‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 54 sur 158 · STATION. - NUITS-SOUS-RAVIÈRES · texte numérisé non relu

STATION. - NUITS-SOUS-RAVIÈRES

B kil. d’Ancy-le-Franc. - 225 kil. de Paris.— 90 kil. de Dijon. — 287 kil. de Lyon.

Nattg-Bous-Ravièren est un village de 464 hab., que l’Armançon et le canal séparent de Raviéres, dont la population se monte à 1267 hab. Ils appartiennent tous deux au canton d’Ancy-le- Franc, arrondissement de Tonnerre (Yonne). Nuits s’entoura en 1544 d’une muraille, qui ne l’empêcha pas d’être pris, pillé et incendié peu de temps après, et dont il ne reste plus qu’une porte fortifiée, défendue par un pont-levis et par une barbacane. En avant de cette porte, au bord de l’Armançon, s’élèvent deux colonnes monumentales construites au xvm e siècle. Un peu plus loin, de beaux massifs d’arbres cachent en partie un château bâti vers la fin du xvi® siècle, et habité jusqu’à la Révolution par les seigneurs de Nuits. L’église (le portail, fin du xn® siècle; Je chœur, milieu du xvi e siècle) a été affreusement badigeonnée à l'intérieur; elle n’ofTre d’ailleurs aucun intérêt.

Raviéres a été aussi entouré d’un mur d’enceinte, aujourd’hui presque entièrement détruit. On y remarque quelques vieilles maisons, qui ne tarderont pas à disparaître, et l’ancien château bâti au xvi e siècle. Son égjjse paroissiale a un beau portail sculpté du milieu du xv® siècle. Parmi les statues qui la décorent M. Victor Petit signale celle de saint Jean-Baptiste, « chefd’œuvre de modelé et de vérité, style du xv e siècle. Excellent. * Sur le premier pilier à gauche en entrant, on lit l’inscription suivante : « 1591, le xxii de septembre, Raviéres fut démantelé, et, le m de novembre, l’église et la ville pillées. »

On sort de la station de Nuits, comme on y arrive, par une tranchée. Quand les talus s’abaissent, on aperçoit à gauche l’Armançon, serpentant dans des prairies ombragées de peupliers. Les hautes collines qui s’élèvent au delà du canal appartiennent déjà au département de la Côte-d’Or, mais on est encore dans le

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

département de l’Yonne. A peine a-t-on vu à gauche le village de Cry (318 hab.), qu’on entre dans une longue tranchée en partie perreyée, puis on découvre Perrigny (183 hab.), près duquel des forges attirent les regards sur le bord de l’Armançon , un peu en deçà d’Aisy.

Entre les stations de Nuits et d’Aisy, les touristes archéologues pourront aller visiter les belles ruines du château de Rochefort, c l’un des plus curieui châteaux qui soient restés, dit M. Victor Petit, dans toute la province de Bourgogne , un des plus beaux type3 des constructions de la fin du xv c siècle ou du commencement du xvi® siècle. » Ce château, plusieurs fois détruit et rebâti du xi c au xv° siècle, démantelé en 1411 par Jean sans Peur, reconstruit alors tel qu’on le voit encore aujourd’hui, couronnait le sommet d’un rocher escarpé, près du village d’^sniéres-en- Montagne. En 1806, les grandes toitures étaient encore intactes ; on les enleva pour les faire servir à la réparation d’une habitation voisine. La terre de Rochefort appartient actuellement à la famille de la Guiche. On peut, en s’adressant au garde-chasse, logé au château , visiter ces ruines imposantes dont M. Victor Petit a publié une belle lithographie dans Y Annuaire de l’Yonne (1854), qui en contient en outre une intéressante description. De Ravières à Rochefort par la montagne il n’y a que 4 kil. ; en passant par Asnières, ou ferait 2 kil. de plus, mais le chemin serait meilleur pour les voitures. Gn peut aussi suivre le canal, tourner à gauche au moulin d'Arlot, à la base d’une haute colline pierreuse, puis longer les murs d’up vaste parc. A l’un des détours de ce chemin, qui conduit au village d ' Asnières-en- Montagne, on découvre tout à coup les ruines de Rochefort (de 5 à 6 kil.).

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