DE PARIS AU NIAGAPA
ne sais pourquoi, les chiens de prairie {prairie dogs). Une construction en maçonneriesurmontée d'un grillag: limite l’enclos où ils sont parqués et que l’on a rempli de terrain sablonneux. Ce ne sont partout, dans cet espace, que taupinières et trous. Nos taupes rejettent moins de terre à la surface; nos lapins creusent des terriers moins profonds et moins subtils. C’est à nos lapins surtout que font penser les chiens des prairies : leur erosseur est celle d’un petit lapin, ou d'un très gros rat ; leur pelage est gris pâle. Avec leur museau pointu, leurs yeux vifs, leurs pattes agiles et leurs lestes mouvements, on les voit sans cesse aller et venir, sortir de leurs trous et y rentrer, gambader, sauter, courir ensemble. ils ont l’air de trouver la vie chose excellente. Mais j'imagine que les cultivateurs de l'Ouest apprécient leur présence moins encore que nos paysans celle des lapins de garenne — dont on peut se venger tout au moins en les mangeant.
MM. les singes n'obtiennent pas moins de succès ici qu'ailleurs. J’ai remarqué une collection de ouistitis fort amusants. Mais la great attraction c'est le chimpanzé, car le jardin zoologique de New-York possède un chimpanzé, et de ia plus belle taille. Celui-ci a, de plus, reçu une éducation fort distinguée : il a appris à s'asseoir sur une
chaise devant une table, à boire dans un gobelet, à manger avec une fourchette, à s’essuyer avec sa serviette. J'ai constaté pourtant certaine disposition de sa part à revenir à la fourchette naturelle des chimpanzés. Comme le roi Louis XIV, il mange seul; comme lui, il a un grand seigneur chargé de lui présenter les plats, je veux dire son gardien ; comme lui enfin, il admet sa cour à l'honneur de le voir manger, et il la congédie quand son repas est terminé. Le déjeuner du chimpanzé est un spectacle qui semble fort divertir les enfants, petits et grands.
Je ne veux pas oublier les moineaux du jardin zoologique. On les voit par bandes et sans que l'administration se mettre en frais pour cela. Il y a une vingtaine d'années, le moineau était encore inconnu dans le nouveau monde, Pour se débarrasser des chenilles qui infestaient la végétation, on eut l’idée d'importer les moineaux aux États- Unis, et ils s'appellent encore English sparrous. L'importation a joliment réussi. Les moineaux, sans lire la Bible, ont pratiqué avec ardeur le précepte de la Genèse: croissez et multipliez. Ils sont en train d'achever la conquête du continent; aucun émigrant n’a aussi bien prospéré. Le moineau est partout chez lui, hardi, effronté, pillard, s’accommodant de tout, se débrouillant partout,
merveilleusement fait pour le séruggle for life. Il ramasse toutes les graines qui traînent, entre dans toutes les cages, n’a pas plus peur des ours que des gens, toujours l'œil au guet, l'aile prompte et la patte leste. Ii s’est naturalisé Yankee dès le premier jour.
CAE A A