‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 81 sur 158 · DIJON. — BIBLIOTHÈQUE · texte numérisé non relu

DIJON. — BIBLIOTHÈQUE

une partie des bâtiments de l’ancien collège des jésuites où se trouve l’école de droit (à gauche dans la cour). Elle se compose aujourd’hui de 50 000 volumes et de 600 manuscrits. Son catalogue, terminé en 1840, remplit 43 volumes in-folio. Parmi les manuscrits , M. Goussard signale : une Bible du xm° siècle, grand in-folio, sur vélin, à deux colonnes; une autre Bible in-12, également sur vélin et du xm e siècle; un très-beau Virgile avec ses commentaires de Servius, de la fin du xvi e siècle, in-folio sur vélin ; un Roman de la table ronde du xv* siècle, avec vignettes, in-folio; la Chronique de saint Bénigne : un cahier du Bréviaire cistercien , du xv siècle, curiosité bibliographique d’un grand intérêt, et qui est faussement connue sous le nom de Bréviaire de saint Bernard; une histoire de l’hôpital du Saint-Esprit de Dijon , par dom Calmelet, in-folio orné d’une grande quantité de dessins, et V Enéide de Virgile virée en vers patois borguignons, etc. La collection d’autographes réunie par l’ancien bibliothécaire, M. Toussaint, est riche et curieuse. Le médaillier date de 1829. Des bustes des hommes célèbres nés à Dijon ornent les salles.

La bibliothèque est ouverte tous les jours au public, de onze heures à trois heures, excepté les dimanches et fêtes, la quinzaine de Pâques et les mois de septembre et d’octobre; et de sept heures à neuf heures du soir, à partir du 16 novembre jusqu'aux vacances de Pâques. Les étrangers sont admis toute Tannée à la visiter.

Les Archive» départementales de la Côte-d’Or et de l’ancienne province de Bourgogne occupent actuellement l’ancien hôtel de ville (rue Jeannin), acheté en 1501 par la ville 1500 livres, reconstruit en 1707, et vendu au département, en 1833, 170 000 fr. Ce vaste établissement renferme, dans douze salles, une précieuse collection de titres historiques et privés se rattachant soit à l’ancienne Bourgogne, soit au département de la Côte d’Or :

1° Inventaires. Bibliothèque. Bureaux. — 2° Terriers. Cartulaires. Chronique. — 3- Chambre des comptes. Archives ducales. — 4° Cbrgé régulier. — 5° Clergé séculier. — 6° Monuments religieui de la ville de Dijon. — 7° Intendance. Féodalité.— 8° États généraux. —9° Anciennes impositions. Plans. —

ITINÉRAIRE DE PARIS A DIJON

10° Ancienne comptabilité de Bourgogne et de Bresse. —11° Administration communale. — 12° Administration départementale. Les archives sont ouvertes au public de deux à quatre heures du soir. Le conservateur actuel est M. Rossignol, qui a publié tout récemment une dissertation sur Alise (v. page 155), en réponse au mémoire de M. Delacroix.

L’ancien hôtel de ville n’a de remarquable qu’une grande salle, qui servait autrefois aux séances solennelles du conseil. La cheminée, soutenue par deux cariatides, est ornée de deux statues, attribuées à Dubois. Le plafond, entièrement sculpté en bois, passe aussi pour l’œuvre de Dubois.

Le Musée de la Commission départementale des Antiquités de la Côte-d’Or, en ce moment aux archives, doit occuper les trois salles sises au rez-de-chaussée de l’aile orientale de l’hôtel de ville. Nous ne pourrons indiquer les principales curiosités de ce musée que lorsqu’il sera installé: nous nous bornerons pour le moment à constater que les objets d’art, romains ou du moyen âge , dont se compose la collection recueillie par la Commission d’antiquités, intéresseront les archéologues.

Les Archive» de la ville, presque entièrement détruites par les incendies de 1137 et de 1227, transportées dans l’une des tours de Notre-Dame, installées actuellement à l’hôtel de ville, renferment (1380 liasses et 1450 registres) des documents d’un grand intérêt, non-seulement pour les droits de la ville, mais aussi pour son histoire et pour celle de plusieurs villes de France. On peut y visiter : la charte de commune, accordée en 1187 par le duc Hugues 111; un diplôme du roi Philippe Auguste, daté de 1183, ainsi que d’autres pièces extraites du trésor des chartes, et toutes munies de sceaux encore entiers ; les évangiles de la mairie, qui jadis faisaient partie des marques de la magistrature remises au vicomte maïeur le jour de son élection; une riche collection des anciennes mesures de longueur, pesanteur et capacité, etc. L’archiviste actuel, M. Joseph Garnier, a publié d’intéressantes monographies sur le Bourg, la Maladière, Talant, etc.

Industrie et commerce.

L’établissement du chemin de fer de Paris à Lyon, l’ouver-

Page 1