DE SENS A TONNERRE
Quand on quitte la gare de Sens, on longe, à droite, un petit coteau couvert de vignes, au sommet duquel s’élève ud petit pavillon octogonal, bâti il y a peu d’années sur les ruines d’une chapelle du xu° siècle, dont il reste quelques débris peu importants. Cette chapelle avait remplacé elle-même une cellule où saint Bond s’était retiré au vu” siècle pour se faire ermite. De nombreux pèlerins y montaient autrefois pour prier; aujourd’hui, on y vient surtout admirer le beau panorama que l’on y découvre sur la vallée de l’Yonne. On visitera avec intérêt les fabriques de blanc qui exploitent l’immense banc de craie qu’elle domine. D’après la légende, saint Arthème, archevêque de Sens, avait condamné saint Bond à arroser un bâton sec jusqu’à ce qu’il eût pris racine et qu’on l’eût vu se couvrir d’une nouvelle écorce, puis fleurir et porter des fruits.
De Sens à Joigny, la route de terre reste sur la rive droite de l’Yonne. Le chemin de fer remonte, au contraire, la rive gauche. Les paysages des deux rives se ressemblent. C’est partout, dans cette large, fertile et riche vallée, la même nature, riante, agréable, mais un peu monotone : la rivière, qui décrit de gracieux détours entre d’épais rideaux de peupliers, de belles prairies, des champs bien cultivés, des coteaux qui tantôt s’éloignent ou se rapprochent, tantôt s’élèvent ou s’abaissent, là, nus, blancs, crayeux; ici, couverts de vignes ou de bois. On laisse à droite Paron (468 hab.; bon vin), et Gron (732 hab.); puis on traverse Étiyny (492 hab.), avant de laisser à droite Marsangis (914 hab.) et Rousson (475 hab.). L’église d’Ëtigny, dont la tour carrée est flanquée de oontre-forts, possède un curieux bas-relief formant devant d’autel, long de 3 mètres et large de 1 mètre.
ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON
Quatre sujets religieux sont représentés dans cet espace. Cette sculpture, qui date des premières années de la Renaissance, est bien conservée. Les fragments du portail sont du xiv' siècle. Ce village a figuré dans l’histoire de France. En 1576, Catherine de Médicis et le duc d’Alençon, son fils, y tinrent, dans le château converti aujourd’hui en ferme, des conférences * pour la paix non paix, » comme dit un petit volume publié en 1577. Catherine de Médicis y dupa son fils et les protestants une fois de plus, en acceptant presque toutes leurs propositions. Aussi le clergé de Sens, qui ne prévoyait pas ce résultat definitif, et que les concessions accordées aux huguenots n’avaient nullement satisfait, refusa-t-il de chanter un Te Deum. Marsangis a conservé quelques vitraux de la belle époque du xm e siècle. Quant à Rousson , ce qu’il offre de plus intéressant, c’est son joli ruisseau, qui descend du village de Chaumont.