MELUN
habitable, et qui fut enfin démoli en 1740. L’emplacement qu’il occupait est couvert aujourd’hui de maisons particulières.
Melun a été la patrie de Jacques Amyot. L’une des rues du quartier septentrional porte le nom de ce traducteur de Plutarque, dont le style naïf a conservé tant de charme. Derrière Saint- Aspais la maison n° 28, occupée par un pharmacien , porte cette inscription : « Ici est né J. Amyot, le 30 octobre 1514. *
L’église principale de Melun a pour patron saint Aspais. Elle parait dater de la fin du xv c siècle ou du commencement du xvi*.
Melun. •
Sa forme est bizarre et irrégulière; elle a de chaque côté de la nef principale deux collatéraux soutenus par des colonnes d’une délicatesse remarquable. Les vitraux du chœur méritent d’attirer l’attention. Saint-Aspais est sur la rive droite de la Seine. L’église, qu’on laisse à droite dans l’île avant de traverser le bras principal du fleuve , mérite surtout une visite ; elle est sous l’invocation de Notre-Dame. Elle appartenait.jadis à un couvent de filles, occupé maintenant par la maison centrale de détention du département de Seine-et-Marne (1070 détenus hommes) qu’on vient non-seulement d’agrandir, mais de déplacer pour
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ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON
dégager les abords de Notre-Dame. Cette église, fondée au i' siècle et plusieurs fois remaniée dans certaines parties, est du style roman et du style de transition. L’ogive s’y montre déjà; on remarquera, surtout à l’intérieur, les élégantes chapelles latérales du chœur, et, à l’extérieur, les deux tours si heureusement reconstruites avec de jolies sculptures romanes. M. Millet en achève en ce moment la restauration. Le clocher, isolé de Saint-Barlhélemy , qui s’élève au haut de la ville près de la préfecture, a été restauré en 1858.
L’hôtel de ville est très-moderne; il a été commencé en 1847 et terminé en 1848. L’architecte y a imité le style de la Renaissance, et s’est servi, d’ailleurs avec assez d’adresse, d’une ancienne tour qui se trouvait là. U en a flanqué son édifice en construisant une tour exactement semblable à l’autre extrémité.
La préfecture se fait surtout remarquer par sa position. Elle s’élève au sommet de la colline que couvre le quartier septentrional de la ville, et la domine tout entière ainsi que la vallée. Un vaste jardin anglais descend de cet édifice jusqu’à la rivière.
La préfecture est à l’extrémité occidentale de Melun. Du côté opposé, se dresse, comme pour lui servir de pendant, le château de Vaux-le-Pény (qu’il ne faut pas confondre avec Vaux-Praslin), beaucoup plus grand que la préfecture, précédé, comme elle, d’une belle pelouse en amphithéâtre, et offrant , de plus qu’elle, une magnifique futaie qui couronne le coteau. Une jolie promenade borde la Seine au-dessous de cette belle propriété.
La ville de Melun, qui n’avait pas, sous Louis XVI, 4000 habitants, a vu doubler sa population depuis qu’elle est devenue le chef-lieu du département de Seine-et-Marne. Jusqu’à la Révolution, elle avait été commune franche, protégée seulement par ses vicomtes , dont le domaine embrassait un vaste territoire situé au nord-est de la ville, vers le village de Maine y. La demeure seigneuriale, isolée à une lieue de Maincy, s’appelait Vaux-le- Yicomte. Fouquet, surintendant des finances sous l’administration du cardinal Mazarin, acheta la vicomté de Melun, et remplaça le vieux château par un édifice immense et magnifique où il offrit à Louis XIV une fête qui eut toute l’importance d’un