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CONTRÉES DESSERVIES

Par la branche du Transsaharien qui aboutira au Niger et par le cours de ce fleuve, le railway mettra Alger et la France en rapport direct avec le Soudan occidental et la majeure partie du Soudan central, formant ensemble le bassin du Niger. La population de ce bassin, d'après des chiffres basés sur les explorations des voyageurs, a été estimée à 40 millions d'hommes par MM. Behm et Wagner. Ces auteurs pensent que la densité kilométrique de ces territoires immenses représente le tiers de la population qu'on observe en France (3).

A l'exception du Sokoto (capitale Wourno, 15,000 habit.) et de ses annexes: le Gando, le Noupé et l'Adamaoua qui sont soumis à l'Angleterre, tous les Etats nègres de cette vaste région sont dans la zone d'influence française, qui, en outre des pays cités plus haut, comprend le Tombo, le Mossi, le Gourma, le Gourounsi, le Borgou, le Gondja, l'Anno, le Pays de Kong, les Etats de Tiéba et de Samory, le Daflna, etc. Grâce à la politique d'action adoptée à Saint-

Ci) et (2) A. M. H. J. Stokvis et CommandaDt Galliéni. Ouvrages cités. (3) RIisée Reclus. Nouvelle Géographie Unioerselle, T. XII. Afrique occidentale, p. 511.

Louis depuis longtemps d(^jà, des traités passés avec les

grinces nègres de presque tous les Etats situés entre le éné^al et le Niger, ont donné à la France le protectorat effectif de la plupart de ces territoires. Us s'étendent depuis Nioro et Ségou, jusqu'à Sierra Leone, la république de Libéria et le Dahomey (1).

Par la branche du Transsaharien qui aboutira au Tchad et par la navigation de ce lac et de ses affluents, le railway s'assurera le transit de l'autre partie du Soudan central, d'une fraction considérable du Soudan oriental et d'une grande étendue de l'Afrique équatoriale. Il y a là de 50 à 60 millions de nègres, dont le commerce et l'agriculture seraient desservis par la voie nouvelle qui leur apportera les produits européens et prendra les leurs. (2)

Parmi les Etats remarquables vient en première ligne le Bornou, centre économique de la région du Tchad. D'après les chroniques locales, cet état a été créé par un certain Doukou, dont le père, Saef, venait de l'Yemen en Arabie. Il s'y trouve des villes très importantes: la capitale Kouka (Koukaoua), sur le lac Tchad, à peu de distance au Sud de Barroua, compte avec sa banlieue, d'après Rohlfs, 120,000 habitants ; Ngornou et Goudjba, d'après le même, chacune 20,000 âmes ; Massena (Masseniya), Khadedja et Goumel, d'après Barth, chacune 12,000 habitants, etc, etc. (3).

A l'Est du Bornou et comme lui en dehors de la zQne d'influence française, on trouve le petit état de Loghon, fondé il y a environ deux siècles. Le Ouadaï (Wadaï) avec ses pays vassaux : Fitri, Kanem oriental, Dar Rounga, s'étend entre le Bornou et le Dar Four. A celui-ci se rattachent le Dar Fertit et la région du Bahr-el-Ghazal et du Haut-Nil.

D'après le voyageur allemand Nachtigal, le Ouadaï proprement dit a pour capitale Abéché. La population est (renviron 3 millions d'habitants répartis sur une superficie d'à peu près 3,000 milles géographiques carrés. Ce pays s'étend

(1) E. Caron. De Saint-Louis au port de Tombouktmi. — Commandant Galliéni. Vaya^ge au Soudan Français.

(2) Comp. G. Nachtigal. Voyage dans V À friqus centrale,

(3) Elisée Reclus. Nouvelle Géographie Universelle, T. XII, p. 717.

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