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LE CLOS DE VOUGEOT

La cueerie forme un beau quadrilatère à cour centrale, dont les galeries ont 30 mètres de long, sur 10 de large, éclairées chacune par trois fenêtres élevées, donnant un demi-jour favorable. Trente quatre cuves de tailles différentes y sont rangées en bataille. Elles peuvent cuver à la fois 4&0 pièces; l’épaisseur de leurs parois n’est que de 3 centimètres, d’où l’on conclut leur ancienneté. Un couvercle descendant, à fond foré d’un seul trou, les recouvre toutes. Ces foudres, de bonne construction et bien entretenus, ont été fabriqués avec du chêne d’Allemagne, en bois de sente, et par des ouvriers rhénans.

Le clos de Vougcot.-

Le pressoir monacal contient encore les quatre antiques pressoirs, énormes grossières machines, dont six pièces, liées tant bien que mal, composent l’arbre.

Deux celliers, l’un de 5 mètres en hauteur, l’autre de 3 mètres, peuvent recevoir 16000 pièces. Ils ne sont point voûtés, mais le plafond est chargé de 66 centimètres de terre recouverte d’un dallage. La lumière y est facilement réglée à l’aide de volets, et l’air atmosphérique introduit par de petites fenêtres à lancette. De la sorte, les thermomètres

ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON

peuvent marquer f» degrés centigrades en hiver et 12 degrés en été. Il est reconnu que cet usage de varier et de régler la lumière et la température est excellent.

Le Clos est planté en pinot noir. Le chardenel ou pinot blanc, qui, il y a vingt ans, s’y trouvait dans proportion d’un cinquième, a été successivement réduit au quinzième et le sera au vingtième. Enfin, cinq ou six cents pieds de bureau ou pinot gris sont disséminés dans le vignoble.

Le Clos donne 13 hectolitres par hectare en moyenne, quantité un peu inférieure à ce qui s’obtient dans la contrée. Quoi que la malveillance ait pu répandre, il est visible, il est certain qu’on ne fume point; on apporte seulement quelques terres végétales et des marcs distillés, uniquement pour le provinage , qui s’opère par vingtièmes. Le sol reçoit quatre façons, suivant l’usage de la Bourgogne.

En 1838, il y eut invasion subite et désastreuse de la pyrale. Le Clos fut ravagé , et comme par privilège , car les propriétés voisines échappèrent au fléau. Un combat à outrance se livra au terrible insecte, qui ne fut vaincu qu’après six ans d’une guerre d’extermination. Chaque campagne coûta 500 fr.

La vigne du Clos-Yougeot a plus de 2000 ans et cette plantation donne sur le même terrain des produits toujours trèsestimés.

A la gauche du chemin de fer, presque en face de Vougeot, on aperçoit le clocher de Gilly-lez-Citeaux (555 hab.), dont M. Joseph Garnier a écrit l'histoire dans le tome premier des Mémoires de la Commission des Antiquités de la Côte-d’Or. En 1370, les abbés de Cîteaux se firent bâtir un château dans ce village (ils en avaient acquis le prieuré au xn* siècle). La famille de Tienne y possédait une forteresse dès 1299 ; de là naquirent des querelles souvent sanglantes, qui ne s’apaisèrent un instant que pour recommencer avec une nouvelle violence. Eo lâ70, Guillaume de Vienne vendit sa forteresse à l’abbé de Cîteaux, et celui-ci s’empressa de la faire démolir. En 1599, le duc de Nemours assiégea et prit le château de l’abbaye. En 1636, les troupes impériales, qui envahirent la Bourgogne sous les ordres de Galas, l’incendièrent; il fut rebâti de 1638 à 16â8, et vendu en 1791 comme propriété nationale ; il appartient actuellement à M. Ouvrard.

VOUGEOT. — VOSNE.

L’abbaye de Citeaux (voy. ci-dessous page 261) est à 1 1 kilomètres de la station de Vougeot. Le chemin qui y conduit traverse le bois de la Grange-Neuve. Dans la plaine, à côté de Gilly, se trouve le village de Flagey-lez- Gilly (285 hab.), dont le territoire, se prolongeant sur la Côte en une bande étroite entre Vougeot et Vosne, comprend le climat tête de cuvée des Grands Écheseaux et neuf climats de première cuvée.

' Vosne (510 hab.) est situé à la droite de la voie ferrée, au pied de la Côte, au delà de la route de terre. Son vignoble comprend près de 200 hectares dont plus des trois quarts sont consacrés aux plants fins. Il est sans contredit le premier de la Côte-d’Or. « Corps moelleux , extrême finesse et bouquet élevé, a dit un juge des plus compétents, il réunit toutes les qualités désirables. » Au milieu de ses climats on a peine à établir une classification. M. Lavalle cite sous le titre de tête de cuvée • Romanée-Conti (1 hectare 83 ares 53 hectares), àM. Ouvrard; et Richebourg (4 hectares 93 ares 45 centiares), à divers propriétaires; la Tache (1 hectare 43 ares 5 centiares), à MM. Liger-Belair et Lausseure ; la Romanée (83 ares 45 centiares), à M. Liger- Belair. La Romanée-Conti, le plus célèbre de tous ces climats, appartenait, au xv e siècle, à la famille Croonembourg ; en 1760, André Croonembourg la vendit 80 000 livres et 100 louis de chaîne à Jean-François Joly, conseiller d'Ëtat à Paris, qui l’acquit pour le prince de Conti. Quand Louis XIV eut été opéré de la fistule, les médecins lui conseillèrent pour reprendre ses forces l’usage des vins vieux de la côte de Nuits et de Beaune ; la Romanée rétablit promptement sa santé, L’an n de la République, la propriété du prince de Conti fut vendue à un sieur Defère, cultivateur à Paris , moyennant 112.000 livres. Avant la Révolution, le climat de la Tache appartenait au chapitre de Nuits, et les autres climats de Vosne étaient possédés en grande partie par des ordres religieux.

Le cimetière de Vosne renferme la tombe du dernier abbé de Cîteaux, François Trouvé, nommé en 1748 et mort en 1797, à Vo3ne, où il s’était rétiré en 1791.

Aux deux tiers du remblai de Vosne, on traverse, sur un pont haut de 10 m ,42, le ruisseau la Bornue, un des affluents de la

Vouge, puis on s'enfonce dans une tranchée longue de plus de 2 kilomètres, dont le point culminant dépasse 9 mètres, et qui ne cesse qu’à la station de Nuits.

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