‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 91 sur 158 · STATION. - VOUGEOT · texte numérisé non relu

STATION. - VOUGEOT

« kil. de Gevrey. — 17 kil. de Dijon. — 332 kii. de Paris. — 180 kil. de Lyon.

Vougeot (245 hab.) Se trouve situé à la droite de sa station, sur la Vouge, qui y prend sa source. La route de terre le tra- ( verse,; il appartient au canton de Nuits , arrondissement de Beaune. C’est à son extrémité méridionale que s’étend le Clos dont les vins sont connus dans le monde entier. Chose étrange en dehors de ce clos si justement célèbre , on ne récolte à Vougeot aucun vin de première cuvée.

Le Clos de Vougeot a une superficie de 50 hectares 85 ares 45 centiares. Ce n’était, au commencement du xn® siècle, qu’une friche sans valeur, concédée par ses divers possesseurs aux moines de Cîteaux, qui y fondèrent alors un établissement viticole. Dans le principe, la culture de ces vignes fut confiée à des frères convers , dont le chef prit le titre de magister cel~ larii (maître du cellier), mais qui, dès le xiv e siècle, furent remplacés par les plus expérimentés des vignerons de Gilly et de Vougeot, qu’on payait, en 1387, de quatre à six francs par an.

Plus tard, quand l’usage de cultiver à moitié, déjà en vigueur au xiv* siècle, fut généralement adopté dans toute la Côte, l’abbaye de Cîteaux dut subir la règle commune , avec cette différence qu’elle garda la totalité de la récolte, eu payant aux vi- 119 15

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gnerons leur moitié en argent sur le taux des gros fruits du bailliage de Nuits, et cela jusqu’à la Révolution.

L’abbé de Cîleaux ayant fait bâtir, en 1367, à Gilly, un château fort pour lui servir de refuge pendant les guerres, le clos de Vougeot, dont l’administration avait été jusque-là distincte, devint une dépendance de la terre de Gilly ; le clestrel, ou gouverneur du château, absorba le maitre du cellier ; dès lors, et jusqu’au xvn e siècle, on ne garda plus à Vougeot que les vins de l’année, les autres furent amenés et enmarchiés dans les caves du nouveau château, et la maison du Clos resta, hors le temps des vendanges, sous la seule garde d’un cellerier et de sa servante, qui, en 1386, avaient un franc de gage par an. Cette maison se oomposait alors d’une modeste habitation , d’une petite chapelle, d’un pressoir et d’un grand cellier. En 1551, dom Jean Loisier, abbé de Clteaux, en démolit une partie pour faire construire le château qui subsiste aujourd’hui, mais qui resta inachevé. C’est un édifice de style sévère, composé de deux corps de logis disposés en équerre, dont la principale façade regarde le nord. L’entrée, tournée du même côté et flanquée de deux gros pavillons carrés, ne manque pas de caractère; les portes se distinguent par une charmante ornementation du style le plus pur de la Renaissance.

Confisqué à la Révolution , le clos de Vougeot fut adjugé le 17 janvier 1791 comme bien national, avec la terre de Gilly, les Richebourg, quelques terres et d’autres vignes, à M. Focard, propriétaire à Paris, moyennant la somme de 1 140 600 francs, non compris le douzième. Le dernier des pères celleriers , dom Gobiez, mourut à Dijon en 1810. Quand le général Bonaparte revint de Marengo, il passa à Dijon (18 juillet 1800). On demanda pour lui du vin de Vougeot à dom Gobiez, i S'il veut du Vougeot de quarante ans , répondit le vieux moine, qu’il en vienne boire chez moi, je n’en vends pas. »

Le clos de Vougeot a eu successivement pour propriétaires MM. Focard, Tourton, Ravel et Ouvrard père, le célèbre fournisseur de l'Empire. Il appartient aujourd’hui à M. Ouvrard fils.

En 1844, M. Leclerc donnait les renseignements suivants dans son rapport au congrès des vignerons :

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