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L'ACTION ÉNERGIQUE ET RAPIDE

dans tout le Grand Désert soumis diplomatiquement à notre influence depuis le Fezzan jusqu'à l'océan Atlantique. Il pourrait être ainsi composé :

1° Un bataillon du Génie, avec un matériel de voies ferrées. Ce bataillon do chemin de fer construira la ligne avec des équipes d'ouvriers volontaires, si c'est l'Etat qui fait le Transsaharien. Il servira simplement de garde et de protection aux chantiers des entrepreneurs, si c'est une compagnie concessionnaire qui exécute les travaux ; (1)

2** Un bataillon d'infanterie française et indigène, spécialement organisée, montée sur des chameaux de charge, mettant pied à terre pour combattre. Il serait destiné à former le gros de la colonne volante d'opération dans le Grand Désert. Il aurait comme annexes une ambulance et un Train des Equipages, avec des chameaux au lieu de mulets ; (2)

3^ Une section permanente d'artillerie, montée sur des chameaux de charge et armée de canons de montagne et de canons à tir rapide. Elle serait de la plus grande utiUté pour l'attaque des /ir^îo^r (bourgs sahariens) et des passnges diflflciles des montagnes du Ahaggar. (3)

Ce corps de troupes spéciales est indispensable pour la police du Sahara dont la France a aujourd'hui la charge. Au besoin on y adjoindra, pour des actions militaires importantes, s'il y en a, des éléments pris dans nos excellentes troupes d'Afrique.

lesquelles les puits sont le moins abondamment pourvus d'eau. Dès que nous occuperons In-Salah et le Ahaggar, nous serons dans la nécessité de développer celte organisation et de créer de véritables régiments da chameaux coureurs. « Je ne ^ mets pas en doute, écrivait en 1859 M. le Gi'ïiérnl Hanoteau, qu«^ le jour où nous » aurons quatre régiments dUmouchar' (Touareg , montés sur des chameaux de ^> selle et commandés par des otîiciers français, nous ne soyons maîtres de tout le » pays qui nous sépare de la vallée du Niger, et, par suite, de celte vallée elle- » môme. ^ Essai de grammaire de la langue Tamachek\ p. Xli de la préface.

(1) Les Busses ont placé un bataillon de chemin de fer à la tôte des chantiers de construction du chemm de fer transcaspien.

(2) Bonaparte avait organisé une troupe de ce genre (|ni fit la conquête de la Haute-Egypte.

(3) En Afghanistan et en Abyssiiiie les canons de rartillerie anglaise ont été souvent transportés par des éléphants. Dans le Haut-MI ei le Turkestan, I artillerie légère est presque toujours à dos de chameaux.

S2 Première période d'aotion

Elle sera consacrée à la traversée de la zone des confins militaires actuels de l'Alfférie, zone désertique que notre autorité n'a pas encore su firanchir. Cette traversée pourra être terminée en une année, qu'on l'effectue, comme je le propose par un des cols du Tadmaït, droit vers In-Salah, ou en suivant la vallée de l'oued Meguiden, par le Gourara.

Aussitôt que le Decauville atteindra El-Goléa, la voie se

f)Oursuivra sans retard par un tracé étudié et reconnu le plus oin possible. Dès que le chemin de fer débordera au sud du Tfldmaït, si In-Salah ne s'est pas déjà rendu, il sera facile de former et de ravitailler la colonne de 2.000 ou 3.000 hommes considérée comme suffisante pour soumettre toutes les oasis du Tidikelt et du Touat, préalablement reconnues par les éclaireurs rapides dont j ai déjà parlé. A partir de ce moment la voie ferrée provisoire sera conduite sans difficulté jusqu'à Akabli.

Seconde période d'actton

Une fois solidement établis dans le Touat, il faudra entamer la traversée de la zone centrale du Sahara^ dans un pays assez boisé et pourvu d'eau en quantité suffisante. La reconnaissance des régions situées entre le Touat et le Ahaggar (Diebel Hoggar) peut être poursuivie en suivant la même méthode et lorsque la voie ferrée atteindra TAdrar- Ahnet, les Touareg de rOuest seront à notre merci. Nous aurons alors la base d'une opération militaire à l'entrée de leur pays, à la fin de la troisième année.

C'est à ce moment surtout gu'il conviendra d'utiliser habilement le corps expéditionnaire dont j'ai déjà parlé. Il nous permettra d'obtenir des Touareg du Nord, bridés par la crainte des Ghamba et vigoureusement appuyés par nous, une pression énergique sur les nomades berbères et arabes

2ui sont établis sur la route du Niger. Il sera indispensable de iviser les intérêts de la tribu de Kounta et des Aouelimmiden, pour les combattre séparément au besoin et en tout cas assurer notre autorité au Nord du Soudan.

§4 rrroisiëme période d,*aotloii

Ce résultat obtenu militairement et politiquement, les ingénieurs pourront pousser avec activité Tétude et la construction de la voie rerrée provisoire au pied des pentes Ouest de TAdghagh des Aouelimmiden et déboucher à Bourroum dans quatre ans d'ici, à 2,600 kilomètres d'Alger.

C'est alors qu'appuyés sur le Niçer, reliés au Sénégal, maîtres incontestés du Soudan occidental, nous ferons entendre bien facilement raison aux Touareg Kel-Oui du pays d'Aïr. (1) De gré ou de force, ils ouvriront à nos soldats et à nos ingénieurs, le chemin du Lac Tchad, la route commerciale du cœur de l'Afrique. Quatre ou cinq nouvelles années suffiraient pour cela et dans huit ans, dix ans au plus, la grande route transsaharienne serait ouverte à ses deux extrémités, mettant la région équatoriale à quelques jours de Paris.

La voie large et définitive, elle, sera construite en arrière et progressivement de telle façon que le matériel à voie étroite quelle remplacera, sera immédiatement envoyé en avant pour servir à l'établissement de la voie provisoire. Le matériel de cette dernière voie n'aura donc pas besoin d'avoir à desservir à la fois plus de 12 à 1.500 kilomètres et, quand le Transsaharien sera terminé, ce matériel sera bien près d'être complètement usé. Ce qui en restera sera utilisé pour raccorder à la voie principale les mines de sel et les exploitations de bois qui pourront être entreprises.

La voie définitive est destinée 'à supporter le passage à grande vitesse des trains de cinq cents à mille tonnes qui

(1) c Là^ comme en Algérie^ nous ne serons maîtres sur un point qu'à la con- » dition d'être maîtres partout. » A. Hanoteau. Essai de grammaire de la langue Tamachek', préface.

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