Il suivit la rive gauche de l’Yonne, puis celle de la Seine, et trouva les Parisiens campés et retranchés derrière un marais dont la position m’est pas bien connue. Après avoir reconnu l’impossibilité de le franchir, Labiénus revint sur ses pas jusqu’à Melun, chargea de soldats une cinquantaine de bateaux, s’empara de la ville, rétablit les ponts coupés par les Gaulois et passa sur la rive droite, qu’il suivit probablement jusqu’à l’embouchure de la Marne. Mais nous n’avons pas à raconter ici la campagne de Labiénus.

L’histoire ne parle guère de Melun sous l’administration ro-

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

maine, ni sous les rois de la première race. Il n’en est question, sous les Carlovingiens , que pour rappeler les ravages des Normands. Melun fut pillée et brûlée par les Barbares cinq fois en cent trente-huit ans.

Ces désastres furent réparés. Sous les Capétiens, Melun devint une des places les plus importantes de leur royaume. Le roi Robert en fit son séjour de prédilection. Il y mourut en 1030, et Philippe I" en 1108.

En 1102, Abélard y avait ouvert une école publique, où il avait posé les fondements de sa doctrine. On voit même aujourd’hui, dans l’île, une rue qui porte son nom.

En 1358, Jeanne de Navarre livra le château, l’île et la partie de la ville située sur la rive gauche de la Seine , à son frère Charles le Mauvais. Le régent Charles, qui fut depuis Charles V, dut venir l’assiéger avec des forces considérables, et Du Guesclin se distingua dans plusieurs assauts.

En 1420, Melun, qui était close de fortes murailles, se défendit avec une admirable énergie contre le roi d’Angleterre, Henri V, et le duc de Bourgogne, son allié. Henri Y dut convertir le siège en blocus. Elle ne se rendit que lorsqu’il n’y resta plus à manger ni un cheval, ni un chien, ni un chat. Le roi d’Angleterre déshonora sa victoire (si l’on peut appeler victoire le succès d’un blocus) par sa cruauté. Il fit décapiter deux braves moines du Jard, qui avaient soutenu le courage de la garnison, et un certain nombre de bourgeois. Les autres virent leurs biens confisqués , et les plus notables furent envoyés, avec leurs femmes et la plupart des gens d’armes, dans les prisons de Paris , où plusieurs moururent de faim. Dix ans plus tard (1430), les Mélodunois s’insurgèrent contre les Anglais et les contraignirent à se réfugier dans le château, qui dut capituler après douze jours de siège.

Melun fut occupée par les Ligueurs en 1589, et reprise d’assaut par Henri IV l’année suivante. Les troupes royales y détruisirent deux couvents dont les prédicateurs s’étaient signalés par leur violence. Depuis cette époque, elle n’a plus eu de catastrophe à déplorer. La cour y vint quelquefois , du temps de la Fronde, mais elle ne logea point au château, qui n’était plus

Page 1