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CENTRAL PARK ». — LE JARDIN ZOOLOGIQUE

26 ectobre.

Profitons d'une matinée où la pluie a fait trève ; visitons le Central Park ; aussi bien nos yeux ont besoin de se reposer du spectacle des maisons et de voir un coin de nature.

Central Park, en dépit de son nom, est situé, je l'ai déjà dit, tout en haut de New-York, presque à l'extrémité de l'île sur laquelle la ville est bâtie; c'est le bois de Boulogne de New-York. La saison n'est pas favorable pour voir un parc à son avantage. Les pelouses n’ont plusleur aspect verdoyant; bee coup d'arbres ont déjà perdu leurs feuilles. L'automne est magnifique en Amérique, tous les voyageurs l'ont déclaré; mais nous sommes déjà

aux tout derniers jours de l’automne.Il reste pourtant encore çà et là des jaunes superbes, des rouges aussi d’un incomparable éclat, et qui nous paraîtraient, si un de nos paysagistesles présentait à nos Salons, singulièrement énergiques, même un peu brutaux.

Central Park n’est pas immense; des allées sinueuses y ont été cependant dessinées avec assez d'art pour que l'on y circule une heure ou deux sans reconnaître un point où {’on a déjà passé. De distance en distance des œuvres d'art, des bustes, des statues, des groupes de bronze qui semblent avoir bien froid sous ce rude climat. Il y a les routes destinées aux voitures; les allées réservées aux cavaliers : la promenade à cheval est un des plaisirs favoris des Américains et des Américaines. Il y a aussi les chemins à l'usage des piétons, dallés de bitume pour les protéger contre la boue. Les 5olicemen, gens bien nourris, vêtus de gris ou de noir selon la saison, un casque en cuir bouilli sur la tête, un petit bâton à la main, sont là qui veillent soigneusement à ce que voitures, cavaliers ou piétons n'empiètent pas sur leurs droits réciproques.

Ce qu'il y a de plus curieux à Central Park, en cette saison du moins, c’est le sol. Le roc ici affleure partout. Sans cesse le terrain ondule;

tantôt il s'élève en petits monticules, tantôt il se creuse en dépressions profondes ; et chacune de ces dépressions forme vite un petit élang ou, pour mieux parler, une grande mare. Rien n’est plus varié que cette série d’aspects. Je ne saurais mieux comparer Central Park qu'à un certain nombre de coins de notre Fontainebleau, si vous voulez bien ajouter que les accidents de terrain sont de moindre importance et qu’au lieu d’avoir affaire à une forêt. vous êtes ici dans un parc.

Aimez-vous les bêtes? Quant à moi, j'en raffole. Je ne crois pas qu'il y ait une étude aussi attrayante, aussiintéressante que celle des mille et une formes de la vie. Il y a depuis quelques années, dans un coin de Centrat Park, un jardin zoologique, et j'ai un peu abrégé le reste de la visite pour m'attarderici. Le jardin zoologique de New- York ne saurait entrer en comparuson ni avec celui de Londres, ni avec ceux d'Amsterdam ou d'Anvers, ni avec ïe T'hier-garten de Berlin, ni avec notre Jardin des plantes, ou notre Jardin d'acclimatation. Il vaut bien qu'on le visite cependant. Il y a des lions, des tigres, des panthères, un hippopotame, deux chameaux, comme tous les jardins zoologiques du monde. Il a sa collection d'ours noirs et blancs ; il a un petit

troupeau d’éléphants parqués en un enclos, une grosse chaîne au pied, et que l’on voit tranquillement, méthodiquement, gauchement, engloutir par minces bouchées la petite meule de foin placée devant chacun d'eux. Mais ce qui nous intéresse ici surtout, ce sont lesanimaux appartenant à l'Amérique et que notre vieux monde ne connaît guère. Voici les lions américains, les pumas; voici, sous un vaste hangar, avec sa femelle, solidement attaché, un bison, avec ses cornes courtes et pointues, son énorme crinière noire, les formidables attaches de ses épaules : c’est un terrible personnage que ce bison s'il vient à se fâcher! Le plus robuste de nos taureaux serait un veau tout au plus à côté de lui. Quand le plus intrépide des toréadors de Madrid viendra se mesurer avec un bison,Jje consens à l'aller dire où l’on voudra !

Toutes sortes de variétés d'oiseaux : des canards de vingt espèces, el les plus jolis du monde, avec de doux plumages lustrés qui font songer à du velours ou, mieux encore, à de fines fourrures; des cailles de Virginie, un peu plus grosses que nos Cailles, portant sur la tête une jolie aigrette, etc., elc.

Mais il faut accorder une mertion spéciale à ces singuliers petits quadrupèdes qu'on appelle ici, je

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