PONTIGNY
cellules, ils se montrèrent peu soucieux d’observer une règle qu’ils avaient cessé de pratiquer. Les troubles de la Ligue produisirent des effets analogues, et ce fâcheux état de choses se prolongea malgré les plaintes des rois et les exhortations des papes. D’un autre côté, à dater du concordat signé entre François 1 er et Léon X, l’abbaye, devenue l’apanage de l’intrigue, fut donnée comme récompense à des prélats commendataire3 qui la firent administrer par leurs créatures. Enfin, en 1568, les Huguenots l’envahirent et la dévastèrent. Heureusement . les moines, avertis de leur approche, avaient caché la châsse de saint Ëdme dans un caveau. Les traces de ce désastre ne s’effacèrent que lentement. Nous avons déjà dit à quelle époque l’église fut restaurée. En 1750, l’abbé Jean Grillot fit rebâtir à grands frais le palais abbatial. 11 eut pour successeur dom Chanlatte, qui se montra, avoue l’historien dePontigny, « détestable administrateur et prodigue sans mesure, car en moins de vingt-quatre ans il dépensa personnellement deux millions deux cent mille francs. Ses besoins d’argent étaient inextinguibles, et, pour s’en procurer, ses ressources aussi variées que déplorables. » Le dernier abbé, élu le 6 septembre 1788, après la mort de dom Chanlatte, se nommait d’Ëpagny ; c’était tout l’opposé de son prédécesseur ; il songeait à entreprendre d’importantes réformes, lorsque la Révolution supprima les ordres religieux. Le 15 mai 1792, l’abbaye de Pontigny fut vendue et démolie. Toutefois l’église resta debout, bien que la citoyenne Girard en eût offert 45 404 francs, qui, au cours actuel des assignats, ne représentaient même pas 200 francs en numéraire. La châsse et les restes de saint Edme demeurèrent à l’abri de tout outrage. En 1825, M. Cabias, desservant de Pontigny, substitua à l’ancienne châsse de bois doré la châsse actuelle, dont le vitrage n’est pas protégé par un grillage. Le corps de saint Edme fut trouvé couché dans sa châsse, revêtu de ses habits pontificaux, depuis la mitre jusqu’aux brodequins. On répara la mitre qui tombait en lambeaux, et on changea le linceul qui touchait au corps. Quant au bras de saint Edme, détaché du corps sous le règne de saint Louis, il est déposé actuellement dans une armoire pratiquée au milieu du mur d’une chapelle -
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Il ne reste aujourd’hui des bâtiments de l’abbaye que l’ancienne orangerie, une vaste construction servant autrefois de cellier, de grange et de greniers, un petit bâtiment où logeait le prieur du couvent, la maison et le jardin du chirurgien, enfin deux pavillons placés de chaque côté de la porte claustrale. Les murs d’enceinte, dont une partie subsiste encore, renfermaient un terrain de 21 hectares.
Il y a quelques années, Mgr l’archevêque de Sens acheta les derniers restes de cette célèbre abbaye pour y établir une communauté de prêtres et une école d’enfants. Le supérieur de cette communauté, M. Boyer, nommé en 1856 curé de Pontigny, a eu l’idée d’ouvrir une souscription en faveur de l’église, qui a un si grand besoin de restaurations urgentes. Dans son rapport au ministre, M. Viollet-le-Duc évaluait à 70 000 fr. la dépense totale qu’entraîneraient ces restaurations. Espérons que l’État ne refusera pas de prendre part, pour une forte somme, à cette souscription, s’il se refuse à faire exécuter à ses frais les travaux malheureusement trop nécessaires que réclamait le rapport de son architecte.
De Saint-Florentin à Flogny, le chemin de fer laisse à sa gauche l’Armançon, le canal et la route de terre. On aperçoit à travers les arbres du canal les clochers de plusieurs villages que traverse la route de terre : — Germigny (660 hab.), Butteaux (475 hab.), Percey (425 hab.), dont le château, du xviri' siècle, est une des plus belles habitations de la vallée de l’Armançon. Sur la plaine qui s’étend à droite de la voie se montrent : Cheu (680 hab.), Jaulges (560 hab ), et Villiers-Vineux (445 hab.), .près duquel on a trouvé, en construisant le chemin de fer, des sépultures anciennes.
24' STATION. — FLOGNY.
Il kil. de Saint-Florentin. — 184 kil. de Paris. — 131 kil. de Dijon. — 328 kil.
de Lyon.
Flogny, chef-lieu de canton de l’arrondissement de Tonnerre (403 hab.), est situé à 2 kil. de sa station., sur une éminence, au
FLOGNY.
delà du canal et de l’Armançon. La route de terre le traverse. Un pont suspendu y a été jeté en 1828 sur l’Armançon. Son château moderne est entouré d’un beau parc. Son église a un portail du xn c siècle, une tour de 1664, un chœur, des chapelles et un sanctuaire (affreux vitraux modernes) du xv e siècle. Le long de la muraille du transsept sud, on remarque une chapelle sépulcrale bâtie en 1835 pour la famille Anjorrant.
A 1 kil. à l’ouest de Flogny se trouve un camp romain bien indiqué, et nommé le camp de César ou de Villeneuve. Il a 455 mètres de largeur sur 464 mètres de longueur. De trois côtés il est entouré d’un fossé large de 15 mètres et profond de 5 mètres, dont le temps a dû diminuer les dimensions anciennes. Au sud, près de la rivière, se remarque encore un tertre considérable, en forme de demi-lune. Les habitants du pays l’appellent le donjon de César. Des fouilles faites pour les constructions de la route et du canal ont amené la découverte d’un grand nombre d’objets antiques. L’origine de ce camp est inconnue.
Au delà de Flogny le paysage ne change pas d’aspect. On a toujours, à gauche, l’Armançon, le canal et la route de terre ; à droite, une plaine un peu nue. Mais quand on approche de Tonnerre, de petits coteaux couverts de vignes et sillonnés de combes (petits vallons) bordent le chemin de fer. Les villages* deviennent plus nombreux et plus riches. A gauche Marolles apparaît au loin sur un coteau ; à droite, on laisse Roffey (395 hab.), puis on remarque à gauche Tronchoy (305 bab.), et Cheney (300 hab.), très-rapprochés l’un de l’autre. Plus loin, on longe à droite Vézinnes (400 bab.), dont le château, qui semble dater du xvi e siècle, est orné de quatre petites tourelles placées en encorbellement aux angles des pavillons, et dont l’église, du xiii siècle, offre un aspect monumental à l’intérieur (piscine en pierre du xv e siècle, bénitier en fonte finement ciselé de 1590, grandes fenêtres à meneaux en pierre du xv e siècle). Presque en face, sur la rive opposée de l’Armançon, se montre Dannemoine, beau village de 650 hab. Son ancien château, bâti vers la fin du xvi c siècle, est à demi ruiné. M. L. Le Maistre, qui a publié une monographie détaillée du château de Dannemoine ( Annuaire
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de l'Yonne, 1847), a longuement décrit le plafond du salon, relevé de vingt-deux écussons aux couleurs riches et variées, généalogie tout entière, et généalogie des plus illustres. Ce château, aujourd’hui divisé en deux, appartenait autrefois aux Clermont-Tonnerre. L’église possède plusieurs bas-reliefs dignes d’intérêt et un curieux tombeau du xvi e siècle.
• A peu de distance de Dannemoine, mais du côté opposé, un petit vallon renferme le village de Junay (205 hab.), et, quand on l’a dépassé, on ne tarde pas à apercevoir sur la gauche Êpineuil, dont M. L. Le Maistre a aussi écrit l’histoire ( Annuaire de l'Yonne de 1852). Ce village, de 565 hab., est situé dans un pli de terrain, au centre d’un riche vignoble. Son église, lourde d’aspect, a un beau chœur du xin° siècle. On y signale une chaire à prêcher, sculptée auxvm* siècle par un artiste de Tonnerre, Jean Nicolle; une statue en pierre de Marie- Magdeleine (xv c siècle), deux petites piscines de la même époque, et des fragments de peintures murales.
Quand on a traversé la fosse Dionne, on découvre à droite la ville de Tonnerre, pittoresquement située au pied et sur les pentes d'une colline, avant d’entrer dans la gare (encore non couverte) où tous les trains s’arrêtent au moins cinq minutes et où un excellent buffet a été établi.
25 e STATION. - TONNERRE.
13 kil. de Flogny. — 197 kil. de Paris. — 118 kil. de Dijon. — 316 kil. de Lyon.
On trouve à la station de Tonnerre des voitures de correspondance conduisant à: — A vallon (54kil. pour3fr. 50 c. par le courrier, 3 fr. et 2 fr. 50 c. par la diligence) ; — Chablis (15 kil. pour 1 fr. 50 c.) ; — Lormes (76 kil. pour 6 fr. 25 et 5 fr. 75 c.) ; — Nilry. (24 kil. pour 2 fr. 25 c. et 2 fr.); — Troyes (57 kil. pour 6 fr. 50 et 5 fr. 50 c ).
Von lierre (hôtels du Lyon-d’Or, des Courriers, de Genève ) doit probablement son origine à sa belle source de la fosse Dionne, autour de laquelle s’établirent ses premiers habitants, une peuplade gauloise. Sous l'es Romains, elle fut une étape de la grande voie qui reliait Alise à Sens. Elle donnait son nom, comme chef-lieu d’un pagus, à un territoire considérable appelé pagus tornodu-
TONNERRE
rensis. Plus tard, les seigneurs féodaux qui la possédèrent (ils avaient le titre de comtes) occupèrent au haut d’une colline isolée, où les Romains s’étaient fortifiés, un château dont il ne reste aucun vestige. Puis la ville haute, dominée par un château fort, eut bientôt une rivale redoutable dans la ville basse; mais ces deux villes du moyen âge furent détruites : la première, en 1359, par Édouard III d’Angleterre, et en 1414, par les troupes de Jean sans Peur ; la seconde, en 1556, par un incendie. Aussi Tonnerre a-t-elle aujourd’hui un aspect presque entièrement moderne. Tous ses édifices publics ont été, depuis le xvi* siècle, rebâtis ou tellement remaniés, qu’ils ont perdu leur caractère primitif.
En 1684, François-Joseph de Clermont, qui avait hérité du comté de Tonnerre, le vendit à Michel-François Le Tellier, marquis de Louvois, ministre de Louis XIV. Aujourd’hui Tonnerre est le quatrième chef-lieu de sous-préfecture du département de l’Yonne. Sa population se monte à 4672 habitants. C’est une ville commerçante et industrielle. Elle vend des grains, mais surtout des vins qui sont estimés. Elle possède des clouteries, des tanneries, des fabriques de faïence, des brasseries; elle exporte des escargots ; à Noyers (20 kilomètres de Tonnerre), on a essayé d’exploiter quelques carrières de marbre qui n’ont pas donné de bons résultats.
Si, au sortir de la station, on longe à gauche la palissade de clôture, on se trouve bientôt en face de la maison du chevalier d’Éon, située rue du faubourg du Pont. Cette maison, bâtie dans le style du xvii” siècle, s’élève à l’angle formé par le chemin de fer et la rue de l’Hôpital, au fond d’un petit jardin. C’est là que naquit, le 5 octobre 1728, Charles-Geneviève-Louis-Auguste-André-Timothée d’Ëon, fils de Louis d’Ëon, subdélégué de l’intendance de Paris, et de Françoise de Charenton. La nature l’avait doué d’une charmante figure et ne lui avait pas donné de barbe. Il s’amusait à se faire passer pour une femme. Louis XV l’ayaut chargé d’une mission secrète en Russie, il parvint, grâce à son costume féminin, jusqu’auprès d’Élisabeth, et il réussit, en captant les bonnes grâces de cette impératrice, à opérer un rapprochement entre la Russie et la France (1756). Ayant repris en-
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suite les habits de son sexe, il servit avec distinction dans la guerre de Sept ans. La paix conclue, il fut envoyé à Londres comme secrétaire d’ambassade du duc de Nivernais. Il se brouilla plus tard avec le comte de Guerchy, successeur du duc de Nivernais, perdit sa place, resta à Londres, publia contre le comte de Guerchy des Mémoires qui le firent condamner comme calomniateur, et reprit son costume féminin sous lequel il eut plusieurs aventures scandaleuses. Il revint en France en 1777 en grande tenue de dragon, casque en tête ; mais le roi lui imposa l’obligation de conserver jusqu’à sa mort des habits de femme pour cacher, dit-on, certaines intrigues amoureuses dans lesquelles de grands personnages se trouvaient compromis. En 1779, il fut enfermé trois mois au château de Dijon. Retiré en Angleterre dès 1784, il offrit plus tard ses services à la Convention qui. passa à l’ordre du jour, puis il vécut d’une pension que lui fit le gouvernement britannique. Le P. Elysée, confident de Louis XVIII, eut de fréquents rapports avec lui. Il mourut à Londres en 1810. L’autopsie a prouvé qu’il était du sexe masculin.
De l’autre côté de la rivière, s’élève le nouvel hôpital, dont la première pierre fut posée le 3 octobre 1848. 11 a coûté 350 000 fr., c’est tout ce qu’on peut en dire. Après avoir longé la grille en fer qui permet de voir dans toute son étendue la façade blanche de ce vaste bâtiment, on passe devant une lourde façade du xviii* siècle, on tourne à gauche sous une arcade, on longe un corps de logis insignifiant, puis on aperçoit, à demi cachée par une double allée d’arbres, la grande salle des malades, fondée et bâtie vers l’année 1293 par Marguerite de Bourgogne, belle-sœur de saint Louis, reine de'Jérusalem, de Naples et de Sicile. Cette salle, du style ogival, est aujourd’hui la chapelle de l'hôpital. On y entre par une lourde porte de 1754. Sa longueur était de 100 mètres. On remarque sa largeur, 18 m ,50, et sa hauteur; mais ce qui frappe surtout, dit M. Victor Petit, à qui j’emprunte ces détails, c’est le vide et la nudité des murailles. La chapelle ou abside, établie à son extrémité et éclairée par cinq fenêtres ogivales du xm e siècle (1293), renferme plusieurs tombeaux. Au centre s’élève celui de Marguerite de Bourgogne, composé de
TONNERRE
deux statues de marbre blanc : l'une de ces statues, à demi couchée ou assise, représente la fondatrice; l’autre, à demi nue, est, dit-on, une personnification de la Foi et de la Charité. Ce tombeau est de M. Bridan. 11 a coûté 23 000 fr., sans y comprendre le prix du marbre. Il date de 1826. Ce n’est pas une restauration, quoi qu’en dise l’inscription du piédestal : car l’ancien mausolée, transporté en 1793 de Tonnerre à Paris pour y être fondu, était en bronze.
Parmi les autres tombeaux de cette chapelle, nous citerons en première ligne celui de François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois. Il fut sculpté par deux artistes célèbres, Girardon et Desjardins. Placé d’abord dans l’église des Capucins de Paris, transporté ensuite par Alexandre Lenoir dans le Musée français, il a été, lors de la suppression de ce musée, rendu à la famille de Louvois et transporté à Tonnerre. Louvois est couché à demi. On remarque surtout, au point de vue de l’art, la tête et les étoffes. Malheureusement, cette statue est placée trop haut et mal éclairée. La statue en marbre blanc, agenouillée, représente l'Histoire. Les deux autres, en bronze, à droite et à gauche du socle, sont (droite) la Vigilance , par Desjardins (gauche), la Sagesse, , par Girardon, t les deux plus belles œuvres de bronze que possèdent les églises de notre département, » dit avec raison l’Annuaire de l’Yonne pour 1855.
A peu de distance du tombeau de Louvois, sur la gauche, un médaillon en marbre blanc représente de profil le marquis de Courtanvaux, mort en 1781, et inhumé dans la chapelle de l’hôpital, où son mausolée est resté jusqu'au mois d’août 1792.
La statue du maître autel (la Vierge et l’enfant Jésus) rappelle le style du xiv siècle.
Ôn peut encore visiter à l’hôpital, dans une salle voûtée appelée la Revestière et qui semble dater du xiv c siècle, un Calvaire composé de huit grandes statues en pierre (il y en avait dix dans le principe), et qui a été donné à l’hôpital en 1454 par un marchand de Tonnerre. On consultera, du reste, avec intérêt le curieux travail de M. Camille Dormois, économe de l’hôpital. (Notes historiques , 1852, Auxerre.)
Le gnomon (instrument qui sert à mesurer la hauteur du soleil
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et à marquer les heures, eu indiquant la longueur et la direction de l’ombre projetée), dont on voit encore des débris à l'hôpital de Tonnerre, fut établi en 1786-1788 par le R. P. dom Camille Ferouillat, savant religieux bénédictin du couvent de Saint-Michel de Tonnerre. Lalande, consulté sur ce travail, écrivit le 15 juin 1785 : « Pour moi, je désire que l’entreprise ait lieu pour la gloire de la ville et des savants qui l’habitent, et je me ferai un grand plaisir d’aller applaudir à leur succès. » L’hôpital a laissé des archives très-curieuses. Un compte
L eglise Saint-Pierre.
de 1333 établit entre autres le prix des diverses denrées, ainsi qu’il suit : le froment, 3 s. 9 d. le bichet; un bœuf, 40 s.; un mouton, 15 s.; un millier de harengs, 4 liv. 10 s.; une livre de sucre, 4 s. 9 d., plus du double d’uo bœuf; une livre de cire, 2 s.
La grande et large rue de l’Hôpital conduit à Yhôtel d'Uzès, construit ou plutôt restauré après l’incendie de 1556 par le comte d’Uzès, Antoine de Crussol, qui avait épousé la seconde fille de Bernardin de Clermont, comte de Tonnerre, et en faveur
TONNERRE
duquel Charles IX érigea Uzès en duché-pairie. Ce curieux hôtel a été malheureusement remanié, mais il offre encore beaucoup d’intérêt, seulement à l’extérieur.
De l’hôtel d’Uzès on gagne en suivant la même rue l’église Notre-
La, fosse Dionne.
Dame, dont le portail, détruit en partie par l’incendie de 1556, borde la vieille route de Noyers. La façade est de la première moitié du xvi* siècle (1533); six tableaux en bas-reliefs du portail sont relatifs à l'histoire de la Vierge; la tour date de 1626. L’escalier qui conduit à la plate-forme, et qui a 198 mar-
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ches, est remarquable par la belle exécution de la spirale centrale. On peut, du sommet, laisser tomber une pièce de monnaie sans qu’elle touche aux parois de cette étroite spirale. La grande jief et les bas côtés sont des premières années du xvi' siècle. On remarque à l’intérieur : le sanctuaire, ancienne chapelle d’un ancien Hôtel-Dieu, et qui est du xn e siècle; la deuxième chapelle du bas côté nord dédiée à la Vierge (style du xvii* siècle), renfermant deux inscriptions du xvn e siècle; dans la grande chapelle du nord , un tableau qui représente Charles de Clermont, comte de Tonnerre, à genoux : en face on voit saint Roch, et, dans le fond, une partie de la ville de Tonnerre; les orgues (boiserie du xvii" siècle); la chaire, sculptée au xvm e siècle par un Tonnerrois, etc.
L’église Saint-Pierre, qui domine toute la ville, est plus intéressante que l’église Notre-Dame. Incendiée en 1556, elle fut reconstruite de 1562 à 1601. Elle couronne un banc de rocher escarpé, entouré sur trois de ses côtés par une muraille formant terrasse et parapet. De cette terrasse on découvre toute la ville et la vallée de l’Armançon. C’est un point de vue qui vaut l’ascension.
La partie la plus ancienne de l’église Saint-Pierre est le sanctuaire, qui date de 1351. Le grand pignon de l’ouest, à côté duquel se dresse la haute tour qui sert de clocher, fut bâti au xvi e siècle. A la base de ce grand pignon est un portail ronran de la première moitié dn xn e siècle*. Ce portail, en plein cintre, se trouve caché par le hangar moderne qui sert à renfermer les soufflets des orgues, placés ainsi en dehors de l’église. Les portails latéraux, nord et sud, datent de la Renaissance (1601), ainsi que toute la partie de l’édifice située entre le pignon roman et le
1. M. Le Maistre a publié, dans l’Annuaire de l'Yonne pour 1848, une intéressante monographie de vingt-cinq pages sur l’ancienne porte romane et l'église romane souterraine de Tonnerre. Cette monographie a été tirée à part, et se vend à Auxerre, chez M. Perriquet, M. Le Maistre a publié en outre : le Tonnerrois (16 pages); du Blason et des Armoiries dans le Tonnerrois (23 pages); les Sceaux de Marguerite de Bourgogne (Il pages); Notice sur l’abbaye de Saint- Michel (35 pages); les Chevaliers de l’Arquebuse de la ville de Tonnerre (23 pages); Notice sur la découverte d’un champ de sépulture à Tonnerre (23 pages); Noltce sur l’ancienne ville de Tonnerre (22 pages); Recherches historiques sur le sexe du chevalier d’Éon (1855, 24 pages), etc. M. Le Maistre travaille en ce moment à un important ouvrage historique sur le chevalier d’Éon.
TONNERRE
chœur ogival, bâti vers la fin du xm* siècle ou au commencement du xiv*. Le chœur n’ayant pas de vitraux de couleur, on y avait placé en 1849 des stores peints. Les chapelles possèdent encore des vitraux du xvi' siècle. La chaire est du xvm' siècle ; la boiserie des orgues, des premières années du xvn*.
De l’église Saint-Pierre, on peut descendre à la fosse Dionne, soit par un petit sentier ombragé de noyers, soit par le sentier de la duchesse d’Angoulême, qui conduit vers l’extrémité du faubourg appelé Bourgberault. Mme la duchesse d’Angoulême, revenant du Midi, arriva à Tonnerre le 27 juillet 1830. Les habitants, qui voulaient la garder, répondaient d’elle. Mais craignant le régiment du duc de Chartres caserné à Joigny, elle quitta la ville incognito, tandis que les officiers de la garde nationale , la croyant toujours dans son hôtel , continuaient d’y monter la garde. Les autorités de la ville craignirent une démonstration fâcheuse, et l’engagèrent à quitter la ville. Une voiture l’attendait à l’extrémité du boulevard; elle alla la rejoindre par ce sentier, qui a gardé son nom, sous la conduite de M. Patourneaux, le sous-préfet.
Vers l’extrémité de ce faubourg, on peut, dit M. Victor Petit, voir et suivre les beaux et grands escarpements de roches qui présentent au-dessus des maisons l’aspect le plus pittoresque et le plus inattendu aux abords d’une ville. Une petite ruelle, située entre les n°* 99 et 100, permet de s’avancer jusqu’aux rochers , qui non-seulement sont escarpés , mais encore s’élèvent en surplomb au-dessus de la tête des promeneurs.
La fontaine de la fosse Dionne est une magnifique source qui sort de la base d’une haute colline. Elle jaillit dans un bassin de 15 mètres environ de diamètre, au sortir duquel elle forme une petite rivière qui, à 200 mètres de sa source, se jette dans l’Armançon. Malheureusement cette belle fontaine est entourée de hideuses masures et d’un hangar appuyé à une haute et laide muraille. Elle sert surtout aux blanchisseuses.
Tonnerre possède encore un collège très-ancien dont il est fait mention dès le xm* siècle. En 1800 il fut établi dans le couvent des anciennes Ursulines dont la chapelle sert aujourd’hui de théâtre; un hôtel de ville construit en 1830, qui renferme un por-
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trait du maréchal Davoust, né à Annoux (Yonne), et celui du général Gouré de Villemonté.
Entre la ville et la station du chemin de fer s'étend une magnifique allée de marronniers.
De Tonnerre à Tanlay, le paysage n’offre aucun trait saillant. On continue à remonter la vallée de l’Armançon, en ayant à gauche le canal, à droite la route de terre. A peu près à moitié chemin, on traverse une longue tranchée en partie perreyée, au delà de laquelle on aperçoit l’Armançon. Plus loin, au sortir d’une seconde tranchée, on découvre Commisse)’ et Tanlay sur la gauche.