THOMERY
amateurs, au raisin de Montauban, qui n’a pas sa saveur, s’il est plus sucré, et dont la peau, plus épaisse, renferme un plus grand nombre de pépins. On a calculé que Paris consommait chaque année 4 500 000 kilogrammes de raisins, soit environ 4 kilogrammes en moyenne par tête.
Au sortir d’une longue tranchée, on aperçoit, sur la gauche, la vallée de la Seine, qui disparaît bientôt derrière de nouveaux talus, pour reparaître de nouveau à peu de distance. On est sorti de la forêt; on entre dans une contrée bien différente d’aspect; on tra-
Thomery.
verse un charmant verger. Sur la gauche s’élèvent, de l’autre côté de la Seine, des coteaux boisés, parsemés de villages et d’arbres à fruits. Moret segnontre sur la droite. Avant de l’atteindre, on laisse à droite là ligne du Bourbonnais, et on aperçoit le viaduc courbe de Moret, haut de 20 mètres, et composé de 30 arches qui ont chacune 10 mètres d’ouverture. Les deux arches en fonte de ce viaduc donnent passage au Loing. Quand on les franchit, on découvre à droite et à gauche de gracieux paysages.
Le canal du Loing commence à Montargis , au pont du Loing, où finit le canal de Briare ; il reçoit , à Buges , le canal
ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON
d’Orléans, puis, un peu au-dessous deBuges, un court embranchement, partant du village de Puits-la-Lande, commune de Cepoy, et, après avoir suivi latéralement ou emprunté le lit du Loing, il débouche dans la Seine , à Saint-Mammès. Commencé en 1720, il fut achevé en 1724, aui frais du duc d’Orléans, le concessionnaire ; saisi en 1789 par les créanciers du duc; confisqué en 1791 ; mis en régie , de 1798 à 1807 ; enfin, après de nombreuses vicissitudes , vendu à une compagnie, en vertu d’un décret daté du 16 mars 1810. La propriété en avait été alors divisée en 1400 actions de 10 000 francs chacune, dont 600 furent distribuées pour dotations de 6" classe; 500 attribuées aux généraux, officiers et soldats qui s’étaient distingués dans la campagne d’Allemagne de 1809 ; 300 affectées à l’achèvement du Louvre. De ces 300, 120 seulement avaient été vendues avant la première Restauration. Une loi du 5 décembre 1814 rendit les 180 autres à la famille d’Orléans, qui en a reconquis successivement encore 520, devenues libres par suite de l’extinction des majorats qui y étaient attachés. La moitié seulement de ces dernières actions appartient aujourd’hui à cette famille, du chef de Mme Adélaïde; l’autre moitié, dont le roi Louis-Philippe avait disposé lors de son avènement au trône, lui a été reprise, en exécution du décret de confiscation du 14 janvier 1852.
Le canal du Loing a 57 854 mètres, y compris l’embranchement de Puits-la-Lande, long de 960 mètres, et destiné à faciliter l’exploitation de la forêt de Montargis. De Montargis à la Seine, sa pente est de 30 mèlres 19 centimètres; elle est rachetée par 22 écluses, dont une double, et 6 portes de garde, dont quatre, qui n’ont pas de chute , ne se ferment que dans les temps de crue. La compagnie ne garantit qu’un tirant d’eau de 1 mètre ; mais l’enfoncement peut aller le plus souvent jusqu’à 1“,50. Le halagese fait ordinairement à bras d’hommes; cependant un service régulier et accéléré, au moyen de chevaux, a été établi entre Saint- Mammès et Montargis. La charge des bateaux est de 70 tonneaux, en moyenne, et, au maximum, de 120 tonneaux, de la Loire vers la Seine, et de 83 tonneaux seulement, de la Seine vers la Loire, à cause de la rapidité des râcles (on appelle ainsi les parties du cours du Loing que le canal emprunte). Les frais