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CE QU'IL FAUT FAIRE POUR RÉUSSIR

beaucoup plus nombreux peuvent nous être utiles jusqu'au Niger et au lac Tchad. Au fur et à mesure de nos progrès vers le Sud, assurons-nous donc des auxiliaires arabes et des auxiliaires berbères qui se contrebalanceront, sous notre autorité.

Les Oulad-Sidi-Cheikh, les Oulad-Badjouda, les chefs des Touareg Azdjer, Ahaggar et Aouelimmiden, comme aussi les personnalités influentes de la grande tribu de Kounta pourront nous rendre de grands services, si nous agissons avec loyauté et surtout avec fermeté à leur égard. Mais ils deviendraient des adversaires dangereux si nous les soumettions à un seul ou à quelques-uns qui exploiteraient un jour leur mécontentement en les réunissant contre nous.

Préparons-nous donc, sans négliger aucun détail à une action militaire rapide. Mais une fois la marche en avant commencée, rien ne doit pouvoir Tarrêter. Un arrêt prolongé achèverait de tuer le prestige de la France dans le Sahara. Un mouvement de recul pourrait entraîner une retraite plus désastreuse que celle des anglais en Afghn;iistan et sur le Haut-Nil. Il serait d'autant plus regrettable d'éprouver un échec de cette nature au Sud de l'Algérie, que les colonnes du Sénégal et du Gabon font des pas de géant vers l'intérieur. Qui sait même si la colonne Archinard ne sera pas dans quelques mois maîtresse de Tin-Bektou.

L'expansion militaire et la construction du Transsaharien jusqu'au Niger peuvent donc être effectuées en quatre périodes : une pour la préparation et trois pour l'exécution.

SI

Période de préparation

Une année peut suffire à relier Alger à El-Goléa, par une voie ferrée légère de m. 60 rapidement et provisoirement

Eosée à partir de l'extrémité sud de la ligne de Médéa. Un on matériel Decauville serait tout ce qu'il faut. Puis El- Goléa deviendra tout naturellement le centre de ravitaillement, le magasin général du Sud.

Procéder autrement, lancer sans préparation dans le désert de lourdes colonnes, mal équipées et mal ravitaillées et cependant accablées de bagages inutiles, serait peut-être imposer des fatigues inouïes à nos soldats pour courir à des désastres comparables à ceux éprouvés par les Russes, lors de leurs premières tentatives militaires sur le Turkestan.

Nous devons, à tout prix, éviter de semblables déconvenues et, pour y réussir, nous n'avons qu'à profiter de l'expérience de nos devanciers dans des régions analogues, organisant complètement à El-Goléa tous les éléments d'une vigoureuse action militaire vers le Sud.

Pendant ce temps-là, on procédera à la reconnaissance méthodique de toute la région jusqu'à In-Salah d'un côté et Timmimoun de l'autre, par les routes du plateau de Tadmayt et par l'oued Meguiden.

Cette reconnaissance exige la création d'un escadron de 2 à 300 mehara (chameaux coureurs), destinés à battre l'estrade, sous la direction d'officiers de troupe^ énergiques et capables de relever toutes les routes et tous les points intéressants en poussant des pointes hardies dans le Grand Désert. (1)

Cet escadron servira d'avant-garde au corps spécial destiné à protéger les études et la construction du Transsaharien. Ce corps exercera uue action militaire permanente

(1) Ce chiffre de 300 mehara est celui dès grandes expéditions de course dans le Sahara. Il est déjà redoutable et permet néanmoins de suivre les routes sur

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