‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 41 sur 158 · STATION- — JOIGNY · texte numérisé non relu

STATION- — JOIGNY

11 kil. de Saint-Julien du Sault. — 146 kil. de Paris. — 169 kil. de Dijon.

— 366 kil. de Lyon.

Des omnibus, correspondant avec tous les trains, conduisent, pour 30 cent. (50 cent, à domicile), de la station à la ville éloignée de 2 kil.

On trouve à la station de Joigny des voitures de correspondance menant à : — Aillant (13 kil. pour 1 fr. 50 c. et 1 fr.) ; — Mézilles (41 kil. pour 5 fr., 4 fr. et 3 fr. 50); — Saint-Aubin

(21 kil. pour 2 fr. 50, 2 fr. et 1 fr. 75 c.) ; — Saint-Fargeau

(51 kil. pour 5 fr. 75 c., 4 fr. 75 c. et 4 fr. 50); — Saint-Sauveur (50 kil. pour 4 fr. 50 c ) ; — Toucy (34 kil. pour 3 fr.) ; —

Villier s-Saint- Benoit (31 kil. pour 3 fr., 2 fr. 50 et 2 fr.).

Joigny (hôtel du Duc-de-Fourgogne ), chef-lieu d’arrondissement du département de l’Yonne, est une ville de 6800 hab., située au pied et sur les pentes escarpées de la côte Saint-Jacques, célèbre par ses vignobles, et dont la rive droite de l’Yonne vient longer la base. Quand on a traversé son faubourg, on franchit la rivière sur un pont en pierre de sept arches, bâti, les quatre arches voisines de la rive gauche, au xviu 0 siècle, et les trois autres au xvn® siècle. Ce pont aboutit à un beau quai, spacieux, élevé, bordé de maisons sans style, mais d’un aspect agréable. En amont du pont s’étend une esplanade plantée de plusieurs rangées d’arbres. L’accès de la ville proprement dite est assez difficile. On ne gravit pas sans peine ses rues

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

étroites , tortueuses , escarpées , dont quelques-unes seraient presque impraticables, si l’on n’avait eu la précaution d’établir des rampes en fer le long des maisons. Toutefois les artistes feront bien de s’y aventurer; ils y découvriront de jolies maisons de bois des xv e et xvi e siècles. Dans la partie la plus élevée sont les restes de l’ancien château , commencé, de 1570 à 1606 , par le comte Louis de Sainte-Marthe et le cardinal de Gondi. Ce château ne fut jamais achevé; il est aujourd’hui en ruine. De ses terrasses on découvre déjà un charmant paysage ; mais les amateurs de beaux points de vue devront aller jusque sur la route de Joigny à Cerisiers. L’ancienne route s’élevait en ligne droite dans un vallon sur la montagne. La route neuve contourne la montagne du côté de l’ouest, et de son point culminant (130 mètres environ au-dessus du cours de l’Yonne) on jouit d’un magnifique panorama.

Parmi les monuments publics de Joigny, quatre seulement méritent une mention : ses trois églises et ses casernes. Ses trois églises sont du style gothique. Saint-Jean se trouvait autrefois dans l'enceinte du château (elle a été bâtie au xv c siècle) ; elle est classée parmi les monuments historiques. Saint-André, qu’on appelait alors Saint-Martin, était dans l’enceinte du prieuré, et Saint- Thibault dans les vignes en dehors des murailles. Le plus beau des deux quartiers de cavalerie est un grand bâtiment en pierres de taille et en briques qui ressemble à tous les édifices de ce genre. Enfin, l’une des salles du tribunal (la chambre du conseil) est une ancienne chapelle sépulcrale du style de la Renaissance, gravée dans V Histoire chronologique des monuments de la France.

Joigny possède un collège communal et une bibliothèque de 4000 vol. (littérature et voyages) , un tribunal de première instance, un tribunal de commerce, une salle de spectacle, etc.

Si Ton devait en croire Lebeuf, Joigny serait la cité gallo-romaine, appelée Bandritum , que les tables dePeutinger plaçaient entre Sens et Auxerre. Cette opinion ne repose sur aucune preuve. Il paraît plus probable que Joigny fut fondée par le capitaine rémois Flavius Jovinus, qui bâtit aussi, dit-on, la ville de Joinville. Elle existait au iv e siècle, car Ammien Marcellin

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