‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 53 sur 158 · ANCY-LE-FRANC · texte numérisé non relu

ANCY-LE-FRANC

tares plus que médiocres qui se trouvent au-dessous de la voûte sont de Menassier, et datées de 1596. Au-dessous des figures eu pied des apôtres, des prophètes, des sibylles peintes en camaïeu sur un fond doré, décorent les vingt-quatre panneaux d’un large lambris. A droite et à gauche de l’autel sont quatre portraits de famille. Au-dessus de la porte, on remarque un assez bon tableau d’un auteur inconnu, représentant l’adoration des bergers. Un entablement sculpté et surmonté d’un cartouche, ou les

Fontaine dans le parc d’Ancy-le-Franc.

armes de Louvois ont remplacé celles de Clermont, renferme deux inscriptions qui méritent une mention. L’une est un bref de Clément VIII, en date du 31 octobre 1603, accordant dix ans et autant de quarantaines d’indulgences à tous fidèles pénitents confessés et communiés qui, dévotement, visiteront la chapelle du château d’Ancy-le-Franc, le jour de Saint-Pierre et Saint- Paul de juin. < C’était assurément, dit M. le baron Chaillou des Barres, une insigne faveur dont on trouverait bien peu d’exem-

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

pies, qu’un bref ainsi conçu, et accordé à l’occasion d’une simple chapelle bâtie dans l'intérieur d’un château qui n’était point royal. Toutefois la reconnaissance de la cour de Rome explique cette marque d’une si haute bienveillance. Les successeurs de Calixte II n’oubliaient pas qu’au commencement du xn e siècle l’un des aïeux d'Henri de Clermont-Tonnerre avait rétabli le pape sur le trône pontifical, après avoir chassé de Rome l’antipape Bourdin. Mais la seconde inscription, qui se lit à gauche, comment se l’expliquer? Elle est bien plus qu’étrange 1 accorder des indulgences (40 jours de vrai pardon), le 24 février 1604, à tous ceux qui visiteront cette chapelle toutes les fêtes de Notre-Dame et le jour de la fête de Saint-Mathias, et qui y feront leurs prières pour le seigneur, madame la comtesse et messieurs leurs enfants : ceci dépasse toute croyance. ï

Signalons encore dans le château d’Ancy-le-Franc : la grande salle des Gardes, longue de 19", 20 et large de 9“,10 ; la galerie des Sacrifices, décorée de peintures médiocres ; le grand salon (Taccienne chambre de Louis XIV), restauré vers 1826 dans le style du règne d’Henri III; et enfin le cabinet du Pastor Fido, petite pièce qui jouit d’une réputation méritée. En effet, elle est décorée d’une belle boiserie en chêne de 2 mètres environ de hauteur (dans le style composite), au-dessus de laquelle on remarque huit tableaux, bien conservés, attribués à Niccolô dell’ Abbate, et dont les sujets sont tirés d’un roman pastoral.

Les curieux jardins français du château d’Ancy-le-Franc ont été depuis bien des années sacrifiés à des jardins anglais. Nous ignorons s’ils seront compris dans la restauration commencée.

Autrefois la poste aux chevaux était établie dans la seconde cour des dépendances, et les chaises de poste, ainsi que les diligences , traversaient la cour d’honneur au lieu de suivre les rues de ville.

La station d’Ancy-le-Franc dépassée, on entre dans une tranchée perreyée, au sortir de laquelle on aperçoit à gauche, sur l’autre rive du canal, Chassignelles (425 hab.), village entouré autrefois d'une épaisse muraille d’enceinte, démolie depuis peu.

Plus loin, à droite de la voie de fer, se montre Fulvy (207 hab.),

Page 1