NUITS
rent, égorgèrent une partie de ses habitants et emmenèrent prisonniers ceux dont ils pouvaient espérer une grosse rançon. En 1591, le comte de Tavannes s’en empara par un coup de main, et le duc de Nemours la reprit peu de temps après. En 1595, elle se rendit à Biron sur sa première sommation ; aussi n’eut-elle à payer que 30 écus d’or au trompette pour son droit de sommation. Ses fortifications furent souvent réparées et même augmentées au siècle suivant ; mais on cessa de les entretenir dès que, le traité de Nimègue ayant incorporé la Franche-Comté
Vue de Nuits.
à la France , elle ne fut plus une ville frontière. Elles ont été démolies pendant le rvnr siècle et remplacées par des promenades. Nuits est aujourd’hui une ville ouverte, enrichie par l’industrie (manufactures de draps, vinaigreries, distilleries, tanneries, vin mousseux, etc.), mais surtout par le commerce des vins. Elle est généralement bien bâtie ; car la plupart de ses habitants sont riches ou dans l’aisance. Toutefois, elle n’offre rien de bien intéressant à un étranger. On peut voir dans l’hôtel de ville un assez médiocre portrait d’un illustre Nuiton , François Thurot,
ITINÉRAIRE DE DIJON A LYON
le Jean Bart de la Bourgogne. L'église Saint-Symphorien (dans le faubourg de Nuite-à-Mont) date de la fin du xhi° siècle; l’intérieur renferme un triptyque peint sur bob ; l'église collégiale de Saint-Denis a été bâtie dans les premières années du xiv c siècle. Quand Henri IV eut ordonné la démolition du château deVergy (10 kil. de Nuits dans la montagne) et de son église desservie par un chapitre, les chanoines de Saint-Denis de Vergy traitèrent avec la ville pour venir s’établir dans l’église de Nuits-à-Val (1609). L’hôpital Saint-Laurent, dont la fondation remonte au delà du xiv® siècle, attire de loin les regards par son petit clocher en forme de dôme.
Les vignes cultivées sur le territoire de la commune de Nuits forment deui grandes divisions ; les pinots ou noinens (vignes fines) et les gamets (vignes communes). Les pinots occupent 2à0 hectares répartis en 50 climats. Nous ne pouvons pas, on le conçoit, donner ici la liste de ces nombreux climats. Le Saint- Georges mérite le premier rang pour la conservation, la couleur, le bouquet, la finesse, lorsqu’il a acquis l’âge nécessaire, dix à vingt ans, çelon les années; viennent ensuite, pour le corps et le bouquet, les Vaucrains, les Pruliers, etc.; pour la finesse, mais avec moins de corps et de durée, les Cailles, les Porrets, les Perrières, Pondères, Argillas, Thorey, etc. Le Saint-Georges a longtemps appartenu au chapitre de Saint-Denis, qui fut fondé à Vergy, en 1023, par Humbert, archidiacre d’Autun, et Élisabeth, sa sœur. Le clos de vignes de Château-Latour, contenant 38 hectares, a été vendu récemment par adjudication 1 311000 fr., ce qui porte à environ kO 000 fr. le prix de l’hectare.
Le Château de Vergy s’élevait à 7 ou 8 kilomètres au nord-ouest de Nuits, sur une montagne isolée, dont le point culminant atteint 513 mètres. On ne pouvait y arriver que d’un seul côté, par un sentier étroit, tortueux et rapide, L’époque de sa fondation est inconnue; mais, dès le ix* siècle, il appartenait à la puissante maison des comtes de Châlon. Manassès, l’aîné d’une des branches de cette famille princière, à qui il échut en partage, en fit sa principale résidence et en prit le nom. Il passait pour imprenable. Aussi, en 1153, Louis VII l’offrit comme un asile assuré au pape Alexandre III, poursuivi par l’empereur