IV. Joachim prie sur une montagne, laquelle
est figurée ici par un tertre, comme la maison Tétait par une chambre. — L'attitude suppliante du saint agenouillé semble avoir été imitée par Raphaël dans la figure d'un des trois disciples qui sont sur la montagne de la Transfiguration. On ne peut rien imaginer de plus vivement senti et de plus noble. Au-dessus du saint en prière, on aperçoit dans Fazur du ciel une petite main fine, la main d'un ange.
V. Joachim s'est endormi à la porte de la cabane des bergers. — Il est assis par terre, la tête penchée et appuyée sur son genou, à la manière de certaines figures égyptiennes. Un ange descend du ciel, léger comme une ombre, doux comme une colombe de Dieu. Il vient annoncer à Joachimles allégresses de la paternité.
VI. Retour de Joachim chez sa femme. — Elle sort de la ville par une porte à deux clochetons plats, et elle va au-devant de lui, suivie de ses parents. Les époux, que rapproche un espoir de fécondité, se rencontrent et s'embrassent sur le pont du rempart. Leurs nimbes d'or se confondent dans ce nuptial et pudiqiîe embrassement.
Avec une tendresse infinie, la femme prend dans ses mains les deux joues de son mari.
Derrière l'époux, rendu à la joie conjugale, se tient le serviteur, qui porte un paquet sur l'épaule et un panier à la main. Autant les figures principales sont nobles et dignes, autant les personnages secondaires sont admirables, à leur tour, par le naturel de la pose, par l'ingénuité de la pantomime.
VIL L'histoire se continue sur le haut de la muraille de gauche, chaque mur latéral ayant trois étages de compositions.
Naissance de la Vierge. — Sainte Anne est sur son lit, dans la même chambre où on l'a déjà vue en prière. Des matrones lui présentent son nouveau-né, qui est la Vierge. Au pied du lit reparaît l'enfant, qu'une suivante tient dans ses bras, et que semble attendre une nourrice, jeune femme assise, d'une inexprimable élégance.
* VIII. La Vierge est présentée au temple, et le grand prêtre la reçoit au haut d'un escalier. — Encore une petite loge à jour pour figurer le temple. En avant est une chaire à prêcher, en plein air. La perspective de ces bâtiments est irréprochable, mais elle est toute de sentiment, car la science n'en était pas connue au temps de Giotto.
IX. Les prétendants à la main de la Vierge offrent au grand prêtre leurs baguettes. — Celui dont la baguette fleurira sera élu.
X. Tous les prétendants sont à genoux et en prière devant Faute], attendant le miracle qui fera fleurir le bâton de l'élu. — Leurs fines draperies les enveloppent avec des plis rares, mais significatifs. La forme est accusée sous l'étoffe qui la recouvre, et qui la caresse et l'embrasse sans la trop serrer, comme Ta dit, quatre siècles plus tard, la poétique de la peinture.
XI. Le Mariage de la Vierge avec Joseph.— Une blanche colombe vient se poser sur le bâton du fiancé, d'où s'échappe la fleur d'un lis.
XII. La Fête des noces. — Les époux s'avancent d'un pas modeste, Marie en soulevant du bout de ses doigts les pans de sa robe virginale. Des musiciens les précèdent ; des jeunes filles les suivent. On croirait voir une transfiguration chrétienne des antiques Panathénées. La procession des vierges du Parthénon n'a pas plus de dignité, plus de décence, ni un calme plus auguste, ni un mouvement mieux cadencé.