‹ De Paris à Lyon et à AuxerreChapitre 97 sur 158 · STATION. - BEAUNE · texte numérisé non relu

STATION. - BEAUNE

9 kil. de Corgoloin. — 37 kil. de Dijon. — 352 kil. de Paris. — 161 kil. de Lyon.

Des omnibus, correspondant avec tous les trains, conduisent de la station à la ville, et vice versa.

On trouve, à la station de Beaune, des voitures de correspondance conduisant à : Bligny - sur - Ouche (18 kil. pour 60 c.); — Corberon (14 kil. pour 1 fr. et 75 c ); — Pommard (b kil. pour 20 c.); — Savigny (6 kil. pour 30 c.); — Seurre (28 kil. pour 1 fr. 25 et 1 fr.); — Volnay (7 kil. pour 30 c.). Il part aussi de la station de Beaune une voiture pour Autun, passant par la Rochepot et Nolay.

Beaune (hôtels Brian , de France , de l’Arbre d’or , du Chevreuil), chef-lieu de l’ancien bailliage de ce nom, aujourd’hui chef-lieu d’arrondissement du département de la Côte-d’Or, ville de 10 800 habitants, située sur la Bouzoise, qui prend sa source à peu de distance, fut, dans l’origine, comme Dijon, un poste militaire établi par les Romains chez les Ëduens (belno caslrum, belna, belnum). Au vi e siècle, une ville assez importante s’était déjà formée autour de ce castrum; elle devint le chef-lieu du pagus Belnensis. Les Sarrasins la brûlèrent au vnr siècle. Elle se releva de ses ruines, car elle avait des comtes au siècle suivant. Son comté appartenait alors aux sires de Vergy. Manassès I er le réunit à ceux de Dijon et de Cbâlon, qu’il possédait déjà. Elle passa plus tard aux dauphins du Viennois; et le duc de Bourgogne, Hugues III, l’incorpora, en 1227, à son duché, mais, dès 1203, la ville avait obtenu, du duc Eudes III, une charte de commune au prix de 200 marcs d’argent par an. Dès lors son industrie, devenue libre, prit des développements considérables. Ses fabriques de drap étaient surtout renommées, les eaux de la Bouzoise et de la fontaine de l’Aigue, y étant très-

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propres à la teinture des étoffes, surtout pour l’écarlate. On y trouvait aussi d’habiles ouvriers en fer et en acier, dont les produits étaient recherchés. En vain la famine et la peste déciment, à diverses époques, sa population ; en vain les Tardvenus la pillent vers 1365; en vain un incendie la détruit presque entièrement en 1401 ; grâce à son industrie et à son commerce, elle se rebâtit, et se repeuple en peu de temps.

En 1478, après la mort de Charles le Téméraire, Beaune se jeta dans le parti de la princesse Marie. Assiégée par Charles d’Amboise, elle résista énergiquement pendant cinq semaines, car elle était bien fortifiée ; mais elle se vit enfin obligée de capituler et de payer 40 000 écus. Elle perdit en outre le parlement qui y avait été établi dès 1 310, et qui fut transféré à Dijon. Enfin, pour la mettre à l’abri d’un coup de main, car les partis autrichiens et comtois faisaient souvent des incursions dans la province, Louis XI y construisit un château fort assez semblable à celui de Dijon, et terminé sous Louis XII. Si cette forteresse la protégea contre les incursions des Impériaux, elle attira sur elle de grands malheurs à l’époque de la Ligue. En effet, Mayenne, à qui le traître d'Ëpernon l’avait livrée, en fit le centre de ses opérations en Bourgogne. « Qui m’ôteroit Beaune, disait-il, feroit autant que si on m’arrachoit le cœur. » Mais en 1595, lesBeaunois se révoltèrent contre la tyrannie des ligueurs, qui devenait insupportable. Une lutte sanglante s’engagea dans les rues de la ville. Les insurgés, d’abord vainqueurs, puis vaincus, allaient succomber, lorsque heureusement Biron, qu’ils avaient appelé à leur secours, arriva avec un corps de troupes. Les ligueurs, renfermés dans le château, refusèrent de se rendre. Il fallut employer la force pour les réduire. Le siège dura six semaines ; enfin ils capitulèrent au moment où l’assaut allait être livré. Henri IV fut si content d’apprendre cette nouvelle, qu’il fit chanter un Te Deum à Notre-Dame et à Vincennes, et qu’après avoir confirmé tous les privilèges des Beaunois, il les exempta d’impôts pendant six ans. Enfin, quand Biron, qui avait été nommé gouverneur de Beaune, eut payé de sa tête ses trahisons, les Beaunois demandèrent au roi la démolition de leur château ; il fut rasé en 1602. A dater de cette époque, l’histoire de Beaune ne se distingue

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plus de l’histoire générale de la France. La révocation de l’édit de Nantes porta à son industrie un coup dont elle n’a jamais pu se relever. 200 familles calvinistes, celles qui faisaient le commerce de la draperie, furent forcées de s’expatrier; plus de 2000 ouvriers restèrent sans ouvrage. Depuis 1849-50, l’établissement du chemin de fer lui a été presque aussi fatal. Sa population qui, en 1846, était de 13 600 âmes, n’est pas aujourd'hui de 10000 (9700). Si l’on y joint la population des deux hameaux de Gigny et de Chalanges, on aura un total de 10800 habitants. Des années d’abondance pourront seules arrêter l’émigration des ouvriers tonneliers et alimenter les différentes industries qui se rattachent à celle des vins.

Si Beaune a démoli sa forteresse, elle a eu du moins le bon esprit de conserver ses remparts, qu’elle a transformés en promenade, et dont les fossés sont devenus d’excellents potagers. C’est actuellement une ville de bourgeois, ou plutôt de négociants en vins, et de tonneliers, convenablement bâtie, calme, propre, bien arrosée, sans originalité et sans caractère, il est vrai, mais digne cependant de la visite de tous les étrangers, qui ne regretteront pas de s’y être arrêtés quelques heures quand ils y auront admiré Notre-Dame, l’hôpital, le tableau de Van Eyck et la statue de Monge.

En sortant de l’embarcadère du chemin de fer on trouve une rue récemment percée qui mène à la porte Saint-Jean, ouverte entre deux tours dont il reste encore d’intéressants débris. La rue du Château conduit à la rue de la Charité et à la rue des Tonneliers, qui sont parallèles et qui vont se terminer : la première, à la rue de l’île, la seconde, à la place Monge, ornée de la statue de Monge et dominée par le beffroi. La rue Saint-Pierre et la rue Monge aboutissent à la place de la Halle, près de laquelle s’élève l’hôpital. Après avoir visité l’hôpital, on peut gagner — par la place de la Halle, la place Fleury et la rue de la Fontaine — la place du Tribunal, sur laquelle se trouve l’église Notre-Dame, à deux ou trois minutes de la place Monge. Il faut espérer que le grand bâtiment qu’on appelle le Tribunal , et qui masque la Collégiale, sera bientôt démoli. Le nouveau palais de justice en face de la nouvelle prison cellulaire est déjà

fort avancé. On peut donc en très-peu de temps visiter les principales curiosités de Beaune qui vont être décrites. Si l’on prend, à la place Monge, la rue de l’île que continue la Grande-Rue, on atteint bientôt la porte Saint-Nicolas, en laissant à dr. l’hôtel de ville, à g. le collège. A g., au delà de la porte Saint- Nicolas, se trouve la promenade des Buttes; sur la dr. est le jardin anglais.

L’église collégiale Notre-Dame de Beaune est un mélange de construction de toutes les époques, depuis le xn® siècle jusqu’à nos jours. La partie la plus ancienne et la plus importante de cet édifice, c’est-à-dire les nefs et une portion du chœur, est du commencement du xn® siècle. « La cathédrale d’Autun servit alors, il n’y a pas à en douter, a dit M. Viollet-le-Duc, de modèle aux églises de Beaune et de Sauliéu, et Notre-Dame de Beaune a cela de très-curieux, qu’elle est restée plus complète que son modèle. En efTet, outre sa nef, elle a conservé, sur son transsept, une belle tour peu postérieure à la construction primitive, et un chœur presque entier, avec son bas côté et ses chapelles circulaires : tout cela empreint d’un grand caractère d’unité et construit en matériaux indestructibles. Au xin® siècle, il est à présumer que les premières travées de la nef furent détruites par une cause quelconque; car on les reconstruisit alors suivant la donnée primitive; mais cette copie resta bien au-dessous du modèle. Un porche admirable et trois portails, richement sculptés, furent alors élevés en avant de l’ancienne façade occidentale, et deux clochers bâtis du même côté sur les premières travées des bas côtés. Ces constructions demeurèrent inachevées. Des combles provisoires durent être, tant bien que mal, posés sur les voûtes du porche et sur les murs des deux clochers. Précédemment peut-être, ou lors de la reconstruction des premières travées de la nef, ce qui est plus probable, les murs du transsept et de la nef elle-même furent surélevés afin de pouvoir porter une charpente destinée à remplacer la couverture primitive, posée à même sur les voûtes. La grosse tour carrée du transsept, ainsi que la coupole intérieure, n’a certainement été bâtie qu’à l’époque de la surélévation de la nef. Ainsi cette tour ne peut être antérieure au commencement du xm® siècle, et

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la présence des pilastres cannelées qui décorent son soubassement indique seulement jusqu’à quel point les traditions antiques avaient, dans le voisinage d'Autun, conservé de force. L’influence du style ogival se fait cependant sentir dans le second étage de cette tour, quoique ce second étage ait été sans aucun doute bâti immédiatement après le premier. Cette sorte de soudure âu style antique au style gothique, bien qu’elle soit faite ici assez grossièrement, il faut l’avouer, est cependant fort cu-

Notre-Dame de Beaune.

rieuse à observer, et la tour de Beaune est, sous ce rapport, un monument du plus haut intérêt.

« Au xiv e siècle, les voûtes en berceau ogival de la grande nef, n’étant maintenues que par des contre-forts plats posés sur les retombées des arcs des bas côtés, commencèrent probablement à pousser les murs au point de nécessiter la construction d’arcsboutants. On en éleva deux au nord et deux au midi, pour maintenir les deux premières travées de la nef ; les trois dernières travées restèrent abandonnées à la poussée de la voûte. Huit arcs-

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boutants furent aussi construits à cette époque pour maintenir les angles de la grosse tour. Enfin, au xiv e siècle, on refit à neuf il est difficile de s’expliquer pourquoi, toute la partie haute du chœur, dont l’unité se trouve ainsi détruite.

* A Beaune, comme à Autun, le xv® siècle plaqua, aux deux bas côtés de la nef, de mauvaises chapelles irrégulières, mal bâties et de l’aspect le plus misérable ; mais à la fin de*ce siècle furent faits les six beaux vantaux en bois qui décorent les trois grandes portes occidentales.

« L’époque de la Renaissance construisit la première chapelle du bas côté sud, fort jolie d’ailleurs et bien conservée ; la fenêtre qui l’éclaire est encore défendue par une grille en fer, du xvi» siècle, très-curieusement travaillée. La tribune de l’orgue date aussi du milieu de ce siècle.

« Le xvn» siècle couvrit la grosse tour du transsept d’un dôme en bois surmonté d’un campanile, à la place de la flèche en pierre, qui n’avait peut-être jamais été achevée. Quant au xviii® siècle, il enveloppa les colonnes du chœur de cannelures en chêne, sculpta, en manière de palmes, les feuilles de leurs chapiteaux, et enleva le trumeau de la grande porte occidentale. La révolution de 1793 laissa aussi sur l’église de Beaune bien des traces de son passage : d’abord (chose à jamais regrettable), tous les bas-reliefs et toutes les statues des trois grandes portes du porche furent non-seulement brisés, mais grattés à vif, 6ouchardés et ravalés avec le plus grand soin; un autel en marbre, donné à l’église par la duchesse Mathilde deTurenne, femme de Hugues II, duc de Bourgogne, fut détruit et dispersé. Un morceau du retable de cet autel, représentant au trait gravé en creux la Vierge avec l’enfant Jésus, et la duchesse Mathilde à ses pieds, a été conservé et religieusement replacé dans le chœur. Hugues II mourut en 1140 ou 1141 ; par conséquent, cet autel était de la fin du xi e siècle ou du commencement du xn e , et contemporain des parties les plus anciennes de l’église. ,

« Une belle sacristie et une portion d’un cloître du xiu® siècle existent encore à l’extrémité sud du transsept, ainsi qu’une petite chapelle très-singulière suspendue sur un passage, le long des bas côtés du chœur. La voûte de cette petite chapelle a malheu-

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reusement été refaite assez maladroitement, il y a peu d’années, et des balustres ont remplacé l’ancienne ouverture en dalles. Enfin, outre le bâtiment de la sacristie, qui est assez bien conservé, et dont les étages supérieurs sont du xv® siècle, il y a, dans le mur du jardin du presbytère, une jolie porte du xii® siècle qui, autrefois, devait donner entrée dans le cloître. »

Bien qu’elle ait été bâtie avec d’excellents matériaux, à l’exception des murs des chapelles, ce curieux monument exige impérieusement de très-importantes restaurations. La grande charpente de la nef est pourrie; les murs de la nef tombent; la toiture des bas côtés et des chapelles laisse filtrer l’eau.

L’église de Notre-Dame de Beaune possède une très-belle tapisserie du xv e siècle, restaurée eu 1852, et représentant les différentes scènes de la vie de la sainte Vierge, et un tableau de Lebrun, Adoration du Sacré-Cœur , où l’on voit une foule d’anges de toute sorte : têtes ailées, mi-corps, et corps entiers. Cette toile est assez mal placée dans une chapelle latérale où elle manque de jour. Quelques autres tableaux, placés à perte de vue au-dessus des piliers de la nef, ont une certaine réputation locale; on a cru y reconnaître, entre autres, un Crayer. Deux chapelles contiennent de beaux bas-reliefs du style de la Renaissance, provenant de l’ancienne église Saint-Pierre démolie en 1793.

Près de Notre-Dame, on remarquera le pignon pittoresque de l’ancien bâtiment du chapitre. Cette construction semble dater de la fin du xm® siècle.

L’hôpital de Beaune, « qui ressent plutôt un château royal que le logis des pauvres, j selon l'expression d’un auteur du xvi® siècle, fut fondé, en 1443, par Nicolas Rollin, chancelier de Bourgogne. Louis XI, qui n’aimait pas Rollin, dit, en voyant cette maison : « Il était bien juste que celui qui a fait tant de pauvres pendant sa vie leur préparât un asile avant de mourir. » Cet hôpital, qu’ont enrichi de nombreuses donations, est desservi, depuis sa fondation, par des sœurs de l’ordre du Saint- Esprit, fondé en Flandre. « Rien ne rappelle mieux les miniatures du xv° siècle et n’est plus frappant, disait M. Victor Petit au congrès archéologique de 1852, tenu à Dijon, que devoir ces sœurs dans leur grand costume blanc (il est blanc pendant l’été

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et bleu pendant l’hiver) tout empreint encore de la forme que lui a donnée le moyen âge, au milieu de la vaste et admirable construction, toute du moyen âge aussi, que fondèrent Nicolas Rollin et sa femme. 3

La porte d’entrée de l’hôpital de Beaune, avec le charmant pendentif qui la protège contre la pluie, toit à trois arcades, à remparts garnis de feuilles frisées en plomb, avec épis blancs, dont trois portent des statuettes, n’a pas besoin d’être signalée aux amateurs. Les restaurations qui y ont été faites il y a quelques années ne laissent rien à désirer. La cour intérieure, mélange pittoresque de l’architecture flamande et de l’architecture mauresque, offre surtout un aspect saisissant. Une double galerie de bois ouverte dessert les salles. Au-dessus de la plus haute se dressent de vastes lucarnes couronnées de hauts pignons, que terminent des girouettes en plomb et que décorent de fines découpures également en plomb. Une dentelure d’épis en plomb orne l’arête du toit'. Enfin, le clocher s’harmonise, par sa forme, son ornementation et sa légèreté, avec ce gracieux ensemble. Malheureusement, il y a quelques années, le conseil administratif de l’hospice a autorisé la construction de deux tourelles qui masquent, au dedans de la cour, le toit du grand corps de logis parallèle à la rue. * Ces deux bâtiments parasites, savez-vous pour quel motif on les a bâtis? s’écrie M. de Caumont dans un accès d’indignation bien légitime (. Bulletin monumental ) : parce que le service du réfectoire n’est pas commode ! Celui qui me parlait ainsi était le garçon chargé du service de la salle à manger; il louait fort l’exécution de ce projet , au moyen duquel il aurait un peu plus de place pour ses assiettes. *

On visitera avec intérêt, dans l’hôpital de Beaune : la grande salle des malades, dont le fond est terminé par une chapelle précédée d’une grille en bois qui forme uu jubé (c’est dans cette salle que fut placé primitivement le tableau de Jean de Bruges) ; — la salle Saint-Hugues, décorée de grandes peintures murales

1. La plupart de ces plomberies ont été copiées par M. Lassus, qui s’en est servi pour la restauration de la Sainte-Chapelle de Paris , et qui a retrouvé dans les combles de l’hôpital de Beaune les anciens moules en pierre.

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datant de 1682; — la cuisine, avec sa belle et large cheminée à linteau de pierre vigoureusement profilé; ses crémaillères et ses chenets en fer, ouvrage datant des dernières années du xv e siècle. Mais ce que les étrangers viennent surtout admirer à l’hôpital de Beaune, c’est le tableau de Van Eyck (Jean de Bruges), représentant le Jugement dernier, et donné à l’hôpital par son fondateur, le chancelier Rollin. Ce chef-d’œuvre, découvert, on

L’hôpital de Beaune.

peut le dire, il y a quelques années, par M. Canat de Cbâlon — les administrateurs de l’hospice et les religieuses ignoraient complètement son mérite — a malheureusement été barbouillé d’une manière odieuse au commencement de ce siècle. Pour cacher la nudité entière d’une multitude de petites figures (les bons et les méchants), qui venaient comparaître au jugement dernier, on a étendu par-dessus une couche de couleur brune, à l’aide d’un mauvais pinceau. Espérons qu’un jour, malgré l’avis

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contraire du congrès archéologique de 1852, on enlèvera cette couche de couleur. Du reste , cet admirable tableau , divisé par panneaux qui se ferment facilement les uns sur les autres, est maintenant conservé avec le plus grand soin. Divers portraits historiques ornent la salle du conseil qui le contient. On y voit aussi une belle tapisserie du xv° siècle, semée d’écussons , de devises et d’allégories , qui se rapportent aux fondateurs de 1 hôpital. La salle voisine renferme les archives ; 'son beau carrelage est remarquablement conservé. Avons-nous besoin, avant de quitter l’hôpital, de constater qu’il est admirablement tenu ?

L 'église Saint- Nicolas, qui s’élève à l’entrée du faubourg de ce nom, sur la route de Dijon, date du xiv e siècle. Son clocher paraît avoir été copié sur la tour du transsept de Notre-Dame, et se termine par une flèche carrée en pierre. La porte Saint- Nicolas a remplacé, au xyiii 1 - 1 siècle, la porte fortifiée du bourg neuf. Au faubourg Saint-Jacques , on peut visiter encore le portail de l’ancienne chapelle des Templiers. C’est dans cette chapelle que Jacques de Molay, le dernier grand-maître, a été admis à faire partie de l’ordre.

L’ancien hôtel de ville, bâti de 1427 à 1440, a été démoli en ’ 1795. Il n’en reste que le beffroi, destiné aujourd’hui à l’horloge publique. C’est une haute tour carrée , surmontée d’une toiture aigue, d’une lanterne et de petits clochetons, dont l’ensemble offre un aspect pittoresque. On y distingue encore les écussons de France, de Bourgogne et de Notre-Dame de Beaune.

Depuis 1858 un télégraphe électrique est établi dans une des salles de l’hôtel de ville.

A quelques pas seulement de ce beffroi on a érigé, en 1849, sur une place assez vaste, une statue en bronze dont le piédestal porte cette inscription :

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