ANCY-LE-FRANC
tice mourut en 1570, ils ne furent achevés qu’en 1622. On habita toutefois le château longtemps avant cette dernière époque. Si Henri II ne put pas y être reçu quand il vint dans le Tonner-
rois, Henri IV s’y arrêta plusieurs fois, et notamment en 1591. En 1631, à sou retour de Metz, Louis XIII y logea, et, le 12 juin 1674, le comte François y fut honoré de la visite de Louis XIV qui, pour la seconde fois, venait de conquérir la Franche-Comté. En 1683, le comte François-Joseph de Clermont le vendit au marquis de Louvois, fils du chancelier Le Tellier, qui lui acheta, l’année suivante, le comté de Tonnerre et ses dépendances; et, depuis lors jusqu'à nos jours, la famille de Louvois l’a toujours
Château d'Ancy-le-Franc.
possédé; seulement, bien que la Révolution l’eùt laissé intact, le mobilier et les archives furent vendus, dispersés ou détruits en 1793. M. de La Salle, qui fut adopté en 1841 par le dernier marquis de Louvois, mort en 1844, avait commencé d’importants travaux de restauration que le propriétaire actuel, M. le marquis de Clermont-Tonnerre a fait continuer avec un goût parfait; aussi, la Société française d’archéologie lui a-t-elle voté une médaille d’argent.
Le château d’Ancy-le-Franc n’est pas parvenu jusqu’à nous tel «que l’avait conçu et commencé le Primatice. Non-seulement le pont-levis a été supprimé, les fossés remplis d’eau ont été com-
ITINERAIRE DE PARIS A DIJON
blés en partie, mais quatre nouvelles fenêtres ont dû être ajoutées par étage sur chacune des quatre grandes façades, et les anciennes fenêtres ont perdu la double croisée en pierre qui les divisait autrefois. Enfin, les pavillons élevés aux angles des quatre façades, et plus hauts d’un étage, témoignent aussi de remaniements importants. M. Victor Petit a signalé toutes ces différences dans l'Annuaire de l’Yonne de 1854.
On arrive généralement dans le château par la cour d’honneur. A l’écusson des Clermont, placé au-dessus de la porte d’en trée, détruit probablement pendant la Révolution, s’est substitué celui de la famille de Louvois. En avant et au-dessus de cette porte, deux belles consoles d’ordre dorique, cannelées, soutiennent, avec deux énormes colosses, un large balcon assez richement orné. Cette porte franchie, il faut monter neuf marches pour arriver au niveau de la cour intérieure, qui a 21 mètres de largeur sur chacun de ses quatre côtés, et des deux galeries latérales. Cette cour, dit M. Victor Petit, produit un grand effet. Elle est décorée, dans le goût italien, de deux ordres de pilastres composites.
Le rez-de-chaussée était occupé dans le principe par de grandes salles et galeries voûtées en pierre, qui avaient été divisées et plafonnées pour être rendues habitables, et qu’on a rétablies dans leur état primitif. Plusieurs de ces salles sont décorées de peintures et d’arabesques. Au premier étage, où montent quatre escaliers circulaires, l’écrivain que nous venons de citer signale: — la galerie de Pharsale, où Niccolôdell'Abbate a peint, diton, la bataille de Pharsale ; — le cabinet des fleurs , décoré d’une copie médiocre d’un portrait de Diane de Poitiers (en Diane chasseresse) ; — la chambre du cardinal, ainsi nommée d’un portrait du cardinal de Richelieu, et décorée de tableaux ovales allégoriques, attribués aux élèves du Primatice : le plafond de cette pièce est divisé en neuf caissons subdivisés en compartiments variés, ornés d’arabesques, de médaillons, de cabochons, de fleurons dans le genre et le goût de l’époque d’Henri II ; — la chapelle, située dans l’un des grands pavillons faisant l’angle du nordouest et vis-à-vis de la grande pièce d’eau du parc. Elle a envi-' ron 10 mètres de longueur sur 6 mètres de largeur. Les pein-