LE SOUDAN ET SES PRODUITS
au Nord jusqu'au Grand Désert, au Sud jusqu'au Bahar-es- Salamat, à l'Ouest il est borné par le Fitri et à l'Est par le Dar Four. En comptant les pays vassaux, le Dar Ouadaï devient beaucoup plus vaste et gagne h pf^u près deux millions d'habitants. La population totale est ainsi de 5 millions d'âmes, chiffre égal à celui du Bornou. Quant au pays, le docteur Nachtigal en fait la description suivante : (1)
« Caractère dumys. — Là partie septentrionale n'est pas bien fertile
» et assez souvent reau y est rare. Le Nord-Est, TEst et le Centre sont
» assez montagneux et donnent naissance aux nombreux cours d'eau qui
)^ forment le Betéha et le Batha. Ces deux torrents se réunissent au centre
» du pays, sous le nom de Batha, au lac Fitri. Ils sont, pour les contrées
» parcourues, les distributeurs d'eau, car môme à sec ils renferment par-
» ci par-là de petits lacs et partout ils contiennent deTeanàpeu de pro-
» fondeur sous leur sable. Au sud, le terrain argileux domine, d'où ré-
)> suite une plus grande fertilité, mais aussi un terrain moins salubre.
» Dans les provinces du Nord l'autruche abonde ; les pays vassaux du
» Midi, leBounga et le Kouti, et les pays du Bahar-es-Safamat fournissent
» bon nombre de dents d'éléphant. Le Centre et le Midi sont riches en
» rhinocéros à deux cornes ; tout le pays abonde en antilopes ^2) ».
Le prix élevé du fret, les difficultés de l'embouchure et de la navigation du Niger, le régime fluvial irrégulier de la Benoué, l'ennui et le coût des transbordements empêcheront toujours la voie marit.me, par le golfe de Guinée, de faire une concurrence redoutable au chemin de fer arrivant par le Nord (3). Quant à la communication du Tchad avec la Bénoué, par les marais de Toubouri, qu'avaient supposée Barth et Rohlfs, elle n'existe pas, d'après
(1) et (2) G. Nachtigal. Voyage dans V Afrique centrale. Bulletin de la Société de Géographie. Mars 1876, p. 257 et 258.
(3) If. le Lieutenant de vaisseau Caron dépeint ainsi cette navigation : « Nous » rencontrâmes ensuite, pour la première fois^ une pirogue de Tomoouctou. Faites » de morceaux de buis cousus, elles atteignent quelquefois vingt mètres de » long sur cinq mètres de large. Elles calent environ un mètre et peuvent contenir » plus de deux cents personnes avec de nombreuses marchandises. Un toit en peau » de bœuf les recouvre qui abrite et qui peut même supporter gens et bagages. On » les pousse à la perche ou on les haie péniblement a la cordelle. Je ne crois pas » que leur vitesse propre dépasse trois kilomètres à l'heure. » E. Caron. De Satnf-Louis au port de Tombouktou^ p. 228. — Lieutenant-Colonel Henoebert. — De Paris à Tombouctou en huit jours, p. 111 et suivantes.
les récents travaux d'exploration du major Mac Donald, à la naissance de la Bénoué.
Pour des raisons analogues, le Congo ou Zaïre, encore moins navigable que le Niger et très éloigné, n'est à craindre ni pour le présent ni pour l'avenir.
Il en est de même de la route du Nil dont on a quel-
âuefois parlé. Ce fleuve, comme tous les grands cours 'eau africains, descend successivement d'un plateau sur un autre. Quand il tombe d'une terrasse supérieure sur une terrasse inférieure, son lit est coupé par un rapide qui rend très difficile le passage des bateaux s'il ne l'em^
f)êche pas complètement (1). L'Egypte ne pourrait atteindre e marché central de l'Afrique que par un chemin de fer. L'état du Soudan Egyptien interdira longtemps encore la construction de cette voie ferrée qu'il est de l'honneur de la France de ne pas attendre.
Produits minéraux. (2) — Le Soudan occidental renferme des richesses métallurgiques dont il est assez facile, grâce aux missions envoyées dans ce but, d'apprécier la valeur exacte.
Ce qui est indiscutable actuellement, c'est qu'on rencontre l'or en
Srande Quantité dans le Bondou, dans le Bambouk, dans toute la vallée e la Fâlémé, dans le Bouré et dans le pays de Kong. Dans le Bambouk et le Bondou^ les principaux centres aurifères sont au nombre de cinq :
l"" Le Kamanan, situé le lon^ de la haute Falémé, où les habitants extraient Tor des sables de la rivière ;
2** Le Tambaoura, où le métal se rencontre souvent en pépites pesant 2, 3 grammes et plus : la surface exploitée est d'environ 2 kilom. carrés ; les puits ont une profondeur variant de 9 à 12 mètres ;
(1) E. de GoUberg. Des Cataractes du Nil.
(2) Les Colonies Françaises. T. V. Colonies d'Afrique, p. 290 et suiv. — CommandaDtGalliéni. Voyage au Soudan Français. — E. Caron. De Saint-Louis au port de Tombouktou.
S"" Le Niagalla, dont la surface exploitée est de 5 kiiom. carrés ;
i"" Le Mamacano ;
5"" Le Sinikana ;
La principale région aurifère est le pays du Bouré^ situé sur la rive gauche du Niger, en amont de Bammakou.
L'argent se trouve mêlé à l'or, aussi bien dans le Bouré que dans le Bambouk.
Produits végétaux. (1). — Pour étudier, de la façon qui semble être la plus rationnelle, les différentes productions végétales du Soudan occidental, je les examinerai tour à tour au point de vue forestier et au point de vue purement agricole.
Forêts. — Les arbres qui constituent les forêts peuvent être divisés en deux catégories : les arbres dont le bois est susceptible d'être utilisé en Europe et ceux dont le bois ne peut guère être utilisé que dans le pays même ou dans les contrées voisines.
Les principales espèces de bois pouvant être exportées en Europe sont les suivantes :
Lesamboni ou bois-guitare (cytbarexylum quadrangulare ou villosum) peut servir à la menuiserie une, à la confection des instruments de musique : l'espèce dite luteum peut être également employée pour l'ébénisterie; — le guiguis (bauhinia reticulata) est bon pour rébénisterie, la menuiserie, le charronnage ; c'est un bois dur, facile à travailler et de longue durée ; - le véne (pterocarpus erinacens), bois à grain fin, très dur, serré: ébénisterie, constructions navales ; — le dimb (sterculia cordifolia), bois dur, difficilement attaqué par les insectes : grandes constructions navales ;— le rhus (rbus typhinum), bon bois de menuiserie, contenant de la résine;— le caïlcédrat ou acajou du Sénégal (kaya sene^alensis), bois à teinte vineuse, droit, dur, assez serré, mais gardant mal le poli, se conservant dans l'eau à cause de la résine gu'il contient, mais se fendant par dessication : tabletterie, charpente, menuiserie fine: —le garigari (avicennia africana), bois compact, dur, très résistant : constructions navales (surtout pour les navires-béliers);— l'acajou à pommes (anacardium occidentale), bois blanc, excellent pour rébénisterie, la menuiserie, la charpente : aux
(1) Les Colonies Françaises. T. V. ColoDies d'Afrique^ p. 292 et suiv. — Commandant Galliéoi. Voyage au Soudan. Français, — E. Caron. De Saint-Louis mu port de Tombouktou,
Indes, on en fait des caisses d'emballage ; —le dialiom (dialiom nitidam), arbre au tronc tortueux et tourmenté : son bois, dur et incomiptible dans Teau salée, le rend propre aux petites constructions navales, à la meauiserie fine et au tour ; — le berre ou mampata (parinarium excelsom ou seneealeiise), bois à grain dur et serré : ébénisterie, construction ; — le gonakié (acacia adansonii ou astringens), bois très fin, très dur^ se conservant longtemps, diRicile à travailler quand il est sec : peut servir aux constructions navales^ s'emploie dans le nays pour faire des pilotis qui résistent d'autant plus longtemps que le bois durcit dans l'eau et ne s'y corrompt jamais ; — le khadd ([acaciaalbicans),bois très dur, à grain fin et serré : ebenisterie; — le manguier(mangiferaindica), bois assez dur, lourd, homogène et liant, d'un bon emploi dans les pays tempérés, mais de peu de durée dans les régions chaudes où il est rapidement attaqué et où l'on s'en sert pour la fabrication du charbon de bois, celle des voitures de charge et pour le chauffage ; aux Indes, on en fait des caisses à indigo ; — le kbed-kred (cratœva adansonii ou religiosa), bois dur, à grain fin, bon pour le tour;— le caneficier (cassia fistula), bois léger, rougeâtre ou grisrougeàtre, à grain grossier, facile à travailler, incorruptible, bon pour la marqueterie : sert, dans le pays d^origine, à faire des manches d'outils, des poteaux et des mortiers ; — le kaki ou cognassier sauvage (diospyros mespiliformis), bois compact, bon pour la tabletterie : il est parfois à cœur noirâtre et peut alors remplacer l'ébène (diospyros ebenum); — le palmier rônier (borassusflabelliformis), boisplein^de longue durée et d'une solidité remarquable, inattaquable par les insectes ou par l'humidité, excellent pour pilotis : les arbres mâles sont seuls employés ; les arbres femelles ne peuvent servir qu'à des palissades, étant creux et peu résistants ; — le bambou (bambusa arundinacea), dont les usages en Europe sont si connus qu'il est inutile de les rappeler ici ; —le tamarinier (tamarindus indica), bois dur, dense, solide, liant, bon pour le charronnage et les couples d'embarcations : sert dans certains pays chauds à faire des moulins à huile.
Les principales espèces qui ne peuvent guère être utilisées que dans le pays ou dans les régions voisines sont :
Le benténier (eriodendron anfractuosum), bois tendre et léger, avec lequel on fait des pirogues d'une seule pièce : il peut également servir à faire des jouets d'enfants ;— le baobab (adansonia digitataV avec lequel on fait également des pirogues d'une seule pièce, ainsi que des cercueils ; — le khos (nauclea inermis), bois doux, facile à travailler, d'une assez longue durée, se fendant peu, même exposé au soleil, excellent pour la menuiserie et la charpente ;— lerhat (combretum glutinosumX très bon pour la
menaiserie; — les différentes espèces de ficus, Iesycomore(ficus sycomorns\ avec leguel les Egyptiens faisaient autrefois leurs idoles et leurs cercueils à momie, et qui peut être utilisé pour la menuiserie^ de même que le ficus augustissima, le ficus azfelii, analogue au sapin, le ficus macrophylla et le ficus ferru^inea, qu'il faut écorcer aussitôt après l'avoir abattu, sans ({uoi il est rapidement attaqué ; le ficus folissulia et le ficus rugosa servent à faire des charpentes de cases ; quant au ficus religiosa ou Banyan, qui est assez rare et se rencontre de préférence vers la Haute-Gambie ou le versant Nord du Fouta-Djallon, c'est un grand arbre au bois assez dur et de couleur jaune sale, dont on peut faire usage pour la menuiserie et le tour; — le souroure (acacia species): bon pour la menuiserie ; — lahoulle ou nérétou (parkia biglobosa), même usage; — ledank(detariummicrocarpumX bois très dur, employé pour les pieux et les embarcations ; — le touioucouna (carapa guyanensis), grand arbre de dimensions considérables dont le bois est peu employé pour les charpentes, quoiqu'il soit inattaquable par les insectes : il se fend facilement et sert à faire des lattes, des f)lanches et des caisses de voitures ; — le goyavier marron (psidium pyriérum), bois blanc, dur, serré, bon pour Tébénisterie^ la charpente, le charronnage, les manches d'outils, les douvelles, les avirons : l'écorce est très employée dans le tannage; — le raphia (raphia vinifera), qui sert à faire des meubles légers; — le citronnier (citrus limonum) et l'oranger (citrus aurantium)^ qui sont trop communs en Europe pour qu'on puisse songer à les exporter ; — enfin le fromager (bomoa ceiba), qui n'a pas d'usage défini et s'emploie surtout pour la cuisson des aliments.
Richesses agricoles (1 ). — Les arbres du Soudan ne sont pas seulement utilisables pour leur bois; la plupart d'entre eux ont des propriétés diverses, permettant de les employer à différents usages que je vais indiquer; j'examinerai ensuite les autres végétaux de ces contrées : arbres, arbustes, plantes ou lianes.
Arbres, — Le kola ou gourou, ou café du Soudan (kola ou sterculia âcuminata), vit entre le 5** degré de latitude Sud et le 10* degré de latitude Nord; il est en plein rapport à dix ans ans et peut donner jusqu'à 45 kilogrammes de noix chaque année. Il y a deux récoltes, l'une en juin, l'autre en novembre. Les graines de cHaque noix pèsent entre 5 et 25 grammes ; les unes sont d'un jaune blanc^ les autres d'un rouge un peu rosé : de là vient la distinction entre les kolas rouges et les kolas blancs ;
(1) Les Colonies Françaises. T, Y Colonies d'Afrique^ p. 295 et suivantes.
les graines mises dans un coufTin bourré de feuilles qui les recouvrent,
Seuvent se conserver fraîches pendant 25 à 30 jours. Sur le littoral, les eui principaux marchés sont Gorée et les établissement de la Gambie ; le prix des kolas y varie de 225 à 560 francs les 1 00 kilog. Le kola est un antidyssentérique et un aphrodisiaque puissant ; comme le maté et le coca, il calme la faim et permet de supporter de grandes fatigues ; les noirs en font une consommation considérable.
Il y a au Soudan un arbre qui donne de la gutta-percha et deux autres qui donnent du caoutchouc. Le sapotillier (achras sapota) laisse couler par incision un suc laiteux qui n'est autre que de la gutta-percha. Ce fait est reconnu depuis peu de temps ; les nègres qui apportaient ce produit à la côte se le voyaient régulièrement refuser par les négociants, comme étant un caoutchouc de mauvaise qualité. Le hasard ut qu'un jour un échantillon tomba entre les mains a'un pharmacien de marine qui le rapporta en France pour l'analyser ; le résultat de cette analyse fut que le produit dont il s'agissait n'était nullement du caoutchouc, mais bien de la gutta-percha.
Le sapotillier est très commun au Soudan Français, principalement vers Siguiri et Rangaba ou dans le Nord des Etats de Samory. Les graines renferment un corps gras qui prend la consistance du beurre, mais qui n'est pas utilisé ; l'écorce est employée en pharmacie ; le fruit, ou sapotille, est sucré, fondant et contient un parfun très délicat.
Le karité (bassia parkii) donne un beurre de couleur blanc sale un peu rougeâtre, qu'on emploie à différents usages alimentaires et qui
t)ourrait être utilisé dans l'industrie. Les cuisiniers indigènes lui enlèvent e mauvais goût qu'il possède à l'état naturel, en le faisant bouillir, Euis en y jetant un peu d'eau froide. Le beurre de karité remplace le eurre de vache, de chèvre ou d'ànesse dans presque tout le Soudan occidental ; mais les indigènes ne récoltent que ce qui est strictement nécessaire à leur consommation et conservent ce produit en pain se-
S ares dont le poids ordinaire est d'environ deux kilogrammes. Les inustriels français n'ont pas fait, jusqu'à présent, de tentatives sérieuses pour en tirer parti ; les quelques pains envoyés dans la Métropole sont revenus à iO francs l'un, c'est-à-dire à 20 francs le kilog, tandis que dans le pays le pain de 2 kilog se vend 2 francs. Le prix de 1 franc le kilog au Soudan même est évidemment excessif; j'en ai dit la raison : les indigènes n'ont chez eux que la quantité de beurre qui leur est nécessaire pendant l'année et, s'ils consentent à se priver d'une partie, même très faible, de cette provision, c'est en majorant les prix. Il faudrait pour que la Métropole pût tirer parti de ce produit, que le coût du kilog ne dépassât pas ir. 25 à fr. 30 (ou fr. 60, rendu en France), et ce n'est qu'en augmentant sa production, par un moyen quelconque qu'on pourra atteindre ce résultat.
Mais le karité ne donne pas seulement da-benrre^ il prodait également dacaoutchoac par incision. Il est facile de pratiquer cette opération.
Il existe aussi dans le Soudan Français diiïérents ficus : l'un est le ficus elastica, qui donne du caoutchouc, l'autre est le banyan (ficus religiosa), qui produit un peu de caoutchouc de qualité inférieure. Le banyan est un des arbres sur lequel vit, en Indo-Chine, le coccus lacca, ou insecte qui sécrète la gomme laque.
Le palmier oléifère (eleis guinensis) se rencontre plutôt vers la côte ou en se rapprochant du Sud des Etats de Samory. Le brou de la noix, quand il est frais, donne 72 pour 100 d'huile ; l'amande en donne 48 pour 100.
Le touloucouna (carapa guyanensis) donne une huile onctueuse qui se solidifie très vite et a un goût très amer. Cette huile, fort peu employée encore dans l'industrie, est obtenue en faisant bouillir les graines dans l'eau, en les pilant, puis en les faisant égoutter dans un récipient creusé en gouttière et exposé au soleil ; elle est surtout utilisée dans la pharmacie contre les affections de la peau ; on dit aussi qu'elle préserve des piaûres des insectes et principalement des atteintes de la chique. L'écorce dfe cet arbre renferme beaucoup de tanin et sert à la préparation des peaux.
Le coula (coula edulis) donne jusqu'à 33 pour 1 00 d'une huile comestible ; son fruit, qui ressemble a une noix, a une saveur rappelant celle du pain bis.
L'anacarde ou acajou à pommes (anacardium occidentale) produit un fruit renfermant un suc oléagineux qui noircit à l'air et s'emploie jusqu'à présent, en pharmacie seulement ; l'écorce donne une résine jaune et dure, qu'on appelle la gomme d'anacarde ; enfin les feuilles sont riches en tanin et utilisées dans la préparation des peaux.
Le berre (parinarium senegalense ou excelsum) donne également une huile grasse, assez bonne quand elle est récente, mais noircissant fort vite et d'une odeur nauséabonde.
Le ben ailé (morinda pterygosperma) laisse exsuder une gomme qui gonfle dans l'eau ; l'écorce et la racine sont employées à des usages pharmaceutiques ; enfin la noix renferme une huile douce, inodore, qui rancit difficilement et se divise en deux parties, dont l'une conserve toujours sa fluidité ; cette dernière est utilisée dans l'horlogerie.
Le rhat (combretum glutinosum) est employé en teinture ; les cendres du bois servent à fixer les couleurs de l'indigo ; en outre, les feuilles et les racines donnent une fort belle teinture jaune.
Le rhus (rhus typhinum) est utilisé dans la médecine et son écorce, très riche en tanin, sert à préparer les peaux.
Le khoss (nauclea inermis^ donne, comme le rhat, une belle teinture jaune ; son écorce et ses feuilles sont fébrifuges.
144 RÉGIONS TRAVERSÉES Et DESSERVIES
Le rônier (borassus flabelliformis), qui est, comme tous les palmiers, an arbre dioïque, laisse échap|)er de tous ses individus mâles un suc sucré très estimé comme boisson et pouvant donner, après distillation, un alcool très apprécié. Les fibres servent à faire des cordages, et les feuilles des nattes et des paniers.
Le cocotier (cocos nucifera] donne une noix qui produit une huile très employée dans la savonnerie (50 pour cent du poids de la noix) ; lorsque cette huile est ancienne, elle a une odeur très forte et ne peut plus servir qu'à la stéarinerie. Les fibres servent aux mêmes usages que celles du rônier ; de la sève on retire, par différents procédés, du sucre, du vinaigre et surtout de Talcool.
Le dattier (phœnix dactylifera) est assez rare ; la datte est un aliment très nourrissant, dont on commence à retirer un alcool de premier ordre ; les fibres et les feuilles sont employées comme celles du rônier; la moelle du tronc peut être utilisée pour fabriquer une sorte d'amidon.
Le baobab (adansonia digitata) est employé dans la pharmacie (feuilles, fleurs et pulpe) ; les cendres servent à saponifier l'huile de palme rance ; l'écorce herbacée donne de bonnes fibres textiles et la pulpe du fruit, desséchée, est un aliment farineux, sain et nourrissant.
Le bois à cochon (symphonia globulifera) produit un suc résineux qui sert à goudronner les cordages et les navires, et à faire des torches.
Je cite encore le cachimentou pomme cannelle (anona squamosa), dont la baie tuberculeuse est comestible ; — le cognassier sauvage (diospyros mespiliformis ou heudolotii), dont le fruit, assez bon à manger, est cependant inférieur à celui du kaki ou cognassier de Chine (diospyros kaki) ; — Torancer (citrus aurantium) ; — lecitronnier (citrus limonum); — le méliou détar rdétarium senegalense), qui donne un fruit très apprécié des nègres ; —le aank (detarium microcarpum), dont le truit est doux, agréable, et rècorce fortifiante; — legoyavier marron (psidiumpyriferum),d*où provient la goyave quise mange crue où sous la forme de gelée sucrée ; les racines et les feuilles sont antidyssentériques; — le fromager (bombax ceiba), dont la graine contient une espèce de bourre laineuse, épaisse, difficile à tisser Ou à filer, mais pouvant, servir à garnir des matelas et des coussins ; les fleurs du fromager sécrètent une ligueur diurétique et purgative ; — les yeux-crabes (cupania sapida), dont les fleurs distillées donnent un parfum délicat et dont te fruit comestible est, quand il est cuit sous la cendre, maturatif des abcès ; — le papayer (papayacarica) qui laisse exsuder un suc très employé en pharmacie et porte un fruit qu'on mange cru ou confit : ce fruit est également employé comme cosmétique pour faire passer les taches d'insolations ; quant aux feuilles, elles servent à savonner le linge ; ~ le manguier (mangifera indica), qui donne un excellent fruit, dont on
retire du vin, de l'alcool et du vinaigre; les feuilles riches en tanin, sont employées dans la pharmacie et dans le tannage des peaux ; — lecalebassier (crescentia cujete) dont le fruit est comestible et dont la coquille de la noix, coupée en deux, sert de vase;— le guiguis (bauhinia reticulata), dont les feuilles sont employéesen pharmacie etdontTécorceest textile;— le caïlcédrat (kaya senegalensis), dont Técorce est un excellent fébrifuge ;— le caneficier (cassia tistula), dont les feuilles et la pulpe sont utilisées dans la pharmacie ; — le tamarinier (tamarindus indica), dont la pulpe possède de telles qualités fébrifuges que l'Arabe ne se met jamais en route sans en avoir lait une ample provision ;— le garigari (avicennia africana), dont récorce guérit la gale ; — le benténier (ériodendron anfractuosum) réservé à différents usages pharmaceutiques ; enfin le khed-kred (cratœra reirgiosa), dont les feuilles sont employées contre les brûlures.
Arbustes. — Le bananier (musa ense) vient très rapidement au Soudan; il est plus grand que le bananier ordinaire et produit au bout de peu de temps ; il donne une bonne fibre textile, et son fruit, très nourrissant, peut servir à faire un alcool de bonne qualité.
Le cotonnier fgossypium cunctatum) vient surtout sur les bords de la Gambie et dans le Bondou ; il est assez beau, mais c'est l'espèce dite courte soie qu'on trouve également dans le bassin du Haut-Niger ; il sera très facile d'acclimater l'espèce dite longue soie (gossypium barbadense ou Sea Island), c'est-à-dire celle que les Américains cultivent en Géorgie ; cette espèce est la plus belle de toutes. Dans le pays, le cotonnier rapporte six ou sept mois après avoir été planté ; le coton qu'il produit est d'une finesse excessive et d'une blancheur éclatante ; malheureusement, les noirs ne s'adonnent à la culture que pimr la consommation locale et, de plus, leurs plantations ne sont nullement soignées. Lorsque les communications seront plus faciles, il faudra se préoccuper sérieusement de cette culture, qui peut fournir à l'industrie métropolitaine un aliment fort important.
Dans le bassin du Sénégal, outre l'espèce dite gossypium cunctatum^ il en existe une autre, dite gossypium acrifoliura ; le colon de cette dernière est grossier, de couleur jaune sale et 1res dillicile à séparer des graines. Le cotonnier ordinaire porte dans le pays le nom d'outen-vekh (coton blanc) ; l'autre porte celui de domoutalôuten (coton gris), et non pas comme on Ta dit souvent, celui d'oulen-boukit
Le djandam (boscia-senegaiensis) donne un fruit comestible ; les feuilles sont employées contre les maux de tête.
Le manioc (manihot edulis) produit un fruit qui peut se manger après en avoir extrait un suc amer, très toxique ; ce fruit donne de l'alcool ; râpé et séché, il produit le tapioca.
La pourguère ou médicinier catharthique (jatropha curcas) produit des
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graines dites pignons d'Inde, qui sont un émétique violent ; l'huile qu'on en extrait est purgative ou toxique, selon la quantité absorbée ; le fruit de cet arbuste donne également 25 à 28 O/o d'une huile qui sert à l'éclairage, à la fabrication des savons et à la lubrification des machines ; dans une partie du bassin du Sénégal et de la Gambie, la pourguére sert priocipalement à faire des haies.
La morinde(morinda citrifolia) donne une matière colorante d'un beau jaune safran ; le fruit est comestible cuit sous la cendre, il sert à combattre l'asthme et la dyssenterie.
Le niattout (bdellium africanum) est un arbuste épineux qui produit le bdellium, sorte de gomme qu'on mélange à la gomme arabique pour la frauder ; il donne également de l'huile volatile et de la résine.
Le palmier-nain Tcbamoerops humilis), donne le crin végétal ; on fait rouir les tiges dans l'eau, on les expose au soleil jusqu'à dessication complète, on détache l'écorce et les feuilles, et on met à nu les fibres de la tige qui ont une élasticité et une consistance à peu prés semblables à celles du crin animal. Le crin ainsi obtenu est utilisé pour matelas, paniers, sièges, etc.
Le ricin (ricinus) est également très abondant. Enfin le rocouyer (bixa orellana) existe en petite quantité, mais à Tétat sauvage ; les nègres ne le cultivent pas. On sait que les graines de cet arbuste, écrasées dans l'eau chaude, donnent une matière colorante rouge et résineuse ; cette matière, une fois fermentée et desséchée, sert à colorer les étoffes et la cire. Le rocouyer se produit de lui-même et pousse très rapidement dans les terrains humides.
Plantes. — Servant à pliusieurs usages : le riz (oriza sativa), qui n'est
Sas seulement un aliment, mais est également utilisé pour la fabrication e l'alcool ;— le gombo-févy (hibiscus ouabelmoschus esculentus), qui ne vient que dans l'mtérieur des terres et est un aliment excellent ; ses ra* cines peuvent remplacer la guimauve et ses fibres s'emploient pour fabri-
Sier le papier ; ses graines, dites graines d'ambrette, qui contiennent une éo-résme jaune et ont une odeur musquée très prononcée, sont utilisées dans la parfumerie ; — le mil (sorghum vulgare), qui a le même emploi qae le riz ;— la courge ou gourde (lagenaria vulgaris), dont l'écorce sert à faire des vases légers, dont le fruit se mange cuit et peut, après avoir été macéré et réduit à ses faisceaux fibro-vasculaires, être utilisé comme éponge et dans la fabrication du papier; — lehenné(lawsonia inermts), dont lesfemlles sont une teinture très employée pour les cheveux et sont également un médicament ;— la coloquinte (cucumis colocynthis), laquelle donne des semences riches en huile douce et produit un fruit qui est un purgatif violent ;— le lotus (nymphœa lotus), qui croit dans les marécages et présente
dem variétés, une à fleurs rouges, une à fleurs blanches : ses fleurs combattent la diarrhée ei les désordres du foie ; le rhizome, ressemblant à un œuf à chair jaune, est rempli de féeale et se mange comme une pomme de terre ;— le café nègre ou herbe puante (cassia occiaentalis),donlles graines^ une fois grillées, sont employées de la même façon que le café : elles ont également leur emploi en médecine contre les fièvres paludéennes, l'asthme nerveux, les gastralgies, etc. ; elles servent aussi à frauder le café en poudre ; — le cassia fistula, qui produit de la gomme, est utilisé en pharmacie et possède une écorce ricne en tanin et employée par les tanneurs ;— enfin le cassia tora, dont les feuilles et les graines servent à frauder, les unes le séné, les autres le café en poudre, dont elles augmentent les propriétés digestives sans en avoir les propriétés excitantes : sur le marché de Londres, on vend beaucoup un mélange appelé cassophy, qui comprend une partie de café pour cinq parties de cassia tora. On dit que cette plante peut également guérir les fractures des volailles, ce qui lui a valu un autre nom scientifique, celui de gallinaria rotundifolia.
Alimentaires. — Le Faham (angrœcum fragrans), don! les feuilles, qui dégagent une odeur très agréable, rappellent celles de la vanille, et servent a faire des infusions théiformes ou des sirops ; — le gingembre ou n'hydiar (zingiber officinale), très employé comme condiment ; — Tigname (dioscorea aiata), dont on distingue deux sortes : t'une^ à tiges vertes, donne des tubercules à chair grisâtre ; Tautre, à tiges violettes, donne des tubercules à chair violacée ; cuit sous la cendre, c'est un aliment très nutritif ; — le maïs (zea maïs^, lequel vient dans les terrains qui ne sont pas trop humides et dont les graines sont riches en fécule et en amidon ; — le marunta arundinacea. d'où on tire Tarrow-root ; — l'oseille de Guinée ou bissa-bouki (hibiscus sabdabarifTa^ dont les feuilles, acides, et les racines sont comestibles ; — la patate douce (convolvulus batatas), dont l'emploi est le même que celui de la pomme de terre : les tiges feu i liées servent à la nourriture du bétail : les jeunes feuilles, cuites et hachées, peuvent être mangées comme les épinards ; — le piment (capsicum annuum), le poivre ouénoué (amomum melenj^eta), le poivron (capsicum fastigiatum), qui sont des condiments très usités: les graines de poivre renferment^ quand elles sont fraîches, environ 30 pour 100 de leur poids d'une huile essentielle ; — le taro ou chou caraïbe (colocasia esculenta), dont on distingue deux sortes : le taro à chair noire, qui devient mou et gélatineux après la cuisson, et le taro à chair blanche ou légèrement violacée, plus apprécié que le premier et devenant, après la cuisson, ferme, farineux et d'une saveur très agréable ; enfin la vigne du Soudan, qui comprend cinq espèces principales (vitis Lecardii, Durandii, Faidherbii, Ghantinii et Narydii) : de ces cinq espèces, les trois dernières sont les plus pro-
ductives : la vitis Faidherbii donne un raisin jaunâtre et la vitis Marydii un raisin très doré : quand à la Lecardii, elle produit un grain violet noirâtre, qui n'a que très peu de saveur.
Industrielles. — L'arachide ou pistache de terre (arachis hypogea), dont on retire de l'huile ; l'agave ou ijoss (agave species), dont les fibres sont un excellent textile ; le landolphia Heudolotii, qui donne du caoutchouc par incision ; et le tabac (nicotiana tabacum), qui pousse dans tout le Soudan avec une vigueur extraordinaire.
Médicinales. — Le bois ortolan ou herbe au mal de ventre (jatropha gossypifolia); - lecassia absus^ très connu en Egjpte sous lenom dechichim (employé contre les ophtalmies) ; — la cléome (cleome pentaphylla), qui a les mêmes propriétés que le cresson et la cocléaria ; — la fève de Calabar (physostigma venenosum), dont la graine est un poison énergique ; — le oartrier (cassia alata), dont les feuilles ont des qualités anti-herpétiques ; rhojou (argemone mexicana)^ qui croit spontanément dans les terres incultes et dont toutes les parties sont utilisées en pharmacie : ses graines renferment une huile qui est analogue à l'huile de croton et est très combustible;— enfin l'herbe-au-diable ou herbe amère (datura datula) qui est encore plus eilicace contre l'asthme que le datura stramonium.
Lianes ou plantes grimpantes. — Le fafetone (calotropis procera) est une liane qui attemt parfois en épaisseur des dimensions assez considérables : cette liane secrète un suc laiteux qui n'est autre que du caoutchouc : l'écorce estemplovée en pharmacie : les feuilles ont, à ce que disent les noirs, la propriété de clarifier l'eau : avec les fibres qu'on extrait de cette liane, on fabrique des fils qui sont utilisés pour la couture et le tissage : enfin, les graines contiennent une soie courte avec laquelle on peut faire des étoffes, mais qui est dangereuse avant d'être tissée, car elle attaque les
f)Oumons ; — la luffa (luffa acutangula) donne un fruit qui se mange cuit : es graines sont oléagineuses ; — la liane-torchon (momordica operculata ou muricata) est une des plantes les plus améres que l'on connaisse : le sguelette fibreux de son fruit est assez employé comme textile ; — le riz de singe ou guieb-golo (vitis quadrangularis) donne des baies qui sont mandées par les nègres et surtout par les singes (d'où vient son nomj : les tiges sont bonnes contre les brûlures ; — enfin le pois de cœur (cardiospermum halicacabrum), le cissampelos pareira, la paullinia (paullinia pinnata ou senegalensis] et le cocculus (ou cha^mauthera) bakis ne servent jusqu'ici qu'à des usages médicinaux.
Il ressort de cette longue énumération que le Soudan occidental possède comme végétaux : (1).
1"* Pouvant être employés à différents usages alimentaires : le kola, le karité, le coula, le rônier, le cocotier, le dattier, le baobab, la pommecannelle, le cognassier sauvage, Toranger, le citronnier, le méli, le dank, le goyavier^ le papayer, le manguier, le calebassier, le bananier, le djandam, le manioc, la morinde, le riz, le gombofévy, le mil^ la courge, le lotus, le café nègre, le cassia tora, le faham, le gingembre, l'igname, le maïs, le marunta arundinacea, l'oseille de Guinée, la patate douce, le piment, le poivre, le poivron, le taro, la luffa, le guieb-golo et la vigne du Soudan.
2® De nature oléagineuse : le karité, le palmier oléifère, le touloucouna, le coula, Tanacarde^ le berre, le ben ailé, le cocotier, la pourguère, le niattout, le ricin^ la coloquinte, l'arachide et la luffa.
3"" Produisant des matières textiles : le baobab, le guiguis, le bananier, le cotonnier, l'agave, le fafetone et la liane torchon.
i"" Donnant des matières tinctoriales : le rhat, le khoss, la morinde et le rocouyer.
o"" Pouvant être employés par l'industrie du tannage : le touloucouna, l'anacarde, le rhus et le manguier.
6"" Produisant de la gutta-percha et du caoutchouc : le sapotillier, le karité, le banyan, le ficus élastica, lelandolphia heudolotiiet leiafetone.
T" Donnant de la résine ou de la gomme : l'anacarde, le ben ailé, le bois à cochon, le niattout et le cassia hstula.
S"* Pouvant être employés à d^autres usages industriels : le rônier, le cocotier, le dattier, le calebassier, le fromager, les yeux-crabes^ le bananier, le palmier nain, le riz, le gombofévy, le mil, la courge^ le henné, le maïs, la patate douce et le tabac.
9^ Employés dans la pharmacie : le touloucouna, l'anacarde, le bea ailé, le rnus^ le khoss^ le baobab, le dank, le goyavier, le fromager, les yeux-crabes, le papayer, le manguier, le guiguis, le caïlcedrat, le canéiicier, le tamarinier, le garigari, le benténier, le khed-kred, le djandam, la pourguère, la morinde, le ricin, le gombofévy, le henné, la coloquinte^ le lotus, le calé nègre, le cassia fistula, le cassia tora, le cassia absus, le bois ortolan, la cléone, la fève de Calabar, le dartrier, l'hojou, l'herbe-aadiable, le fafetone, le suieb-golo, le pois de cœur^ le cissampelos, la paullinia et le cocculus bakis.
Au dire des explorateurs, le Soudan central et le Soudan oriental contiennent des richesses de toutes sortes, identi-
(1) Les Colonies Françaises. T. V. Colonies d'Afrique^ p. 303 et 304.
ques ou analogues à celles du Soudan occidental mieux connu parce qu il est déjà on grande partie Français.
Plus au Sud s'étendent les espaces encore inexplorés que Stanley appelle les ténèbres de l'Afrique. Français, Anglais et Allemands se précipitent à Tenvi pour conquérir au commerce et à la science ces régions encore mystérieuses (1). Le voile va se déchirer puisqu'on annonce l'arrivée prochaine sur le lac Tchad de la mission française partie de l'Oubanghi, depuis quelques mois, sous la direction de M. Crampel, accompagné au targui Chekkadh-ag-R'ali et d'une faible escorte.
(1) Diaprés Gerhard Rohlfs^ les rr^gions avoisinant le Tchad sont d'une fertilité surprenante : le Kanem, le Ouadai, le Baqhirmi comptent parmi les pays les plus favorisés de la terre et leurs habitants parmi les plus tolérants et les plus accessibles. Dans un récent article publié par la Gazette de Cologne intitulé : Le lac Tchad et son importance commerciale pour VAllemagnej Rohifs invite les Allemands à s'établir dans ces contrées, en y pénétrant par le Camerotin. Il soutient que la convention Anglo-Française n'a pas été approuvée par les chefs des pays partagés, aue l'Allemagne n'a pas été appelée à la reconnaître, ei que, par conséquent, le champ reste libre pour les Allemands, tant qu'une occupation définitive n'aura pas lieu. Le Petit Colon Algérien, N* 4,518^ lundi, 16 février 1891.