‹ De Paris à Strasbourg avec les embranchements de Reims, de Gray, deChapitre 19 sur 21 · DE M&TZ A THIONVILLE. 1U · texte numérisé non relu

DE M&TZ A THIONVILLE. 1U

nomme la station. On est alors tout simplement à Tèxtrémité d'un faubourg, et, pour arriver là, on a employé vingt minutes à tourner les fortifications.

Mais cette fois le train s'éloigne réellement de Metz ; il marche au milieu de prairies, de champs de céréales ou de colza, de jardins, de vergers, de ruisseaux bordés de peupliers et de saules. Au loin, de chaque côté, se déroule une ceinture de collines verdoyantes et de jolis villages. Des bois couronnent le sommet des coteaux et descendent parfois jusque dans la plaine. A gauche, on admire le clocher de l'église de Glouange; à droite, on jette un coup d'œil sur Maizièfes^ seconde station de la ligne. Puis on voit, du même côté, la plaine s'enfoncer; on y deviné le lit de la Moselle. On court entre des forêts et des villages. A la station à! Hagondange y on remarque une petite voie ferrée qui conduit, par la charmante vallée de l'Orne, aux usines de Moulin-Neuf, de Jamail et de Moyeuvre. Après Hagondange, la plaine se resserre ; on file le long d'une côte au pied de laquelle on traverse une petite rivière; la voie, un moment encaissée entre un village et le coteau , rentre dans la plaine et rencontre à droite un grand et joli village, Uckange, où une voiture attend le voyageur qui veut aller à Longwy.

Ici le convoi incline à droite en décrivant une courbe assez prononcée ; il continue sa course , ayant à gauche une campagne variée, à droite la Moselle et de charmants coteaux; il s'arrête enfin à quelque dislance de la porte de Thionville.

Theodonis villa, le domaine de Théodon , suivant quelques-uns, Ty Ion ville y l'habitation aux deux rivières, selon d'autres que séduisent les origines celtiques, paraît pour la première fois dans les récits du continuateur de Frédégaire. Ce fut de Thionville , dit cet historien , que Pépin le Bref, en 753, envoya son fils aîné Charles, âgé de douze ans , au-devant du pape Etienne II.

Charlemagne affectionnait le séjour de Thionville; il y

passait l'hiver après avoir battu les Saxons; il s'y reposait de la conquête de la Lombardie; il y célébrait les fêtes de Noël et de Pâques pour se distraire du chagrin que lui avait causé la mort de la reine Hildegarde; il y faisait paraître les quatre capitulaires de 805; il y convoquait une assemblée des grands de la nation pour leur soumettre le testament qui partageait ses États entre ses trois fils.

Thionville faisait partie du comté de Luxembourg, sous la suzeraineté des empereurs, lorsque, en 4406, eut lieu entre Ébange et Uckange cette bataille où l'acharnement fut tel, dit l'historien Bertels, que le sang des combattants, s'écoulant dans la Fensch, etHe là dans la Moselle*, rougit cette rivière jusqu'à Thionville.

Aucune ville peut-être n'a changé de maître aussi souvent : elle appartint aux Saxons en 4413, au duc de Bourgogne en 4454, deux ans plus tard à Ladislas V, roi de Hongrie et de Bohême, aux ducs de Bourgogne de 4467 à 4477, à la maison impériale d'Habsbourg jusqu'à 4519, aux rois d'Espagne jusqu'à 4643, et enfin à la France, dont elle avait fait originairement partie.

Vers 4682, une bande de partisans, commandée par Grouenslein , ravageait les environs de Thionville, Un boucher, nommé Yassar, obtient du gouverneur qu'on fasse sortir un piquet de cent hommes , sous les ordres d'un capitaine , et se charge de guider lui-même cette troupe à travers les bois pour la mener à la rencontre de l'ennemi. Hais à peine hors de la ville, l'officier refuse de se laisser conduire et continue sa marche par la route de Luxembourg. Yassar le quitte et s'engage seul au milieu d'un bois, persuadé qu'il y trouvera quelque groupe de partisans. Il ne se trompait point. Un détachement, qui venait d'enlever le comte d'Argentaux dans son château de la Grange, avait fait halle dans une clairière. Notre boucher se glisse à travers les arbres, arrive tout près de l'ennemi, et lâche son coup

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