FIX1N
l’île d’Elbe acquit au-dessus du manoir de la Perrière un terrain de cinq hectares, moitié planté de bois, moitié abandonné à la vaine pâture. Ce terrain défriché, il l’entoura de murs auxquels il donna la forme de bastions crénelés, puis il se construisit une espèce de fort sur un des points les plus élevés. Un jour qu’il avait reçu dans cette propriété naissante la visite d’un de ses compatriotes et amis, le sculpteur Rude, il s’étonnait avec lui qu’aucun département français n’eût encore songé à ériger un monument à l’empereur Napoléon. « Où voudriez-vous placer ce monument? demanda Rude. — Ici, s’écria M. Noisot , d’où j’aperçois les Alpes témoins de sa gloire ; ici, d’où mon œil plane sur une partie de cette Bourgogne » — à l’affection de laquelle il croyait tant que, sur son lit de mort, il disait à un de ses plus fidèles serviteurs : c Ton exil va finir; tu vas revoir le sol sacré de la patrie. Acquiers une propriété en Bourgogne, fixes-y ta résidence; j’y suis aimé; on t’y aimera en mémoire de moi! — Eh bien, répondit M. Rude, je vous ferai un empereur. » Telle fut l’origine du monument élevé à Napoléon dans le modeste village de Fixin , aux frais de M. Noisot, inauguré le 19 septembre 1847, et portant l’inscription suivante :